RSS

Mémorandum du MDPR au Conseil de Sécurité concernant le retour du roi Kigeli V au Rwanda conformément aux résolutions 1744, 1579 et 1580 des Nations Unies.

 

Mémorandum du MDPR au Conseil de Sécurité concernant le retour du roi Kigeli V au Rwanda conformément aux résolutions 1744, 1579 et 1580 des Nations Unies.

Mouvement démocratique du Peuple pour la Réconciliation, MDPR.

C/O Abbé Théophile Murengerantwari

Pfarrstrasse 9, 57223 Kreuztal

Deutschland

Siegen, le 20 Août 2010

Son Excellence Monsieur le Président du Conseil de Sécurité

Des Nations Unies

NEW YORK, NY 10017

Monsieur le Président,

Les récents développements sur le Rwanda, dont la scandaleuse mascarade électorale qui vient de se tenir, la mise en cause de la présence du Président Kagame à Madrid, les assassinats et l’embastillement d’ opposants politiques, de journalistes et défenseurs de droits de l’homme, le rapatriement forcé des milliers de réfugiés rwandais en Uganda, sans oublier les scandales politico juridiques liés aux procès en relation avec le génocide qui a endeuillé notre pays en 1994, sont pour nous l’occasion de vous adresser le présent mémorandum qui attire votre attention sur les responsabilités de l’ONU dans cet état de fait et pour vous inviter à faire prendre les mesures requises pour rétablir le peuple rwandais dans ses droits.

La malheureuse situation que vit le peuple rwandais tire ses origines dans un passé dans lequel votre Organisation a joué différents rôles qui, à certains moments, s’apparentent à l’abandon d’un peuple en danger. En effet, au cours de la période coloniale quand le Rwanda était sous tutelle des Nations Unies, celles-ci ont laissé s’installer une discrimination et une exclusion à l’encontre des Hutu sous prétexte que la colonisation atteindra mieux ses objectifs en s’alliant et en se reposant sur les seuls Tutsi. Cette politique s’est traduite par l’exclusion systématique des hutus des postes de responsabilité, quand bien même il s’agissait d’un mode indirect de gouvernement (indirect rule). A la veille de l’indépendance, comme pris par la mauvaise conscience, le colonisateur tenta de corriger son erreur en provoquant une discrimination inverse, cette fois à l’encontre des Tutsi, au cours d’une révolution assistée par la puissance coloniale.

Bien que le pays était sous le régime d’administration indirecte, cela n’a pas empêché la colonisation de vider les autorités du pouvoir réel et de bloquer les initiatives du Roi du Rwanda de combattre l’iniquité et la discrimination. Le roi Mutara III Rudahigwa en payera d’ailleurs le prix fort, tandis que son successeur SM Kigeli V Ndahindurwa qui avait tenté de démocratiser le pouvoir par l’institutionnalisation d’une monarchie constitutionnelle sera exilé et son exil dure jusqu’à ce jour.

L’ONU a laissé s’installer la république avec l’accession du pays à l’indépendance. Mais cette république est ponctuée de discrimination, d’exclusion, de violences et de dénis de droits de l’homme, dont le paroxysme aura été le génocide de 1994. Si dans la république d’hier c’était le Tutsi qui connaissait la marginalisation et l’exclusion, dans la république d’aujourd’hui ce sont les Hutu qui en sont victimes, tandis que les pays voisins en subissent les répercussions, non seulement pas l’afflux de réfugiés, mais aussi par des millions de morts comme c’est le cas pour la RDC.

L’accession du pays à l’indépendance s’est accompagnée du refus de l’autorité de tutelle de laisser le peuple rwandais choisir le mode de gouvernement qui lui sied par l’organisation de consultations honnêtes, sincère et libres car tout a été fait pour que le Roi ne prenne pas part aux dites consultations. Nous payons encore aujourd’hui le prix des événements de cette époque, car ce sont les enfants des réfugiés de cette époque qui ont reconquis le pays au prix des millions des morts et de réfugiés et d’une discrimination digne de l’apartheid.

Pour sa part, comme prise par le remords de n’avoir pas empêché l’irréparable se produire en 19994, la Communauté internationale accompagne le régime de Kigali et semble couvrir ses crimes aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur. Même le Tribunal International pour le Rwanda (TPIR) qui aurait dû être l’occasion de juger les crimes de génocide et autres crimes de guerre et contre l’humanité, a été réduite en justice des vainqueurs, sans que cela puisse scandaliser le Conseil de Sécurité des Nations Unies. La réconciliation nationale qui était attendue avec impatience est devenue une chimère, tandis que le régime du Président Kagame s’installe dans le déni des droits de l’homme, à commencer par le droit à la vie, le droit d’association et la liberté de presse.

Nous sommes extrêmement préoccupés de constater qu’à chaque fois que la Communauté internationale devrait intervenir pour porter secours au peuple rwandais, elle parvient à se débiner et à ne revenir que pour constater les dégâts. Nous osons espérer que cette fois –ci elle prendra ses responsabilités pour venir au secours du peuple rwandais en danger.

Nous voudrions attirer l’attention sur le fait qu’il est illusoire de croire qu’il pourra y avoir une véritable réconciliation nationale tant que la question de l’exil de SM le roi Kigeli V ne sera pas réglée, de même que son rôle dans cette réconciliation ainsi que la forme institutionnelle de l’état rwandais. Dans la mesure où le roi est au-dessus de la mêlée, il incarne l’unité nationale et il est la personne qui est incontestablement la mieux placée pour jouer un rôle central dans la réconciliation entre les filles et les fils du Rwanda. Nous vous prions par ailleurs de noter, que contrairement à ce que les chanteurs du régime font croire, les progrès du Rwanda vers les Objectifs du Millénaire pour le Développement sont très questionnables. Nous vous invitons à lire notamment le dernier rapport national sur le développement humain publié par le PNUD. Ce rapport met en exergue le fait que la pauvreté s’est fortement accentuée surtout dans le monde rural et la malnutrition touche près de deux enfants sur cinq. Cette situation économique et sociale difficile est perceptible dès lors qu’on se donne la peine de parcourir les campagnes pour s’en rendre compte, car s’il y a un grand succès dont devrait se targuer le régime, c’est celui de masquer la vérité sur les conditions de vie des populations. Tout en comptant sur vous pour aider le Rwanda à sortir de l’impasse dans lequel il s’est installé depuis longtemps, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président, l’assurance de notre haute considération.

Theophile Murengerantwari

Président du MDPR

CC:

 

-
His Holiness Pope Benedict XVI, Apostolic Palace, Vatican City  

-
His Excellency Archbishop Rowan Williams of Canterbury, London  

-
Her Majesty Queen Elizabeth II of Great Britain and Northern Ireland , Buckingham Palace , London  

-
Sa Majesté le roi Albert I de Belgique, Palais royal, Bruxelles  

-
Her Majesty Queen Beatrix of Nederland , Noordeinde Palace, Den Haag  

-
Sa Majesté le roi Juan Carlos I d’Espagne, Palacio de la Zarzuela, Madrid  

-
Her Majesty Queen Margrethe II of Dannemark, Amalienborg Palace, Copenhagen  

-
His Majesty King Harald V of Norway, Royal Palace, Oslo  

-
His Majesty King Carl XVI Gustaf of Sweden, The Stockholm Palace, Stockholm  

-
His Majesty King Mohammed VI of Marocco, Palais royal, Rabat  

-
His Majesty King Abdullah II of Jordan, Raghdan Palace, Amman  

-
His Majesty King Abdullah of Saudi Arabia, Riyadh Qasr Malik Abdullah bin Abdulaziz Palace, Riyadh  

-
His Majesty King Mswati III of Swaziland, Royal Palace, Mbabane  

-
His Majesty King Kigeli V of Rwanda, Washington  

-
His Highness Sabah Al-Ahmad Al-Jaber Al-Sabah Emir of Kuwait, Sief Palace, Kuwait City  

-
His Excellency Barak Obama President of United States ,The White house, Washington DC  

-
His Excellency Christian Wulff President of Federal Republic of Germany, Bellevue Palace, Berlin  

-
Son Excellence Giorgio Napolitano Président de la République d’Italie, Quirinal Palace, Roma  

-
His Excellency Dalia Itzik President of Republic of Israel, Beit HaNassi Palace, Tel Aviv  

-
His Excellency Ban Kimoon Secretary General of United Nations, New York  

-
U.N. Permanent Security Council Members (all)  

-
His Excellency Herman Van Rompuy President of European Union, Bruxelles  

-
Son Excellence Nicolas Sarkozy Président de la République Française, Palais de l’Elysée, Paris  

-
His Excellency Mary McAleese President of Republic of Ireland, Áras an Uachtaráin Palace, Dublin  

-
Son Excellence Professor Cavaco Silva Président de la République Portugaise, Palacio de Belem Calcada da Ajuda, Lisboa  

-
His Excellency Bashar al-Assad President of Syria, Tesheen Palace, Damascus  

-
His Excellency Michel Suleiman President of Lebanon, Baabda Palace, Beirut  

-
His Excellency David Cameron Prime Minister of England, London  

-
Her Excellency Angela Merkel Federal Chancellor of Germany, Berlin  

-
His Excellency José Luis Rodríguez Zapatero Prime Minister of Spain, Madrid  

-
Son Excellence Yves Leterme Premier Ministre de Belgique, Bruxelles  

-
His Excellency Stephen Harper Prime Minister of Canada, Ottawa  

-
Son Excellence François Fillon Premier Ministre de France, Paris  

-
His Excellency Jan Peter Balkenende Prime Minister of Netherlands, Den Haag  

-
His Excellency Jose Socrates Prime Minister of Portugal, Lisboa  

-
His Excellency Fredrik Reinfeldt Prime Minister of Sweden, Stockholm  

-
His Excellence Anders Fogh Rasmussen Prime Minister of Dannemark, Copenhagen  

-
The Honourable Hillary Clinton Secretary of State USA, Washington  

-
His Excellency Desmond Tutu, Archbishop Emeritus of Cape Town, Cape Town  

-
His Excellency Nelson Rolihlahla Mandela, Former President of South Africa, Cape Town  

-
His Excellency Jacob Zumma President of RSA, Pretoria  

-
His ExcellencyJose Eduardo Dos Santos President of Angola, Luanda  

-
His Excellency Zine El Abidine Ben Ali President of Tunisia, Tunis  

-
His Excellency Muhammad Hosni Mubarak President of the Arab Republic of Egypt, Kairo  

-
His Excellency Abd al-Asis Bouteflika Prisident of Algeria, Alger  

-
His Excellency Yoweri Kaguta Museveni President of Uganda, Kampala  

-
His Excellency Mwai Kibaki President of Kenya, Nairobi  

-
His Excellency Jakaya Kikwete President of Tanzania, Dodoma  

-
His Excellency Paul Kagame President of Rwanda, Kigali.  

-
His Excellency Joseph Kabila President of RDC, Kinshasa  

-
His Excellency Pierre Nkurunziza President of Burundi, Bujumbura.  

-
His Excellency Goodluck Jonathan President of Nigeria, Abuja  

-
His Excellency Girma Woldegiorgis President of Ethiopia, Addis- Ababa  

-
His Excellency Denis Sassou Nguesso President of Congo, Brazzaville  

-
His Excellency Amadou Toumani Touré, President of Mali, Bamako.  

-
His Excellency Meles Zenawi, Prime Minister of Ethiopia, Addis- Ababa  

-
His Excellency Driss Jettou Prime Minister Marocco, Rabbat  

-
Assistant Secretary of State Johnny Carson, African Affairs USA State department, Washington  

-
Secretary of State Andrew Mitchell, International development, UK, London  

-
Société des Missionnaires d’Afrique (Pères blancs), Rome  

-
Communauté de Sant’Egidio, Rome  

-
Secrétaire Général Pierre de Boissieu, UE, Bruxelles  

-
President Jean Ping, African Union, Addis Ababa  

-
President Robert Zoellick, World Bank, Washington  

-
DG Dominique StraussKahn, IMF, Washington  

-
Administrator Helen Clark, PNUD, New York  

-
DG Pascal Lamy, OMC, Genève  

-
Haut Commissaire Antonio Guterres, HCR, Genève  

-
Secretary Kamalesh Sharma, Commonwealth, London  

-
Secretary General Salil Shetty, Amnesty International, London  

-
Executive Director Kenneth Roth, Human Rights Watch, New York  

-
President and CEO Louise Arbour, International CrisisGroup  

-
Secrétaire Général Sindso Ngwenya, COMESA, Lusaka  

-
Secretary General Amb. Juma Volter Mwapachu, EAC, Arusha  

-
Secretary General Salil Shetty, Amnesty International, London  

-
Media Outlets.  

MEMORANDUM DU MDPR AU PRESIDENT DU CONSEIL DE SECURITE DES NATIONS UNIES.

Nous les membres du Mouvement Démocratique du Peuple pour la Réconciliation, MDPR, avons l’honneur de nous adresser à votre haute autorité, pour attirer votre attention sur la dégradation de la situation politique au Rwanda et pour vous prier de prendre vos responsabilités et traiter à nouveau au niveau des instances onusiennes la question du Rwanda.

Comme vous devez le savoir, cette situation alarmante tire ses origines, non seulement des conditions de la colonisation du pays et de son indépendance mal partie, mais aussi des erreurs même au niveau de l’organisation dont vous assurez la présidence. En fait, bien que sollicitée, l’ONU a aussi abandonné à maintes reprises le peuple rwandais à lui-même dans des moments critiques de son histoire. Ainsi nous vous prions, d’user de votre autorité pour aider ce pays à sortir de l’ornière. Il ne pourra en sortir qu’avec le retour du roi Kigeli V Jean Baptiste Ndahindurwa au Rwanda qui, comme monarque constitutionnel, est le seul susceptible d’aider à la réconciliation et à la concorde de son peuple.

En effet, bien que de formation récente, le MDPR a pu se rendre compte des vraies aspirations du peuple rwandais, en raison surtout des situations critiques qu’est en train de traverser le pays . Il est convaincu que le retour aux sources s’impose pour que les contentieux qui divisent les rwandais soient traités convenablement et leurs hypothèques levées. Nous pensons que ce processus n’aboutira que si le peuple rwandais parvient à retrouver ses vraies valeurs qui ont été bafouées par la colonisation et c’est ce qui fut à l’origine des divisions interminables au sein du même peuple.

Depuis l’indépendance du Rwanda, des régimes dictatoriaux se sont sans cesse succédés et l’actuel régime n’a fait qu’aggraver le fossé des divisions du peuple. Dans la tradition rwandaise, le roi fut toujours considéré comme le garant de l’unité nationale, mais avec les dégâts néfastes de la colonisation, ce rôle d’unificateur n’a pu être exercé. Et quand le peuple a voulu renouer avec ses valeurs, le pouvoir colonial s’est encore une fois mis à saboter la destinée du pays, et c’est ainsi que le peuple rwandais fut privé de son roi, suite aux irrégularités de procédure que l’ONU a elle-même reconnues. Celui-ci venait pourtant de prendre la décision de moderniser le pouvoir traditionnel, en optant pour un règne constitutionnel pouvant favoriser la démocratie pluraliste et l’état de droit.

Point n’est besoin de rappeler que toutes les irrégularités qui se succédèrent en défaveur du peuple rwandais furent constatées aussi par l’ONU, et que celle –ci ne fit pratiquement grand chose pour remédier à la situation. En fin de compte, c’est comme si la communauté internationale se serait toujours refusée de prévenir les dangers dans le cas du Rwanda, encore moins d’en réparer les effets néfastes. Et pourtant, cette communauté internationale a pu chaque fois réaliser que les situations compliquées subies par le peuple rwandais étaient lourdes de conséquences.

Les lignes qui suivent permettent de constater que l’ONU devrait prendre ses responsabilités pour réellement porter secours au peuple rwandais et d’assurer davantage le bien-être et la paix entre les peuples de la sous -région, ce qui d’ailleurs est la grande mission assignée à l’ONU.

1. Aperçu historique.

Lors de la colonisation du continent noir, les occidentaux trouvèrent au coeur de l’Afrique un peuple composé de trois groupements sociaux : les Twa, les Tutsi et les Hutu. Malgré plusieurs spéculations au sujet de l’origine des trois groupements, personne ne peut jusqu’ici établir exactement la provenance de l’un ou l’autre parmi les grandes « ethnies » qui peuplent le Rwanda. Les occidentaux trouvèrent sur place des institutions traditionnelles qui facilitaient plus ou moins la cohabitation des trois composantes de la population, et ces institutions ne manquèrent pas de susciter l’admiration des nouveaux conquérants, tant l’organisation au niveau de l’Etat complexe est des plus avancées. L’institution du Mwami (Roi), assurait l’unité et la cohésion de la population. Remarquons ici que le Mwami provenait certes d’une dynastie réputée tutsi, mais les règles lui prescrivaient de renoncer strictement à son ethnie pour le bien commun du peuple.

Certes, on fait état d’un système féodal quelque peu assimilable à la vassalité du moyen âge occidental, mais la féodalité au Rwanda avait la particularité d’assurer la protection des citoyens et entretenir l’amitié, la concorde et la solidarité parmi ceux unis par un pacte de servage. La vache, symbole de prospérité, était un moyen de consolider l’amitié et celui qui en bénéficiait se sentait enrichie, non seulement matériellement, mais aussi humainement.

ETHNIES ET UNIFICATION DU RWANDA

L’histoire nous apprend que la dynastie nyiginya qui donnait naissance aux rois du Rwanda s’investit dans le projet d’unification du pays dans le souci de créer une nation forte et capable d’affronter les problèmes qui l’assaillaient, y compris par l’élargissement de l’espace vital pour l’agriculture et l’élevage qui étaient les activités principales des populations rwandaises. Le milieu dans lequel vivaient les peuples bantu était si hostile que chaque peuple devait se protéger non seulement contre les dangers de la nature, mais aussi pour faire face à l’hostilité des pays voisins.

L’on nous apprend aussi qu’avant son unification, le Rwanda était composé de différents royaumes hutu, où des roitelets auraient en fait été des chefs coutumiers à la tête de familles élargies, appelées aussi clans. Mais à vrai dire, le Rwanda était composé de petits royaumes dont les rois étaient aussi bien Hutu que Tutsi. Ce ne serait que plus tard qu’une grande famille nyiginya eut l’idée de façonner tout le pays en une nation et finit par s’imposer aux autres clans habitant le Rwanda.

Certains historiens racontent que dans ce système ancien les Hutu furent des vassaux des Tutsi. Il s’agit en fait d’une aberration car le système de servage concernait tant les hutu que les tutsi. Mais ce mensonge historique fomenté depuis l’ère coloniale et selon lequel les Hutu seraient des serfs nés, et des Tutsi leurs maîtres, va marquer beaucoup de générations et causera des dégâts humanitaires de grande ampleur. Il est actuellement admis que dans le Rwanda ancien, le système féodal concernait tout le monde, Hutu, Tutsi et twa. Seul le roi du Rwanda n’était vassal de personne, et tous ses sujets étaient ses bagaragu (Serviteurs). Les Tutsi, tout comme les Hutu et les Twa, étaient soumis chacun à son shebuja (maître), car toute personne qui ne se mettait pas sous la protection d’un shebuja ne pouvait pas s’en sortir seul dans ce milieu compliqué.

UNE ORGANISATION POLITIQUE ET SOCIALE NON DISCRIMINATOIRE

L’histoire et la tradition rwandaises nous apprennent aussi qu’avant que la colonisation ne déstructure et désarticule l’organisation du pays, la structure sociopolitique dont le sommet était le Roi, reposait sur trois piliers qui reflétaient aussi les fonctions sociales prédominantes: – un chef du sol( umutware w’ubutaka), responsable de la gestion du patrimoine sol et de l’organisation de la production agricole; – un chef des pâturages (umutware w’umukenke), responsable des questions pastorales et du cheptel; – un chef des armées( umutware w’ingabo), responsable des questions militaires et de sécurité.

Cette organisation sociale permettait à chaque citoyen de se reconnaître dans l’une ou l’autre fonction prédominante de ses activités et bénéficiait de la protection politique et juridique appropriée. Les sources les plus crédibles estiment qu’au début du siècle, environ 20% des chefs d’armée étaient twa, les groupes hutu et tutsi représentant chacun 40% des effectifs, tandis que les chefs du sol étaient majoritairement hutu et les chefs de pâturage majoritairement tutsi.

C’est en 1926 que la colonisation supprima cette organisation pour ne garder qu’un chef politique, généralement tutsi, à qui une chefferie était confiée. Ce qui sera à la base de la destruction des fondements de la séparation des pouvoirs intelligemment mis en place au cours des siècles et de l’exclusion des composantes hutu et twa dans l’exercice du pouvoir. Ce nouveau système, bénéficiant de la complicité des élites tutsi, suscitera une grande rancoeur de la part des autres composantes sociales du pays. Cette rancoeur sera à la base des événements sanglants qui opposeront ceux qui sont identifiés comme bénéficiaires des largesses de l’appareil colonial aux autres.

D’où vient alors que l’histoire fabriquée veuille passer la domination Tutsi à tout ce qui concerne le système féodal? Il n’y a point de doute, le mythe de la domination tutsi fut inventé et favorisé par le colonisateur ou ses alliés dans le but de diviser pour régner. Primo, tous les Tutsi n’appartenaient pas à la dynastie nyiginya. Secundo, le fait que le roi provenait d’une dynastie réputée tutsi, ne signifie pas que tous les Tutsi étaient de facto des maîtres. Certes, le fait que le roi fût de provenance tutsi pouvait donner à certains le sentiment qu’ils seraient des nobles, mais il n’est nulle part mentionné que le Tutsi pouvait user de sa prétendue noblesse pour opprimer le Hutu avant la colonisation.

Il convient de remarquer aussi que les composantes hutu et tutsi étaient par ailleurs des notions plutôt mouvantes. Elles étaient également liées à la détention de la richesse, du bétail notamment. Cette éphéméride du statut était aussi bien liée à la faible pérennité du critère de richesse (le bétail était exposé aux épidémies) qu’aux possibilités d’ascension sociale par l’acquisition propre ou par le don (surtout de la part du Roi) ainsi que par d’autres formes d’ascension sociale, y compris par le mariage. Ce statut pouvait aussi être perdu ne fut ce que par l’appauvrissement de l’individu. En figeant les notions hutu-tutsi en ethnies, le colonisateur va transformer un statut mouvant et éphémère en un statut définitif, sans considération de leur signification pour les rwandais. Il finira par instrumentaliser ces notions et provoquer les déchirements les plus graves de la société rwandaise. Il convient de relever à cet égard que contrairement à ce qui a été véhiculé, le Rwanda était, comme toute société africaine, caractérisé par une organisation en « amoko » (clans) avec les totems et les tabous y afférents. C’était dans la dizaine d’amoko (abanyiginya, abazigaba, abega, abasindi, ababanda, abacyaba, abagesera, abasinga, abaha,..) que tout rwandais se retrouvait le mieux socialement et culturellement.

THEORIE COLONIALE D’INEGALITE DES RACES ET NEGATION DE LA RWANDITE D’UNE PARTIE DE LA POPULATION

Sans nous éterniser sur les questions historiques qui méritent d’ailleurs un autre cadre de discussions, remarquons tout de même que c’est la colonisation qui a envenimé la situation de cohabitation du peuple rwandais, en décidant que le Tutsi était d’une race supérieure et que de ce fait, il devait commander tandis que les autres devaient obéir. Cette dangereuse stratégie coloniale a aliéné une bonne partie de la population tutsi, car certains se sont mis à croire qu’ils appartiendraient à une certaine catégorie de colons plutôt proche des blancs. Cette croyance sera renforcée par le fait que certains tutsi seront affranchis de corvées coloniales. Des théories développées à l’époque sur la prétendue origine hamitique des Tutsi y seront aussi pour quelque chose.

Ainsi, pour eux, si la colonisation et ses exactions étaient justifiées à l’époque, alors les exactions des collaborateurs Tutsi contre leurs compatriotes pouvaient aussi se justifier. Dès lors, le jour où la colonisation sera vouée aux gémonies, ses intermédiaires tutsi le seront aussi par ricochet. Il aurait donc été important que le processus de décolonisation et de réconciliation se renforcent mutuellement en rétablissant la vérité historique et en évitant les amalgames et les confusions des rôles et des responsabilités dans la colonisation. Même l’Eglise catholique, religion prépondérante au Rwanda depuis la colonisation, a succombé au piège de l’inégalité des races. C’est notamment le cas de Monseigneur Classe qui en devint le chantre et s’y basa pour asseoir la stratégie de l’église pour l’évangélisation du Rwanda. Cependant, même la conversion et le baptême du Roi de l’époque, Mutara III Charles Rudahigwa, ne changea rien quant à la détention réelle du pouvoir au Rwanda. Il est alors apparu que le Roi n’avait pratiquement plus de prérogatives sur ses sujets et que les nouveaux maîtres du pays avaient parachevé la division du peuple rwandais. A la veille de la décolonisation, le roi Mutara essaya de résister et d’impulser une dynamique unitaire. Le colonisateur ne le laissera cependant pas aller plus loin. Son successeur tentera d’en faire de même, y compris d’être intronisé comme monarque constitutionnel. Mais la puissance coloniale en avait décidé autrement: le Rwanda accédera à l’indépendance dans la division et la déchirure du tissu social: le colon se retournera contre le Tutsi pour s’allier au Hutu et le tutsi payera cher sa collaboration avec la colonisation. Cela provoquera en 1959 la première vague de réfugiés qui réaliseront un retour forcé à la faveur de la guerre de reconquête lancée en 1990 et s’achèvera par le pire génocide du siècle en 1994.

2. Une décolonisation ratée.

UNE INDEPENDANCE ASSISE SUR DU SABLE MOUVANT

Certes la colonisation n’a pas légué que des divisions au peuple rwandais. Elle a aussi provoqué l’ouverture à la modernité et contribué à l’évolution des mentalités. L’on déplorera cependant les drames qui ont émaillé la fin de la colonisation du Rwanda. En effet, la petite bourgeoisie hutu concevait mal que le pouvoir politique et économique restât concentré dans les seules mains de l’élite tutsie. Celle-ci fut pour sa part surprise que le colon changea d’alliance à la veille de l’indépendance. De son côté, le roi Mutara III Rudahigwa opérait des réformes osées en bravant le pouvoir colonial, car il avait le souci de réformer à fond le pouvoir traditionnel en misant sur le partage et l’équité, de telle manière que toutes les composantes de la population puissent se retrouver dans les nouvelles institutions. Le roi audacieux devait payer cher ses initiatives, et les circonstances de sa mort ne sont toujours pas clarifiées. Ce qui est sûr, c’est que ses initiatives et actes audacieux irritaient le pouvoir colonial.

COMMUNAUTE INTERNATIONALE: RESPONSABILITE ET POURRISSEMENT DE LA SITUATION

Il est vrai que le Rwanda, placé au départ par la SDN sous protectorat allemand, puis sous mandat belge après la première guerre mondiale, et finalement sous tutelle belge par l’ONU, vit sa population subir des mesures coloniales sévères comme dans beaucoup d’autres pays d’Afrique : ségrégation raciale, corvées, chicotte et autres abus. La particularité au Rwanda fut que la colonisation, soit disant par respect des institutions locales, créa un précédent dangereux en privilégiant une ethnie. La colonisation et la communauté internationale qui n’a pas pu prévenir les dégâts que cet état de situation pouvait occasionner en sont responsables.

Il est inconcevable et surprenant qu’à la fin de l’époque coloniale, l’autorité administrante, en l’occurrence la Belgique, ait préféré changer la situation en voulant cette fois-ci passer le pouvoir plutôt à l’autre catégorie de la population (ici entendre les Hutu). En réalité, le vrai souci de la Belgique était de veiller à ses intérêts coloniaux: le maintien de la mainmise sur le Congo voisin. L’ONU ne s’exprime d’ailleurs pas autrement, quand elle déclarait le 20 décembre 1960 : Elle (Assemblée générale de l’ONU) «1.Note avec regret que l’autorité administrante a arbitrairement suspendu les pouvoirs du Mwami du Rwanda et ne lui a pas permis de retourner au Rwanda reprendre ses fonctions de Mwami. 2. Prie l’autorité administrante de rapporter les mesures en vertu desquelles elle a suspendu les pouvoirs du Mwami et de faciliter le retour de ce dernier au Rwanda pour lui permettre d’exercer ses fonctions de Mwami en attendant que la population ait exprimé ses vœux à ce sujet. 3. Décide qu’un referendum sera organisé sous la surveillance des Nations unies pour le Rwanda-Urundi (…) » (Résolution 1580 (XV), 960eme Séance plénière 1960)

NON RESPECT SYSTEMATIQUE DES RESOLUTIONS DE L’ONU

Pour les motifs non encore élucidés jusqu’ici, l’autorité administrante qu’était la Belgique a refusé de respecter les résolutions de l’ONU, en faisant tout pour empêcher le retour du roi Kigeli V au pays. Le roi qui avait été rencontrer le Secrétaire Général des Nations Unies en visite au Congo, tenta à plusieurs reprises de rentrer au Rwanda, pour que les résolutions des Nations Unies soient mises en application. Mais il fut bloqué à l’extérieur du pays par l’autorité coloniale. Le prétexte de l’ordre public pour empêcher le Roi de rentrer dans son pays est fallacieux car la situation ne peut s’expliquer, dans la mesure où le pouvoir colonial disposait de la puissance des armes de façon à pouvoir maîtriser la situation.

En organisant un referendum en dépit des résolutions de l’ONU et en écartant le Roi, le pouvoir colonial provoqua par là un précédent qui allait pour longtemps marquer le pays et compromettre son avenir. Nous continuons d’en payer les effets néfastes. La résolution 1744 (XVI) revient sur ce constat amer en sa séance plénière du 23 février 1962: « Convaincu que si on veut assurer le rétablissement rapide de la paix et de la tranquillité au Rwanda, la question de l’avenir il faut que du Mwami soit réglé sans tarder et que le Rwanda aboutisse aussi tôt que possible à un accord sur cette question, selon une formule mutuellement acceptable et compte tenu du référendum et de ses résultats. Prie la commission pour le Rwanda Urundi de créer en vertu de la résolution 1743 (XVI) de l’assemblée générale, en date du 23 février 1962, d’entamer d’urgence des conversations avec l’autorité administrante, le gouvernement du Rwanda, ainsi que le Mwami et ses représentants, en vue d’aboutir à un accord selon une formule mutuellement acceptable, pour le règlement pacifique de la question de l’avenir du Mwami » (Assemblée plénière, 23 février 1962)

Il est particulièrement curieux de constater que l’Organisation des Nations Unis ait toujours préféré que les résolutions en rapport avec le Rwanda restent lettre morte, malgré la gravité des problèmes traités. Ce constat constitue un signe manifeste que l’ONU s’est souvent pliée aux volontés des certaines puissances, tout en ignorant le sort des peuples; ce qui devait créer souvent pour ces mêmes peuples des situations graves, tels le génocide et autres crimes contre l’humanité. Pour le cas du Rwanda, vu la souffrance que continue d’endurer le peuple, il serait temps que l’ONU se penche encore une fois sur le cas de ce pays, et qu’elle s’efforce de réparer les erreurs du passé en vue d’envisager un avenir meilleur pour la population.

3. La communauté internationale a abandonné à maintes reprises le peuple rwandais à son sort.

Le cas du Rwanda, surtout dans sa situation actuelle, démontre assez clairement que la communauté internationale a, à travers l’ONU, failli à sa mission. Pour le cas qui nous occupe, elle a su au départ que l’indépendance du Rwanda était mal partie et qu’elle contenait les germes de l’autodestruction du pays. L’ONU savait que l’ignorance pure et simple des valeurs traditionnelles de la nation rwandaise allait compliquer la situation, mettre à mal la réconciliation et l’harmonie de la population.

INEXISTENCE DES CONDITIONS MINIMALES POUR DES ELECTIONS LIBRES ET HONNETES DES 1960

Les Nations Unies n’ignoraient pas que la puissance coloniale s’était permise de faire dérailler le processus électoral au Rwanda, en vue de permettre la prise de décisions qui va dans le sens de ses intérêts. Ainsi par exemple en 1960, l’ONU déclarait : » Consciente de la responsabilité qui lui incombe de veiller à ce que la surveillance des élections par l’Organisation des Nations Unies soit efficace et que les élections qui fourniront la base de l’indépendance du territoire, se déroulent dans les conditions satisfaisantes, de telle sorte que les résultats ne soient entachés d’aucun doute ou ne puissent donner lieu à aucune contestation… ». L’ONU demande à l’autorité administrante « d’assurer promptement les conditions et l’atmosphère nécessaires pour que les élections législatives qui conduiront à la création des institutions nationales démocratiques et fourniront la base de l’indépendance nationale du Ruanda-Urundi conformément aux buts et principes de la Charte des Nations Unies, puissent se dérouler dans une atmosphère de paix et d’harmonie ». Toujours est-il que des irrégularités se manifestèrent très tôt et que l’autorité traditionnelle fut bannie du processus électorale, contrairement à ce que préconisait les Nations Unies.

Bien que l’ONU trouvât déjà en 1960 que le processus de réconciliation du peuple rwandais ne pouvait entrer en vigueur, tant que tous les protagonistes et surtout l’autorité traductionnelle ne soit représentés, l’ONU préféra fermer les yeux, alors que le référendum de 1961 avait été organisé en ignorant les droits et l’autorité du roi. Et l’ONU de constater encore :« 3.(L’Assemblée générale)estime que le prompt retour et la réadaptation à une vie nouvelle des milliers de personnes qui ont été victimes des troubles survenus au Rwanda et qui ont été contraints de chercher refuge hors de chez elles au Rwanda et à l’étranger faciliteront le processus de réconciliation, et demande instamment à l’autorité administrante et aux autorités locales de prendre toutes les dispositions utiles à cette fin. 4.Recomannde qu’une conférence, où seront pleinement représentés les partis politiques à laquelle assisteront des observateurs de l’Organisation des Nations Unies se tienne au début de 1961, avant les élections, pour réconcilier les divergences de vues qui existent entre les partis et pour réaliser l’harmonie nationale. Demande à l’autorité administrante de s’abstenir de se servir du territoire comme d’une base où elle concentrerait, à des fins internes ou externes, des armes et des forces armées qui ne sont pas strictement nécessaires pour maintenir l’ordre public dans le territoire » (960eme Séance plénière de l’Assemblée générale, le 20 décembre1960)

CHANGEMENT D’ALLIANCE POUR PERPETRER LA DOMINATION SUR LE RWANDA ET COMBATTRE LE NATIONALISME DANS LES GRANDS LACS

Les craintes justifiées de l’ONU de voir le pouvoir colonial influer sur le déroulement des événements du Rwanda pour parer à ses difficultés au Congo, devaient se confirmer par la suite, car l’autorité coloniale préféra accélérer le changement de pouvoir au Rwanda tout en ignorant les valeurs traditionnelles et en renforçant la politique divisionniste au détriment de la réconciliation nationale. Comme jadis la colonisation s’était appuyée sur l’élite Tutsi pour installer son autorité, à l’avènement de l’indépendance, le pouvoir colonial préféra changer de camp en favorisant la petite bourgeoisie Hutu. Ceci pour éviter que l’indépendance du pays basée sur les vraies valeurs nationales ne puisse entraver les intérêts da la puissance coloniale, notamment au Congo. En agissant ainsi, le pouvoir colonial démontrait encore une fois que seuls ses intérêts comptaient: il était ami des Tutsi ou des Hutu au gré de ses intérêts, tout en provoquant leur opposition mutuelle de façon radicale. Ainsi l’indépendance du Rwanda, au lieu de contribuer à la libération du peuple et à la promotion des droits et libertés des citoyens, contribua plutôt à des divisions toujours plus graves et profondes au sein de la société. Avec l’indépendance, l’ordre des frustrations s’est inversé: on recruta les nouveaux maîtres dans le groupe des frustrés de l’époque coloniale, tandis que les anciens privilégiés devenaient les nouveaux frustrés. Le FPR devait plus tard ré inverser la situation sous les auspices de la Communauté internationale. Mais le Roi sera encore une fois ignoré et mis de côté. La conférence des partis souhaitée par les Nations Unies dès l’indépendance dans le but de favoriser la réconciliation nationale, n’a pratiquement jamais eu lieu. Le nouveau Rwanda indépendant marchait tout en sachant qu’il y a toujours un problème épineux qui n’a pas trouvé de solution, tandis que les Nations Unies n’ont plus réagi à la situation. Elles garderont le silence jusqu’à ce que la situation dégénère suite au déclenchement de la guerre du FPR en 1990, où les anciens réfugiés s’étaient décidés de recouvrer de façon musclée leurs droits bafoués. Ce qui allait aboutir à la catastrophe humanitaire qu’est le génocide de 1994 et son corollaire de morts, d’exilés et de victimes de non droits.

FAILLITE DE LA MISSION DE L’ONU

Bien que comprenant la gravité du problème rwandais, en 1994, l’ONU préféra de nouveau abandonner le peuple rwandais à son sort comme ce fut le cas lors de l’accession du pays à l’Indépendance. Ayant déjà toléré des situations anormales dans l’histoire du pays, l’Organisation de Nations Unies allait encore une fois manquer l’occasion de la réconciliation nationale qui s’était offerte avec les Accords de paix d’Arusha devant mettre fin à la guerre et puis mettre en place des institutions consensuelles. En effet, à la lumière des événements et des actes posés, on se rend compte que le mouvement rebelle, le FPR, actuellement au pouvoir au Rwanda, fut plutôt une organisation plus revancharde que conciliatrice. Ce fut un mouvement dont l’action ne visait pas à renouer avec les valeurs traditionnelles en tant que telles. On a l’impression qu’il s’agit d’un groupe plutôt nostalgique de l’époque coloniale où le Tutsi était favorisé. Pour les penseurs de ce mouvement, les maux du Rwanda commenceraient avec les temps d’indépendance, et les régimes qui se sont succédés n’auraient fait que planifier le génocide des Tutsi ! Les écrits, comme ceux de la revue Impuruza des penseurs du FPR, en témoignent à suffisance. Leur analyse permettrait de mettre en relief non seulement l’intériorisation de cette nostalgie d’un passé colonial qui privilégiait une catégorie de la population sur base de la théorie de l’inégalité des races, mais aussi le refus d’accepter tout progrès enregistré au cours des années 60 à 90 ainsi que l’iniquité de tout système reposant sur l’exclusion et la marginalisation.

FPR: REVANCHE OU NOSTALGIE DE L’EPOQUE COLONIALE

Il est de notoriété publique que quand la guerre a éclaté au Rwanda en 1990, le régime Habyarimana était en pourparlers avancés avec le HCR et le gouvernement Ougandais pour trouver une solution négociée au problème des réfugiés. En effet, comme en fait état l’ancien ambassadeur du Rwanda à l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA), témoin direct des pourparlers, JMV Ndagijimana écrit : « la nomination de Fred Rwigema (le premier chef de l’armée FPR) comme numéro deux de l’armée ougandaise provoqua un séisme au Rwanda. Elle ouvrit les yeux à beaucoup de responsables politiques hutu qui pensaient jusque là que la question des réfugiés tutsi n’était plus qu’un vieux souvenir, la plupart des réfugiés étant intégrés économiquement et, comme Fred Rwigema, ayant des situations enviables dans les armées et les administrations des pays d’accueil. Les instances politiques du pays commencèrent donc à examiner les voies et moyens de trouver une solution définitive au problème posé par la présence de plus d’un million de réfugiés Tutsi dans les pays frontaliers. On l’aura compris, jusqu’à ce jour fatidique du 1 octobre 1990 où les exilés rwandais en Ouganda lancèrent une attaque militaire surprise contre leur pays d’origine, les présidents Museveni et Habyarimana avaient fait du rapatriement des réfugiés tutsi leur sujet de préoccupation prioritaire. Malgré les réticences de départ, le président Habyarimana avait fini par se résoudre à accepter le rapatriement collectif volontaire des réfugiés rwandais. Restait à en fixer les modalités avec chaque pays d’accueil de nos compatriotes ». (JMV Ndagijimana in Paul Kagame a sacrifié les Tutsi, Editions la Pagaie, Collection Ibuka bose, P.2009, p.39)

Il est donc assez clair que les visées des rebelles du FPR furent en premier lieu de ravir le pouvoir des mains des Hutu pour le repasser dans les mains des Tutsi . Ce sont des telles visées qui ont fait que le roi du Rwanda, Kigeli V, en exil, n’a pas cautionné l’attaque du FPR. Le roi Kigeli V explique son comportement comme étant lié à ses fonctions d’unificateur du peuple, de sorte qu’il ne pouvait pas donner la bénédiction à l’attaque des rebelles, lui qui trouvait que la solution négociée du problème des réfugiés évoluait positivement ( cfr Interview du Roi Kigeli à Collette Braekman in Le Soir du 15 janvier 2001).

En fait la conquête du pays par le FPR n’a fait que réveiller les vieux démons de la division qui, comme nous le savons, remontent de l’époque coloniale. Il aurait donc fallu mesurer les pulsions de part et d’autres, mettre sur pied un organe chargé du dialogue franc ou bien une conférence de réconciliation et de vérité. C’est d’ailleurs au paroxysme des tueries, en 1994, que les Nations unies préférèrent s’éclipser, laissant le sort de la population rwandaise entre les mains d’extrémistes armées des deux bords. Ce qui revient à l’abandon d’un peuple en danger de mort.

Comme si le million de morts rwandais ne suffisait pas, le peuple congolais payera très cher les débordements du conflit rwandais aussi bien en terme humanitaire (5-6 millions de morts) qu’en terme de pillage de ses ressources naturelles, sans que la Communauté internationale puisse réagir convenablement. Elle va exiger par exemple que la lumière soit faite sur l’assassinat de l’ancien premier ministre du Liban, Rafiq Hariri, alors qu’elle reste scandaleusement silencieuse sur l’assassinat des présidents Habyarimana du Rwanda et Ntaryamira de Burundi. Et pourtant d’aucuns acceptent que c’est la descente de leur avion qui est l’événement déclencheur du génocide. Il reste à la communauté internationale d’invalider cette assertion en faisant la lumière sur cet événement qui est d’autant plus grave qu’il s’agit aussi d’un acte terroriste car c’est un avion civil qui a été abattu. De là jusqu’à se demander si le silence de l’ONU n’est pas liée au fait qu’il s’agit de la mort de deux présidents noirs et africains, est un pas que certains ont vite franchi.

Saluée en son temps comme une grande avancée juridique et politique en direction de la réconciliation nationale, la création du Tribunal Internationale pour le Rwanda aura déçu parce qu’il est de plus en plus perçu comme le tribunal des vaincus pratiquant la justice du vainqueur dans la mesure où les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité perpétrés par les membres du FRP n’ont pas été poursuivis et jugés. Il s’en suit que l’on peut se demander si la TPIR a décidé, contrairement à son mandat, que de tels crimes doivent bénéficier de l’impunité. A quelques mois de la fin de son mandat, on se demande si le TPIR ne va pas donner raison à ceux qui fustigent son incapacité à dire le droit.

4. Le retour du roi Kigeli V Jean Baptiste Ndahindurwa au Rwanda comme une solution de paix et de cohabitation du peuple rwandais.

Comme déjà mis en exergue, le noeud du problème rwandais se trouve dans l’ingérence de certaines puissances qui, pour garder la mainmise sur des intérêts du moment, préfèrent installer des pouvoirs qui divisent les Rwandais en dépit des valeurs typiquement rwandaises. Les deux derniers rois du Rwanda avaient vu loin: ils avaient voulu moderniser le pouvoir traditionnel au Rwanda pour mieux le faire cadrer avec les valeurs de démocratie et d’état de droit. Le roi Kigeli V a le mérite d’avoir franchi un pas considérable dans ce sens: il avait choisi de régner en monarque constitutionnel. Il avait en effet réalisé que seul un système d’exercice du pouvoir qui tient compte des principes modernes de libertés et de démocratie tout en respectant les valeurs propres à la nation, avait des chances de convenir au Rwanda et aux rwandais.

Comme lui, nous sommes effectivement convaincus que seul un système permettant le partage du pouvoir et qui donne le pouvoir décisionnel au peuple par des élections libres et transparentes, un tel système peut contribuer à sauver le Rwanda. D’ailleurs, avant de négliger le suivi de la question rwandaise, l’ONU avait également loué cette vision du roi Kigeli V, pour éviter tout conflit au sein du peuple rwandais : « Considérant qu’une divergence d’opinion a surgi au Rwanda-Urundi en ce qui concerne l’institution de la monarchie et en ce qui concerne la personne du Mwami actuel du Rwanda. Considérant entre autre que cette situation pose un problème constitutionnel d’une extrême importance qui devrait être réglé conformément aux voeux librement exprimés par la population du territoire. Notant qu’à plusieurs reprises le Mwami a indiqué son désir d’être un souverain démocratique et constitutionnel (…) 1.Note avec regret que l’autorité administrante a arbitrairement suspendu les pouvoirs du Mwami du Rwanda et ne lui a pas permis de retourner au Rwanda reprendre ses fonctions de Mwami. 2. Prie l’autorité administrante de rapporter les mesures en vertu desquelles elle a suspendu les pouvoirs du Mwami et de faciliter le retour de ce dernier au Rwanda pour lui permettre d’exercer les fonctions de Mwami en attendant que la population ait exprimé ses voeux à ce sujet. 3. Décide qu’un referendum sera organisé sous la surveillance des Nations unies pour le Rwanda-Urundi. » (Résolution 1579 (XV) de l’assemblée générale de l’ONU du 20 décembre 1960)

Hélas, les résolutions de l’ONU ne furent pas respectées par l’autorité administrante, sinon que très partiellement. Certes un référendum fut organisé en 1961, mais en l’absence du Mwami Kigeli qui, par tous les moyens, fut empêché par la puissance coloniale de regagner son pays. Le référendum sera organisé sans que le roi ait fait valoir ses droits et prérogatives de s’exprimer devant le peuple et lui faire part de ambitions pour le pays et son avenir. Ce fut le premier signe d’organisation d’élections non transparentes au Rwanda, où on écarte purement et simplement l’adversaire avec l’accord discret ou tacite d’une puissance étrangère. C’est malheureusement cette situation qui se poursuit au Rwanda jusqu’à l’heure actuelle. Dans ce pays, démocratie rime avec la volonté du plus fort; celui-ci étant celui qui bénéficie de la protection de puissances étrangères dont le dernier souci est la volonté et encore moins le bonheur du peuple rwandais. Ainsi, le Rwanda a acquis l’indépendance de nom, mais son peuple reste sous le joug de la servitude, tandis que les gouvernements qui oppriment leur peuple y ont élu domicile avec le soutien des puissances étrangères au nom de la communauté internationale !

Conclusion : le besoin de rétablissement rapide de la paix et la concorde nationale au Rwanda

Pour terminer, nous aimerions rappeler que dans sa résolution 1605 (XX) en date du 7 avril 1961, au sujet de l’avenir du Rwanda, l’ONU regrettait déjà que les agissements de l’autorité administrante aient compromis l’avenir du pays. Ainsi, l’ Assemblée générale regrettait que :« L’autorité administrante n’ait pas appliqué pleinement et efficacement les dispositions de la résolution 1579 (XV) (regrettant) la reconnaissance de facto par l’autorité administrante d’organes du gouvernement qui ont été établis au Rwanda par des moyens irréguliers et illégaux et qui ne peuvent être considérés comme représentant pleinement tous les secteurs de la population en l’absence d’élections libres et équitables au suffrage universel et direct des adultes comme il a été envisagé dans la résolution 1579 ».

Sans toutefois nier que les revendications des leaders de 1959 aient été fondées et que les changements s’imposaient pour remédier à la situation confuse créée au Rwanda par la colonisation, nous regrettons de notre part que les responsables des partis politiques d’alors aient utilisé des moyens irréguliers et illégaux pour mettre leur projet en application.

Nous regrettons que, sous l’influence de la puissance coloniale, des leaders politiques de l’époque n’aient pas pu respecter les règles qui régissaient la nation rwandaise, et que les réformes envisagées par le Roi du Rwanda n’aient pas pu entrer en application, faute de recherche de consensus, de dialogue et d’harmonie.

Nous déplorons que les protagonistes politiques de l’époque aient privilégié la violence au lieu du dialogue dans la résolution des différends, ce qui par la suite compromettra l’avenir du pays.

Nous sommes peinés de constater que la question des réfugiés rwandais n’ait jamais trouvé une solution durable et qu’il est servi de prétexte au FPR pour recourir à la force pour rétablir les réfugiés dans leurs droits de retour au pays et pour conquérir le pouvoir au Rwanda au prix de milliers de morts.

Nous osons cependant espérer que les mêmes causes ne produiront pas les mêmes effets.

Nous déplorons que le FPR ait recouru à la force alors que les voies pacifiques et démocratiques ne s’étaient pas avérées inefficaces et inopérantes.

Nous sommes peinés du fait que sous la conduite des extrémistes hutu interahamwe, de graves exactions perpétrées se soient soldées par un génocide contre les populations tutsi.

Nous déplorons que le FPR ait pour sa part organisé des massacres à grande échelle contre les populations civiles hutus surtout, et qu’il soit à l’origine de la mort de cinq à six millions de congolais et du pillage scandaleux des richesses naturelles de ce pays.

Nous déplorons que seuls des régimes dictatoriaux se soient succédés au Rwanda et que le régime actuel soit une dictature à l’état pur et d’une grande férocité.

Nous sommes peinés en plus de constater que l’exclusion, la marginalisation et la discrimination aient acquis le droit de cité au Rwanda sous le pouvoir du FPR.

Nous déplorons que les critères d’exclusion et de marginalisation soient l’ethnie et le fait d’être de formation ou de culture francophone.

Nous regrettons que de tous les régimes qui se sont succédés au pouvoir au Rwanda, l’actuel se distingue par un exil impressionnant d’anciens premiers ministres, de ministres, de parlementaires y compris d’anciens présidents du parlement, d’officiers d’armée y compris d’officiers supérieurs et généraux, de fonctionnaires, d’artistes et intellectuels, de commerçants et de milliers de simples citoyens.

Nous déplorons que les exilés rwandais d’aujourd’hui doivent craindre pour leur vie car le pouvoir les poursuit jusque dans leur exil.

Il est vrai que nous ne perdons pas pour autant l’espoir. Le Rwanda peut encore s’en sortir pour le bien de son peuple. Le meilleur atout du Rwanda c’est que le roi Kigeli V JB Ndahindurwa, qui a été témoin et acteur dans plusieurs situations qui ont marqué le pays, reste toujours à la disposition de son peuple pour l’aider à sortir de l’impasse et faire face aux erreurs du passé. Il a dès le départ offert de régner en souverain constitutionnel en vue de sauvegarder les valeurs nationales, tout en favorisant la démocratie et l’état de droit. En tant que garant de l’unité du peuple rwandais et gardien des valeurs morales et culturelles du pays, c’est lui qui est le mieux indiqué pour contribuer au dialogue et à la vraie réconciliation nationale. Son rôle de réconciliateur et d’unificateur est aujourd’hui plus que nécessaire. Il est incontournable.

Nous ne pouvons terminer sans remercier l’ONU pour ses efforts incessants et sa sollicitude depuis que le problème rwandais a surgi sur la scène internationale jusqu’à présent. Des missions des Nations Unies furent formées chaque fois que la situation s’aggravait, de telle manière que les populations civiles et les réfugiés purent de temps en temps trouver réconfort. Les erreurs commises ne devraient pas entamer la bonne volonté de l’ONU pour ramener l’ordre au Rwanda. C’est pour cette raison que l’ONU devrait s’impliquer davantage, pour que le peuple rwandais puisse vivre réconcilié avec lui-même. Nous prions par conséquent les Nations Unies de jouer le rôle de premier plan pour que la situation explosive qui règne actuellement au Rwanda ne puisse pas dégénérer une nouvelle fois et qu’une solution puisse être trouvée dans les meilleurs délais. Cette solution étant bien connue, il serait temps de lui donner la chance d’être mise en oeuvre. Cette solution n’est rien d’autre que donner au Roi Kigeli V l’opportunité de réconcilier les rwandais avec eux-mêmes dans le respect des valeurs et traditions nationales.

Fait à Siegen, le 20 Août 2010

Pour le MDPR,

Abbé Théophile Murengerantwari

Président.

À propos de Admin

„es kommt nicht darauf an, mit dem Kopf durch die Wand zu gehen, sondern mit den Augen die Tür zu finden“. [Werner von Siemens]

Voir tous les articles de Admin

7 Réponses à “Mémorandum du MDPR au Conseil de Sécurité concernant le retour du roi Kigeli V au Rwanda conformément aux résolutions 1744, 1579 et 1580 des Nations Unies.”

  1. Alphonse Bazigira Dit :

    CE N,EST PAS SEULEMENT LE POUVOIR QUI CONSTITUE UN CONFLIT MAIS AUSSI ET SURTOUT L,HISOIRE DE NOTRE PAYS. EST AUSSI UN COMFLIT PERMENANT.EST-CE QUE TABLER COMME ATOUT POUR RECONCILIER LE PEUPLE AVEC LUI-MEME,SUR LA NEUTRALITE (hypothetique)D,UN ROI(Mwami)QUI; UNE FOIS AU TRONE,SE DEBARRASERAIT DE SON APPARTENANCE ETHNIQUE POUR ETRE AU DESSUS DE LA MELÉE EST UN AVIS SOUTENU PAR DES ARGUMENTS SOLIDES?
    DANS LES ANNEES 5O,LE PEUPLE(majorite democratique et non ethnique ou du nombre comme certains l,affirment pour nier le droit ,le devoir et le secret du vote),COMME AILLEURS EN AFRIQUE,FUT SENSIBLE A L,APPEL A LA DIGNITE .IL REFUSAL,ASSERVISSEMENT COLONIAL ET FEODAL.
    LES LEADERS (obediences politiques confondues) DE CE PEUPLE ET DE CE MOUVEMENT ONT COMPRIS QU,IL FALLAIT ROMPRE L,ALLIANCE DES DEUX POUVOIRS(colonial et feodal).CETTE MANOEUVRE STRATEGIQUE FUT-ELLE UN PÊCHÉ,MONSIEU LE PRÉSIDENT? ESPERANT QUE LE MDPR RESPECTE LES ASPIRATIONS NATURELLES DU PEUPLE A LA PAIX ET A A DÉMOCRATIE ET QU,IL CROIT AUX PRINCIPES GENERAUX DE LA DEMOCRATIE GRACE A LA QUELLE LA RÉCONCILIATION EST POSSIBLE, JE VOUS SUGGERE ;MONSIEUR LE PRESIDENT,DE NE PAS PRENDRE LE PEUPLE POUR DUPE .CE QUE VOUS PROPOSEZ COMME PROJET DE SOCIETE SERAIT UNE REGRESSION ENCORE PLUS DANGEREUSE.IL NE FAUTJAMAIS CONFONDRE LE MAUVAIS USAGE DU RWANDA ET DE SES INSTUTIONS.lE REGIME ACTUEL QUE VUS ACCUSEZ D’ INSTAURER « L’APARTHEID » ET QUI, COMME VOUS LE SAVEZ,DETRUIT LES SYMBOLES DE LA REPUBLIQUE ET PROFANNE LES TOMBES DES LEADERS QUI ONT OFFERT AU PEUPLE LA DIGNITÉQUI LUI CONFISQUÉE , NE SERAIT PAS MIEUX QUE VOTRE PARTI, SUR LA MÊME VOIE? jE SUIS OBSERVATEUR JOURNALISTE POLITIQUE ET ANCIEN DIPLOMATE( dans les deux Congo et le BURUNDI et á partir DES EXPERIENCES ACCUMULEES PAR RAPPORT AUX COMPORTEMENTS DES COMMUNAUTES ETHNIQUES ET TRIBALES,J.ANALYSE LES EVOLUTIONS DANS CES PAYS.LE BURUNDI A UN PARTI MONARCHISTE QUI SE PLIE AU VOTE (en theorie,il est secret et individuel mais les Faussoyeurs du droit et du devoir de vote ,qui croient mordicus au Vote ethnique pour priver au peuple ce droit et ce devoir).,VOTRE PARTI VA-T-IL RESPECTER LES ASPIRATIONS NATURELLES DU PEUPLE A LA PAIX ET EN LA DÉMOCRATIE? VA-T-IL S,INTÉGRER DANS CE JEU DEMOCRATQUE QUI NE PLAIT PAS A TOUT LE MONDE?
    SI VOUS ATTEIGNEZ VOS OBJECTIFS POLITIQUES, N,ALLEZ-VOUS PAS CONFONDRE LE MAUVAIS USAGE DU RWANDA ET DES LES INSTITUTIONS QUE VOUS LUI AUREZ DOTÉES ET RENOUER AVEC LES HÉRÉSIES DE LA VIE POLITIQUE DU PASSE?
    ON NE LE VOIT PAS CLAIREMENT DANS VOS « CONVINCTIONS POLITIQUES.

    MRCI DE M. ECLAIRER;CAR LE MANSONGE EST POLITIQUE EN POLITIQUE EST PLUS REDOUTABLE QUE LES DICTATEURS.

    Créer un blog gratuitement sur Unblog.fr

    Oops ! Une erreur est survenue.

    L'accès au blog est momentanément impossible,
    veuillez nous excuser et ré-essayer dans quelques instants.

    Retour ou Écrivez-nous si le problème persiste.