
Chers netters,
Je crois que nous nous trouvons dans un tournant dans lequel tout un chacun d'entre nous doit se décider à entrer sur la scène politique rwandaise, ou du moins à soutenir Mme Ingabire et ses camarades du FDU qui se font maltraiter au Rwanda sous nos yeux.
Au départ, j'étais sceptique. Quand les FDU ont exprimé leur intention d'aller briguer la magistrature suprème du pays, je pensais qu'ils étaient entrain de bluffer. Tout d'abord, je me référais à l'expérience malheureuse du parti MDR, de Mr Twagiramungu lors des élections de 2003, et de la répression aveugle qui s'est abattue sur les hutus en général et les opposants tutsi en particulier depuis la victoire du FPR. Ensuite, je me disais qu'il n'y aurait personne pour partir jouer le kami kaze en prétendant au poste présidentiel. Enfin, j'étais convaincu que toute personne qui se porterait candidat aux élections de 2010 aurait été soudoyé par les tenants du régime Kagamien et de ses supporteurs “blancs menteurs”.
A ma grande surprise, une jeune mère de famille, une rwandaise à l'allure simple mais sympathique a accepté de se jeter dans l'arène aux lions avec la seule arme qu'elle a choisi, sa croyance à la démocratie et à la paix entre les filles et fils du pays des mille collines. Elle est partie, et à peine arrivée à Kanombe, elle a mentionné ses intentions de postuler pour la présidence de la République. Les tenants du pouvoir qui n'en croyaient pas à leurs yeux et oreilles ont réagi vigoureusement comme des “hyènes” qui attendaient une proie. Mme Ingabire se débat avec Mr Ntawangundi comme ils peuvent, et à mon sens leur combat est justifié. La répression qui s'abat sur eux doit constituer une sorte de ciment entre nous, et être le point de départ pour le mouvement de la lutte de nos droits civiques.
Il est plus que temps de réclamer nos droits. Des gens ont pris les rwandais en otage, bien-sur ils ont été aidés en cela par certains hommes politiques sans loi ni intelligence qui ont commis le génocide sur nos frères tutsi. Les premiers ont attaqué le pays, ont attisé la haine, et ont misé sur la vengeance aveugle qui allait déboucher sur un carnage. Les seconds sont tombés dans le panneau et ont pratiqué ce carnage, lequel constitue actuellement une arme qui nous fera tous disparaître.
C'est de notre droit éléméntaire de pouvoir élire quelqu'un qui défend nos intérêts, qui se préoccupe des besoins de la population, qui cherche des réponses à nos interrogations et qui nous donne l'espoir d'un avenir meilleur pour nos enfants. Mme Ingabire s'est jetée dans la bataille avec toute son énergie, comme diraient certains, “amazi ageze iwa Ndabaga”. Nous autres qui sommes au Rwanda ou éparpillés dans d'autres contrées, nous nous devons de la soutenir financièrement ou moralement. La Révolution sociale de 1959 n'est pas arrivée par hasard. Il y a des gens qui ont lutté pour la démocratie et la République. Personne ne nous donnera nos droits sur un plateau d'argent. Même nos amis de l'extérieur, ne pourront nous aider que quand nous nous nous serons aidés nous mêmes.
Je termine mon propos en demandant à toutes les personnes de bonne volonté de ne pas décourager ceux qui se sont engagés dans cette voie pacifique de la recherche de notre dignité au Rwanda. Même si nous ne sommes pas du même bord politique, luttons pour notre survie en tant que peuple rwandais et barrons la route à ces aventurieux qui ont pris notre pays en otage.
N'écoutons pas des gens de mauvaise foi tel que ce Mr Nduhungirehe Olivier qui défend bec et ongles ses employeurs en oubliant qu'ils sont les géoliers de ses parents, frères et amis. Je ne sais pas si il a oublié ou alors s'il feint d'oublier que c'est leur soldatesque qui a tué son petit frère à Kicukiro en avril 1994.
Tôt ou tard, nous vaincrons. Avec Ingabire ou sans elle. Le chemin est peut-être semé d'embuches, mais un jour ou l'autre le soleil poindra à l'horizon.
Dieudonné RWASIBO