Amateka

Qui a tué Habyara? Les FAR ou le FPR?

DE LA MONARCHIE TUTSI NYIGINYA À LA RÉPUBLIQUE:

APERÇU SUR LE PROCESSUS RÉVOLUTIONNAIRE ET CONTRE-RÉVOLUTIONNAIRE AU RWANDA COMME FONDEMENT DE LA CRISE RWANDAISE ACTUELLE

 

Par  Emmanuel NDUWAYEZU, Genève, janvier  2001

 

INTRODUCTION

Si on se réfère au dictionnaire Petit Robert, une révolution « est un ensemble des événements historiques qui ont lieu dans une communauté importante (nationale en général) lorsqu’une partie du groupe en insurrection réussit à prendre le pouvoir et que  des changements profonds (politiques, économiques et sociaux ) se produisent dans la société».

 

Dans le contexte rwandais, l’aboutissement de la révolution est marqué par deux dates, le 28 janvier 1961, lorsque les élus du peuple ont décidé de l’abolition de la monarchie et des symboles de domination de la dynastie tutsi nyigina: le tambour emblème Kalinga et les textes du rituel dynstique de la monarchie rwandaise. Ce fait qui a suscité la constitution en bande armée des tenants de la monarchie (les 7 familles claniques de la dynastie) : le mouvement INYENZI (Ingangurarugo ziyemeje kuba Ingezi) pour une reconquête du pouvoir. Mais les Nations Unies qui administrait ce  pays qu’elles avaient placé sous la tutelle de la Belgique décide d’y organiser et d’y superviser un référendum  pour départager les tenants de la monarchie (ceci à la demande du mwami de l’époque Kigeri V Ndahindurwa) de ceux du système démocratique et républicain : c’est le référendum du 25 septembre 1961 qui a consacré le rejet du mwami Kigeli Vet du système monarchique tutsi nyiginya en particulier. Et le mois de novembre 1961 voit des milliers de dignitaires des familles dynastiques tutsi nyiginya prendre le chemin de l’exil volontaire parce que ne « ne pouvant habiter un Rwanda sans mwami » …Nta Rwanda rutagira u Mwami, disaient-ils). Ils vont s’organiser avec le concours des ex- pays communistes pour une contre révolution (les différents raids des Ingenzi z’Ingangurarugo de 1963 à 1967). Avec l’effondrement du  communisme ils ont basculé dans le camps occidental qui semble avoir soutenu la lutte contre révolutionnaire relancée avec la constitution du FPR en 1986  (issu du RANU créé en 1978, lorsque nos ex familles princières tutsi nyiginya commençait à s’implanter dans les capitales occidentales). « Umutanyu w’ingoma uruta ihundo rizima» ! L’oligarchie tutsi nyiginya s’est refusé de reconnaître l’issue de urnes de juin 1960, puis celui du référendum organisé par les Nations Unies en date du 25 septembre 1961, préférant la reconquête par les armes du pouvoir perdu par les urnes, et ainsi de restaurer le mwami dans ses « droits historiques » .

 

La première phase de la « reconquista nyiginya (entre mars 1961 et 1967) que J Kagabo, cet «évangéliste» du « génocide tutsi » de l’EHESS de Paris, appelle la « période épique des Inyenzi » in Cl Vidal, 1975, s’est soldée par un échec et ne visait que la restauration du régime monarchique mis en branle avec la suppression des ibikingi en avril 1954, puis par les élections communales de juin juillet 1960 jusqu’au coup d’état de Gitarama du 28 janvier 1961 par lequel la monarchie et ses symboles furent abolies. Et avec le verdict du référendum du 25 septembre 1961, nos monarchistes ne supportant pas le fait de se voir gouverner par leurs anciens esclaves, préfèrent s’exiler(et nos parents et frères les ont accompagné pour la traversée des frontières de la nouvelle République, parce selon eux il n’existe pas de Rwanda sans mwami) et renforcent le groupe terroriste dit Inyenzi qui va mener une quarantaine d’attaques contre la jeune république entre 1963 à 1967, cette période que KAGABO J. et KARABAYINGA T[1] appelle celle des «différents épisodes de l’épopée des Inyenzi, ces guérilleros, qui en 1963, 1965, 1966, 1967, tentèrent un retour armé au Rwanda », illustre à quel point les nostalgiques  du pouvoir monarchique, fortement marqués par plus de 6 siècles de règne, ont cherché à reconquérir par les armes ce qu’ils avaient perdus par les urnes (comme si alors et maintenant le concept de démocratie avait changé de paradigme pour signifier démocratie des armes, par les armes et pour les armes). Ce nouveau paradigme s’est

urra d’ailleurs se confirmer avec la guerre qui débute avec octobre 1990(quoique les mobiles officiels soient des plus orthodoxes, comme droit de retour au pays, ré- instaurer la vraie démocratie,…!

 

Après le années 1960, ils vont changer de stratégie, se préparer minutieusement sur tous les fronts pour que la reconquista aboutissent (envoie de milliers de jeunes s’initier au combat dans divers mouvements de libération, sensibilisation pour la cause du retour triomphale « gutaha k’uruhembe rw’umuheto», campagne de mobilisation, impuruza, pour la guerre de reconquista (contre qui ?)menée par les Kimenyi et autres; propagande anti Habyarimana en même temps qu’ils lui négociaient divers arrangements (stratégique pour la future attaque de reconquête du pouvoir) et négociaient aussi pour les modalités de retour; tissage d’un réseau d’alliance qui devait leur fournir l’arsenal militaire, infiltration des principales institutions gouvernementales et /ou internationales,…).

 

Et si le bilan de la période républicaine peut être parfois qualifié de relativement négatif, il semble que cet état de fait est en parti du aux harcèlements (militaire, politique) que ses responsables eurent à affronter de la part des ex nati ad imperium tutsi nyiginya qui n’acceptent pas jusqu’aujourd’hui les changements résultant du processus de réforme amorcé avec les années 1950.

 

Dans les lignes qui suivent nous allons tenter de comprendre ce qu’est la Révolution rwandaise et dégager le lien avec la crise en cours au Rwanda qui a débuté avec octobre 1990. L’attention ne sera focalisée que sur la période que cherche à obscurcir nos  « abacurabwenge», ces idéologues de la restauration nyiginya avec leur théorisation du génocide rwandais et « de l’exil » tutsi qui remonterait à 1954 !

 

1.      De la prise de conscience des injustices.

 

a-      Bref aperçu sur l’historique de l’ubuhake.

 

Les premières traces de l’homme au Rwanda remontent à environs 260 avant J.C., d’après les vestiges archéologiques[2]. Les sources historiques concordantes nous indiquent que les premiers habitants de la région actuelle du Rwanda furent les barenge[3] avant l’instauration de la monarchie fondatrice[4] du Rwanda actuel. A ce niveau, il semblerait qu’on ne parlait pas encore de hutu ni de tutsi, ni de twa (puisque les populations de l’époque étaient des sociétés lignagères ou claniques[5]patrilinéaires, la liste des 18 principaux clans est disponibles dans l’ouvrage de B Lugan,1997), termes que l’on ne voit apparaître dans les traditions orales sur le Rwanda qu’avec les récits mythiques fondateurs du Rwanda qui est une création nyiginya(qui sont donc tous nyiginya et que les Rose Mukarutabana tentent de déformer actuellement).

 

            Sans devoir entrer ici dans toute la problématique du peuplement du Rwanda qui est développée dans l’ouvrage de LUGAN[6], beaucoup d’écrits sur ce pays font remonter les premiers lignages du Rwanda des migrations bantu qui seraient parties du Cameroun[7] et qui amenèrent dans la région interlacustre vers 1000 avant J.C. une population d’agri-éleveurs avec une langue proto-bantou[8]. Ils se mirent alors à défricher la forêt où vivent des populations autochtones pygmoïdes. Le professeur feu NKULIKIYIMFURA[9], se référant aux recherches (des années 1951) de D’ARIANOF A. nous fait remarquer qu’il y a eu trois phases dans l’installation au Rwanda des lignages de pasteurs, auxquels sont apparentés les tutsi: « avant le Xèmes siècles, il y aurait eu une avant-garde intégrée dans les clans autochtones ou abasangwabutaka, les trouvés sur terre (bazigaba, basinga, bagesera,…), que trouvèrent sur place par les ancêtres des fondateurs du royaume « rwandais » nyiginya, des «bimanuka, les tombés du ciel »,(et ainsi le plus lointain ancêtre de la lignée royale du Rwanda primitif serait tombé du ciel, d’après ce mythe fondateur des clans aristocratiques et dynastiques régnantes, le mythe de Kigwa ou des bimanuka) qui arrivèrent entre le XIIème et XIIIème  siècles par le Nkore, le Ndorwa-Mutara (NE du Rwanda actuel). Le derrière vague arriva entre le XVe et le XVIIIe siècle. Et avec toute l’histoire (dynastique nyiginya) du Rwanda, les clans des familles régnantes (ces clans comprennent 4 grands clans : les sindi, les nyigiya, les bega et les shambo; ainsi que trois petits clans- d’où étaient issus les reines–mères principalement -: les tsobe, les kono, et les ha)[10] et non tous les tutsi, vont se considérer comme différents des autres clans, qui n’existaient que pour servir ces nati ad imperium qui n’ont mené qu’une vie indolente en savourant les luxures de leur époque[11].

 

Les principaux mythes fondateurs du Rwanda, à savoir le mythe Kigwa ou des bimanuka (de kugwa= tomber ou kumanuka= descendre; et ce mythe constitue l’origine de la dynastie, qui serait ainsi surnaturelle); le mythe de Gihanga[12] (le fondateur de l’institution monarchique) et de celui de la stratification sociale[13] (puisque au Rwanda ancien comme l’a souligné A. COUPEZ et T KAMANZI[14], « les hommes naissent inégaux et que le pouvoir est sacré… »), présentent, d’après B.LUGAN[15] la «légitimation sociale de la domination tutsi-bimanuka», sur les populations qu’ils ont trouvées en place. Voici comment P. ERNY résume le mythe sur la stratification:

«Imana (Dieu) confia un soir à trois frères, Gatutsi, Gahutu et Gatwa trois pots à lait, leurs recommandant de veiller chacun sur le sien pendant la nuit, et leur annonçant que le lendemain il viendrait leur demander des comptes. Fatigué et se sentant affamé, Gatwa but sur-le-champ tout son lait. Pris de sommeil, Gahutu eut un geste malheureux et en renversa une partie à terre. Quant à Gatutsi, il lutta énergiquement contre la somnolence et put garder intact tout le contenu. Dieu, le lendemain, en tira les conséquences.

Imana –Dieu- demanda à Gatutsi d’aller tuer ses frères pour lui apporter de la viande fraîche. Horrifié, il refusa et une telle mission. Gahutu, sollicité à son tour, accepta, puis fut pris de remords en cours d route et revint sur ses pas. Gatwa courut pour accomplir le crime et ne fut arrêté que par la main Divine. Les ayant ainsi éprouvé Dieu institua donc Gatutsi maître des ses frères ; Gahutu devint son serviteur[16], et Gatwa fut l’esclave des deux»[17].

La monarchie des tutsi bimanuka du Rwanda est donc, comme le suggère le mythe, de droit divin; et les deux autres groupes constitués de clans de basangwabutaka ne doivent que respecter cet «ordre divin» ainsi établi. Ce groupe des nati ad imperium serait descendant de Gatutsi, frère de Gahutu (qui serait ancêtre des bahutu) et de Gatwa (ancêtre des batwa), tous trois fils de Gihanga. Est-ce que ces trois groupes étaient des « ethnies » ?

 

Problématique d’ethnie au Rwanda.

 

Sans entrer dans les débats conceptuels au sujet des notions d’ethnie, race, tribut, classe,… et de leur applicabilité (assez controversé) au contexte rwandais, tâche qui a d’ailleurs était faite dans l’ouvrage de P. ERNY[18], faisons une petite mise au point conceptuel au sujet de quelques termes qui sont souvent utilisés dans des études de sciences humaines, ethnie, race, nation; clan, classe et lignage qui sont les plus utilisés dans le cas du Rwanda.

Avec M. WEBER (1995), on retrouve une distinction nette entre ces concepts. Il nous indique que «ce qui distingue l’appartenance raciale de l’appartenance ethnique, c’est que la première est réellement fondée sur la communauté d’origine, alors que ce qui fonde le groupe ethnique, c’est la croyance subjective à la communauté d’origine. Quant à la nation, elle est comme le groupe ethnique, basée sur la croyance en la vie en commun, mais se distingue de ce dernier par la passion (pathos) liée à la revendication d’une puissance politique». R. BRETON lui nous dit que « la nation est un peuple, une partie d’un peuple ou d’un ensemble de peuples, historiquement parvenu à la constitution d’un état propre. Enfin, il convient de signaler qu’à l’intérieur d’une ethnie existent des réalités sociologiques plus restreintes et plus délimitées, fondées sur la parenté mythique (clan) ou réelle (lignage, famille étendue ou nucléaire)[19]».

Et dans le cas qui nous concerne, J.J. MAQUET (1954) cité par NKULIKIYIMFURA JN[20]nous précise que «le lignage(inzu)… est un groupe de consanguins patrilinéaires qui peuvent réellement déterminer leur relation agnatique à un ancêtre commun reconnu comme l’ancêtre originel du groupe, par des liens généalogiques ascendants, liens qui n’étaient généralement pas plus de quatre ou cinq…. Le même auteur définit aussi le clan (ubwoko) comme étant le groupe de consanguins le plus large du type patrilinéaire. Ses membres reconnaissaient un lien traditionnel de descendance commune dans la lignée paternelle, mais étaient complètement incapables de suivre leur relation à l’ancêtre qui était peut-être mythique». Au Rwanda on a 18 principaux clans qui se différencient par des totems différents, et se structuraient selon les 3 catégories sociales.

 

Mais en se référant au processus d’interaction  entre les individus qui revendiquent une même identité ethnique, on pourrait utiliser le concept de groupe ethnique (comme le font bon nombre de « rwandologues »), pour désigner tout groupe formé à base de l’identité ethnique. Et ainsi on aurait trois groupes ethniques distincts : les hutu, les tutsi et les twa. Comment alors les relations entre ces 18 clans ont-elles évoluées ?

 

Evolution socio- politique et économique du Rwanda pré- colonial.

 

Il ne s’agit pas ici de retracer toute l’histoire du Rwanda ancien dont les détails sont contenus dans divers ouvrages dont B. Lugan (1997), qui a essayé de nous faire une synthèse relativement bien réussie, avec des précisions que l’on retrouve dans NKULIKIYIMFURA J.N.[21] entre autres. Et d’après ces diverses sources, l’évolution socio- politique du royaume du Rwanda se subdivise en 2 grandes périodes(voir annexe n° 3):

 

On a d’abord une période pré- monarchique, qui va des temps immémoriaux jusqu’au milieu du 14ème siècle avec le règne de RUGANZU I Bwimba vers 1482 plus ou moins 12 ans (règne à partir duquel, les bitekerezo by’Abami (= Histoire des Rois) autorisent une étude historique de l’ancien Rwanda, avec ce qui est appelé dans LUGAN la «la fédération de Gasabo»[22] (voir cartes dans l’ouvrage de Lugan).

La période monarchique (1482- 1895), qui est l’étape de l’expansion militaire tutsi bimanuka (de 1482 à 1800 environs) et de la consolidation socio-politique – avec une structure très centralisée autour d’un système de clientélisme dit ubuhake (on y reviendra plus loin, lire ce qui est de l’organisation sociale politique de la monarchie nyiginya: de 1800 à 1895 dans LUGAN les pages 82 à111).

 

Cette époque est caractérisée entre autres par plusieurs campagnes militaires au cours desquelles des principautés hutu (du centre puis du nord ouest, du sud et de l’ouest) sont soumis, après que leurs princes (abahinza) et roitelets sont tués. En guise de trophées, on coupait les organes génitaux des princes tués pour les fixer aux tambours royaux de la monarchie nyiginya(dont le principal est Kalinga) pour rappeler de façon continue et humiliante aux populations vaincus qu’ils étaient leurs sujets, comme on le retrouve dans divers écrits ou tel que raconté dans les extraits du rituel dynastique (des textes gardés secrets par les monarchistes) que nous trouvons dans A COUPEZ et T KAMANZI avec ce qui est appelé la «voie du garnissage du tambour ou inzira yo kwambika ingoma»[23] (que le confident de la cour l’abbé Alexis KAGAME appelle la «voie du trophée[24]».

 

L’ubuhake:

 

La société rwandaise[25], à l’arrivée des européens entre la fin du 19ème siècle et le début du 20ème siècle, était un royaume relativement structuré et unifié[26]; organisé en lignage formant les 18 principaux clans[27]. Au sein de cette société («groupe relativement important d’êtres humains en interaction constante, qui reconnaissent une appartenance commune et l’institutionnalisent»[28]) avec sa civilisation agro-pastorale, les relations sociales étaient fortement inégalitaires[29] avec les trois catégories sociales reconnaissables selon l’avoir économique et les prestations à fournir[30]: les tutsi, classe aristocratique(endogame[31]) au sommet de l’échelle (avec généralement de vastes domaines pastoraux et fonciers et des serviteurs (abagaragu=clients  et abaja= au sens d’esclaves), et exerçant un pouvoir absolu (politique et militaire) pour protéger leurs pâturages de la «rapacité de la houe», avec des armées pour défendre leurs troupeaux de vaches). Les hutu étaient des propriétaires surtout fonciers; les twa, au bas de l’échelle (cueilleurs, chasseurs, et potiers) et qui étaient aux services des autres groupes pour les tâches les plus difficiles et/ou déshonorantes.

 

A ce propos, dans la vie quotidienne des banyarwanda, on entendra dire de quelqu’un qui a perdu tous ses biens par appauvrissement et qui ne vit plus que de la mendicité qu’il est devenu un twa! et quelqu’un d’autre dont les conditions matérielles sont devenues assez décantes qu’il devenu un tutsi. Et à l’époque monarchique, en fonction de l’avoir économique un hutu riche pouvait prétendre(selon les faveurs qu’il avait du mwami et / ou des Hauts Dignitaires) à une fonction(de bas niveau) réservée au tutsi sans pour autant se hisser à la tutsité[32]. La  richesse ne s’exprimait pas en terme de terres qu’on possédait ou d’étendue de ces terres, mais en termes d’ouvriers qu’on pouvait engager grâce à ses produits agricoles et à son bétail. Mais on assimile  abusivement à des groupes ethniques[33].

 

L’autorité centrale du mwami (roi) a commencé, vers la fin du XVIIIème Siècle, à installer ses chefs sur les collines pour «garantir leur mode de vie pastoral par l’instauration de droits exclusifs de pacage, réservant pour cela de vastes étendues aux seules activités pastorales»[34]. Les domaines fonciers des lignages hutu étaient soumis à leur contrôle, «système adopté en vue de sauvegarder les biens de la vache contre la rapacité de la houe… »[35]. Et désormais celui qui voulait occuper un terrain et l’utiliser, avait besoin de l’accord préalable du chef. C’est la croissance de la population et l’impossibilité d’expansion foncière qui rendirent ainsi les lignages vulnérables et dépendants des chefs pastoraux qui pouvaient attribuer ou refuser des terres selon leur gré sous le système de clientélisme pastoral (ubuhake). Et c’est ici que l’on pourrait situer les origines de l’Ubuhake que nous allons voir en détails dans ses formes élaborées telles que les ont trouvées les colonisateurs au 20ème  siècle). Voyons donc ce furent les relations entre les deux groupes sociaux.

 

Le système féodal tutsi nyiginya dit ubuhake , vieux de plus de plus de 400 ans était institutionnalisé, et était dominé par une lignée royale disposant d’un pouvoir absolu de droit divin sur les personnes et les biens (tout y étant considéré comme étant les biens de la Vache) soumis par annexions successives (voir les détails sur l’évolution du Rwanda nyiginya depuis le Rwanda rugali rwa Gasbo au Rwanda de la Grande expansion sous Rwabugili avant tout contact avec «les invités » dont parle le chantre de la fourberie nyiginya SEBASONI Servilien dans ses Origines du Rwanda , 2000 ), y compris le droit de vie et de mort sur tout.

 

b-      Organisation des relations sociales.

D’après les travaux de J. Maquet, 1952, 1954, 1964,1970 sur le système des relations sociales dans le Rwanda ancien, il est dit que la société rwandaise était très stratifiés depuis les XIII- XIV e siècle (les débuts de la domination de la dynastie tutsi nyiginya). La structure étatique était entièrement entre les mains des tutsi nyiginya et la fiscalité était la fonction principale de l’administration. Les tutsi qui n’appartenaient pas au groupe des gouvernants pouvaient assurer leur approvisionnement vivrier par le lien de la clientèle que sollicitaient des hutu en échange de tel ou tel seigneur. La relation économique entre les deux groupes permet de les considérer comme des classes sociales et même comme des castes étant donné leur caractère héréditaire.

 

Les relations politiques divisent la société en gouvernants et gouvernés, la stratification sociale définit des supérieurs et des inférieurs. Sauf rares exceptions, tous les gouvernants rwandais appartenaient à la caste des tutsi mais tous les tutsi n’étaient pas des gouvernants. Voir à ce propos la mise au point au sujet du contenu de  la Note sur l’aspect social du problème racial indigène au Rwanda du 24 mars 1957, document appelé dans la suite Manifeste des Bahutu (quelques pages à voir dans Rwanda, un peuple avec une histoire, 1997 de MC OVERDULVE ; mais aussi dans Rwanda Politique, 1962 de F NKUNDABAGENZI); cette mise au point est contenu dans la lettre du Vicaire apostolique de Nyundo, Monseigneur Aloys Bigirumwami, datée du 5 septembre 1958 et ayant pour titre Problèmes ethniques et sociaux au Rwanda (contrairement à ce que tente de faire croire l’équipe de Cl Vidal encadré par Kagabo José à l’EHESS de Paris). Et comme pour légitimer l’existence  des injustices comme normales, les dignitaires de la Cour du mwami font une déclaration datée du 17 mai 1958 sous le titre de Voici le détail historique du règne des Banyiginya au Rwanda, connu sous le nom de Ecrits des « Bagaragu bakuru b’i bwami », en réaction aux revendications du Rubanda rugufi (hutu) contenu dans le Manifeste des Bahutu.

 

Les tutsi non gouvernants étaient néanmoins capables de convertir en pouvoir le prestige que leur donnait leur statut élevé, grâce surtout à l’ubuhake. Par son caractère institutionnalisé, ce système se distingue d’autres formes de clientèle. Et bien qu’elle existât aussi entre deux tutsi ou deux hutu, la relation féodale de clientélisme pastorale était avant tout un rapport inter- caste entre un tutsi et un hutu. Sa fonction était de fournir à la strate supérieure des produits agricoles et des services, sans contrepartie économique réelle; mais l’ubuhake pouvait permettre de limiter l’exploitation des paysans en leur donnant l’occasion de recourir à la protection d’un membre de la caste dominante contre la surexploitation des autres.

 

c-      Début de contestation et tentative de réforme de la monarchie.

d-       

Au XIXème siècle, certains signes de mécontentements des hutu se manifestèrent mais les colonisateurs allemands et belges, ainsi que les missionnaires assurèrent le statu quo. L’administration belge créa cependant des conditions plus favorables à une transformation de la société, grâce notamment à l’enseignement  (assuré aussi par les missions) et à l’introduction de certaines réformes politiques avec notamment le décret du 14 juillet 1952 instaurant le système électif au Rwanda. (voir à ce propos l’ouvrage de Maquet J et D’Hertefelt M. , Elections en société féodale. Une étude sur l’introduction du vote populaire au Rwanda-Urundi. Bruxelles, Académie Royales des Sciences coloniales, 231p ).

 

Déjà au début des années 1950, même les nyiginya scolarisés avaient remis en cause le système féodal institutionnalisant la propriété exclusive des terres et des pâturages (territoires conquis sur les divers toparchies claniques tout au long de l’expansion du royaume féodal de la dynastie nyiginya), la succession à tous les postes de commandement par héritage et non par le mérite ou la concurrence… .  (lire à ce propos les travaux de Maquet J. dont l’article «La participation de la classe paysanne au mouvement d’indépendance du Rwanda » paru en 1964 dans Cahiers d’études Africaines, IV, 4 (n° 16), 552/568;  mais aussi « Rwanda castes» paru en 1970 dans Social Stratification in Africa, pp 93/124). Tous ceux qui avaient été donc à l’école ressentaient le système féodo- monarchique avec assez de déliquescence  qu’il fallait le réformer, y compris le mwami Mutara III Rudahigwa qui décrète l’abolition de l’Ubuhake le 01 avril 1954 (acte qui lui attire les critiques des ultra conservateurs traditionalistes dont un certain nombre décident de quitter le pays – les premiers exilés tutsi nyiginya rwandais). Les tensions au sein des familles des clans dynastiques qui en découlèrent sont considérées comme une des cause de l’élimination de ce mwami (roi) qui était considéré comme assez ouvert au changement démocratique du Rwanda (voir à ce propos dans l’ouvrage de LINDEN J 1978, Church and revolution in Rwanda (livre récemment traduit en français).

 

En 1957, des élites formées (essentiellement des moniteurs et d’anciens séminaristes) issues de la masse, rubanda rugufi (le menu peuple, comprenant à la fois les hutu et les « petits tutsi») revendiqueront ouvertement le 24 mars, dans La Note sur l’aspect social du problème racial indigène au Rwanda – noté appelée par la suite « Le manifeste des bahutu »- , l’égalité des droits et la participation équitable aux postes de commandement et de gestion administrative du pays. Le manifeste rejette la chosification extrême du hutu en général et du tutsi pauvre, le système d’obscurantisme et de mensonge dit ubwiru et celui de clientélisme pastoral comparable au servage médiéval dit ubuhake (lire à ce propos l’article « Le buhake, une coutume essentiellement munyarwanda », in Bulletin de jurisprudence des Tribunaux indigènes du Rwanda-Urundi, n°3, 103-136 ; 1947 de Ruhara Chr, Rwamasirabo Chr et Sendanyoye Gr.), la réduction des hutu à des objets taillables et corvéables à merci (Voir forme du « contrat » d’ubugaragu (umugaragu= client pastoral, un serf, un esclave) dans les annexes de l’ouvrage de NKULIKIYIMFURA JN 1994, l’exclusion radicale des hutu à tout poste de responsabilité,…. . Ces élites vont s’organiser dans diverses associations dont le Mouvement social hutu à Kabgayi et l’Association pour la Promotion de la Masse (cette dernière association fut le premier parti politique agréé au Rwanda multi – partite).

 

Le Mwami acceptait le principe démocratique, mais les vraies intentions de son parti sont illustrées dans cette citation du manifeste programme du Parti UNAR Union Nationale rwandaise « Bien que la société rwandaise soit composée d’individus de valeur très inégale et qu’il n’était pas équitable d’accorder la même valeur à la pensée vulgaire de l’homme  ordinaire qu’au jugement perspicace de l’homme capable… ; bien que le suffrage universel aboutira infailliblement à l’asservissement de la minorité lettrée par la majorité inculte, situation qui prolongera l’esclavage… , il est cependant impossible de refuser le suffrage universel aux Bahutu. Une opposition manifeste donnerait un argument aux colonialistes… Si la majorité tutsi est vraiment capable et à la hauteur des événements, elle doit, par son énergie, influer sur l’opinion publique, étonner le monde par son organisation, son endurance et sa discipline. L’organisation de notre partie s’empressera de donner aux bahutu et aux batwa les mêmes droits et en même temps s’empressera de mater la sottise et la trahison commune aux êtres incapables de la plus élémentaire abstraction »[36].

 

2.      Occasion de la révolution

 

Face à l’ostracisme tutsi nyiginya pour ce qui est des revendications les ibikingi notamment et les vaches (ultra conservateurs), comme nous le montre bien cette prochaine citation datée du 17 mai 1958 et signée par douze Dignitaires de la Cour, Abagaragu b’i Bwami ( que l’on retrouve entre autre[37] –- dans l’ouvrage de CM OVERDULVE, Rwanda, 1994 un peuple avec une histoire. 1997:115-120, ou dans celui de B Lugan (1997), Histoire du Rwanda. De la Préhistoire à nos jours) des dignitaires nyiginya détenteurs du pouvoir hostiles aux changements (stipulés et amorcés avec entre autres la suppression des domaines pastoraux, ibikingi en avril 1954, ainsi que l’abolition progressive de l’ubuhake et le Décret du 14 juillet 1954 dans le domaine politique); les élites du menu peuple revendiquent le droit à la propriété, ainsi que tous les autres droits définis par la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et mis en œuvre par un exercice voulu par un peuple régi par un régime démocratique. Voici cette citation :

“ Ceux qui réclament le partage du patrimoine commun sont ceux qui ont entre eux des liens de fraternité. Or les relations entre nous (Batutsi) et eux (Bahutu) ont été  de tout temps jusqu’à présent basées sur le servage ; il n’y a donc entre eux et nous aucun fondement de fraternité : En effet quelles relations existent entre Batutsi, Bahutu et Batwa ?(…)

Les Bahutu prétendent que Kanyarwanda est père de Batutsi, Bahutu et Batwa ; or nous savons que Kigwa est de loin antérieur à Kanyarwanda et que conséquemment Kanyarwanda est de loin postérieur à l’existence des trois races Bahutu, Batutsi et Batwa, qu’il a trouvé bien constituées. Comment dès lors Kanyarwanda  peut-il être père de ceux qu’il a trouvés existants ? Est-il possible d’enfanter avant d’exister ? Les Bahutu ont prétendu que Kanyarwanda est notre père commun, le « Ralliant » de toutes les familles Batutsi, Bahutu et Batwa : or Kanyarwanda est fils de Gihanga, de Kazi, de Kimanuka, de Kigwa. Ce Kigwa a trouvé les Bahutu dans le Rwanda.

Constatez donc, s’il vous plaît, de quelle fa4on nous, Batutsi, pouvons être frères des Bahutu au sein de Kanyarwanda, notre grand- père.

L’histoire dit que Ruganzu a tué beaucoup de « Bahinza» (roitelets). Lui et les autres de nos rois ont tué des Bahinza et ont ainsi conquis les pays des Bahutudont les Bahinza étaient rois : (…) Puisque donc nos rois ont conquis les pays des Bahutu en tuant leurs roitelets et ont ainsi asservi les Bahutu, comment maintenant ceux-ci peuvent-ils prétendre être nos frères ?”

tiré de B LUGAN (1997), Histoire du Rwanda : De la pré- histoire à nos jours. pp. 117-118

 

Avec cette déclaration, toute idée de compromis semblait mis de côté, et l’Association pour la promotion de la Masse (Aprosoma) ainsi que Le Mouvement Social Hutu vont intensifier leur lutte en vue de la revalorisation des « hutu » taillable et corvéable à merci. A ce propos les articles de G CYIMANA , « Préalable à l’indépendance du Rwanda – Urundi», in revue Habari, XII, 5, pp2-13 et « Plaidoyer pour le menu peuple au Rwanda – Urundi » in La Revue nouvelle, 15ème année, XXXIX, 3, pp. 238-246, posent clairement la nature des problèmes qui étaient là. Il va y avoir dès 1959 un climat de méfiance qui va donner naissance aux actions de tentatives d’élimination physique de ces leaders du menus peuple et de tous ceux qui étaient favorables à ces réformes y compris le mwami Mutara III Rudahigwa éliminé le 25 juillet 1959. Et après son élimination fut alors intronisé un nouveau mwami de complaisance en la personne de Kigeri V Ndahindurwa (coup de force de mwima du 28 juillet 1959 lors de l’enterrement du monarque défunt « homme des blancs» comme l’appelaient les ultras conservateurs du système nyiginya– et la légitime ?). Ce nouveau roi va tolérer si pas autoriser les complots contre les élites, injijuke, du Rubanda rugufi, par les Dignitaires de la Cour qui avaient à leur tête Michel Kayihura; l’ex provisionnaire de l’ex mwami Musinga déporté Rukeba; et le Mwiru Kayijuka (voir le tableau des chefs de cette époque ainsi que leur répartition clanique, dans l’ouvrage Histoire du Rwanda. De la pré- histoire à nos jours de B Lugan), entre autres. Les 7 familles (dont les appellations correspondent aux noms de clans connus au Rwanda) endogames constitutives de la dynastie tutsi nyiginya monopolisait le pouvoir en plus des injustices et la discrimination du système de clientélisme pastorale dit ubuhake.

 

Avec l’attaque du seul membre hutu sous-chef à l’époque (sur 54 chefs tutsi), Mbonyumutwa Dominique le 1er Novembre 1959 par les jeunes tutsi extrémistes du parti du mwami UNAR au sortir de la messe à Byimana au centre du pays, la fameuse  Toussaint rwandaise, la rumeur circula dans tout le pays qu’il avait été tué ces jeunes unaristes. Entre le 2 et le 15 novembre, le désordre issu du mécontentement populaire en confrontation avec les miliciens du mwami Kigeli V fut maîtrisé grâce à l’intervention de la force congolaise (voir détails dans Nkundabagenzi F Rwanda Politique: 1958-1960, ou dans Murego D, La Révolution rwandaise; ou alors une synthèse dans l’ouvrage de B Lugan, 1997).

 

Que doit-on entendre par Révolution rwandaise?

 

La Révolution rwandaise (1954-1961) est un ensemble de mouvements politiques et sociaux ayant eu pour acteur tout le peuple rwandais et qui visaient l’instauration d’un régime démocratique et juste au Rwanda (conformément aux doléances contenus dans le qui a été appelé Manifeste des Bahutu: plus d’équité, de justice sociale, de participation au pouvoir pour le menu peuple, les bahutu dans le sens qu’ont utilisé les Bagaragu bakuru b’I bwami en réaction à ce document). Entre autres événements,

-         le décret  royale du 01 avril 1954 par lequel le système d’ubuhake est suprimé par par le mwami Mutara III Rudahigwa,

-         Contestation des conservateurs traditionalistes de la cours et premiers départ des ultras conservateurs; ce qui va entraîner la réaction des élites du menu peuple, rubanda rugufi:

-         la Note sur l’aspect social du problème racial indigène au Rwanda du 24 mars 1957, document appelé dans la suite Manifeste des Bahutu;

-         La lettre du Vicaire apostolique de Nyundo, Monseigneur Aloys Bigirumwami, datée du 5 septembre 1958 et ayant pour titre Problèmes ethniques et sociaux au Rwanda, qui est une sorte de mise au point quant à la réalité des concepts de hutu et tutsi et les inégalités décrites dans le Manifeste

-         Explication et prise de position de l’aristocratie tutsi nyiginya à ce sujet avec la réaction des dignitaires de la Cour du mwami datée du 17 mai 1958 sous le titre de Voici le détail historique du règne des Banyiginya au Rwanda, connu sous le nom de Ecrits des « Bagaragu bakuru b’i bwami » (explications et prise de position qui repose sur les mythes d’origine et de légitimation de la dynastie nyiginya, mythes dont l’idéologies raciste et inégalitaire est véhiculé jusqu’à nos jours véhiculée par les divers dictons de la sagesse populaire en Kinyarwanda).

-         La Lettre Pastorale de Monseigneur Perraudin, Vicaire Apostorique de Kabgayi, pour le Carême de 1959, daté du 11 février 1959 et qui avait pour titre SUPER OMNIA CARITAS, l’année de la charité. C’est une prise de position de l’église catholique pour plus d’équité et de justice sociale dans cette lutte pour le « patrimoine» commun des banyarwnda.

-         Décé inoppiné (assassinat !) du mwami Mutara III Rudahigwa (le 25 juillet 1959)et coups de force de Mwima par lequel Kigeli V NDAHINDURWA est intronisé manu militari  (28 juillet 1959 et le fameux coup de force de Mwima) et frustration du prince Rwigemera Etienne.

-         le 1er novembre 1959, le sous chef (de la chefferie de Ndiza) Dominique Mbonyumutwa , un des grands leaders(élevé au rang de sous-chef par la volonté de la tutelle dans le cadre du plan décennal 1950-1960) de la masse populaire hutu fut agressé par une bande d’une douzaine de jeune tutsi de l’UNAR (Union Nationale Rwandaise, parti du Roi) au sortir de la messe à Byimana au centre du pays. Cette agression survenue dans un moment d’extrême tension, fut ressenti comme le signal d’un plan d’attaque contre tous les leaders du menu peuple (d’autres leaders ayant déjà été attaqué dans la région de Butare plus au sud) : le Secyugu, Polepole,…. Les affrontements qui en découlèrent sont matés le 15 novembre 1959 1961 (Voir l’ouvrage de Nkundabagenzi F., “Rwanda Politique 1958-1960“, de 1961; ainsi que le document Rwanda. « Le problème des réfugiés sinistrés après les troubles de 1959-1960” publié à Bujumbura en 1960 par Le Service de l’Information du Ruanda-Urundi;….). …..

-         Le mwami accepta de poursuivre les réformes administratives (lors du coup de force de Mwima, la tutelle a accepté Ndahindurwa comme nouveau roi avec la condition qu’il devait être un roi constitutionnelle) avec les élections communales de juin 1960 que perdirent l’UNAR. Le mwami Kigeri V partit en juillet 1960 en périple pour négocier une éventuelle réorganisation des élections communales, ce que la Belgique n’accepta pas. Devant l’absence prolongé de Kigeri V du Rwanda (de juillet à Octobre 1960), la tutelle décida la mise en place d’un gouvernement provisoire le 26 octobre 1960 (où se retrouvaient les membres de tous les partis qui avaient participé aux élections communales).

-         Lors de l’entrée en fonction des élus locaux de juin –juillet 1960 (tous ayant été rassemblé pour la circonstance à Gitarama), ces Bourgmestres et Conseillers communaux adoptent une décision qui allait entraîner des changements substantiels: proclamation de la République le 28 janvier 1961ou le fameux « Coup d’état de Gitarama » et contestation des monarchistes qui décident de se constituer en force de résistance contre ce push, avec la création des Ingangurarugo ziYEmeje kuba ingeNZI en abrégé INYENZI avec mars 1961: c’est le début de ce que José Kagabo  et Th Karabayinga qualifie de “période épique des Inyenzi”, le calvaire de milliers de rwandais cfr Politique de la haine, 1995 sous la dir de Cl Vidal qui enregistra une quarantaine d’attaques jusqu’en 1967). Cette volonté de reprise du pouvoir décida le Mwami à en référer à l’ONU (c’est l’époque du « Loni iriyo di !» pour les contemporains de cette époque) qui décida l’ONU d’organiser le 25 septembre 1961 un référendum (Kamarampaka) pour départager définitivement les tenants de la monarchie et ceux de la République.

 

Cette date marque la fin de la monarchie féodale rwandaise, consacrée par l’ordonnance  législative n° 02/322 du 01 octobre 1961 par laquelle « l’institution du mwami est abolie au Rwanda », et l’ordonnance n°02/326 du 09 octobre par lequel le Rwanda devenait une République cfr in J.P. HARROY, Rwanda. De la Féodalité à la démocratie. 1955-1962. Bruxelles 1984, pp 305-306 et 478-479. Cette période correspond au grand mouvement de nombreux départs volontaires des tenants  de la monarchie (environs 150 000 sur plus de 2000 000 de l’époque) qui se sont fait accompagnés par leur bagaragu pour la traversée de la frontière par les armes et non par les urnes

 

Bilan des violences de novembre 1959

 

Un bilan de la période de novembre a été fait dans l’ouvrage La Toussaint rwandaise et sa répression. Bruxelles Académie royale des Sciences d’Outre – Mer, 181 pp. de HUBERT J.P. (1965). Et selon cet ouvrage, au cours de la semaine du 3 au 11 novembre 1959, le Rwanda fut le théâtre des premiers violents affrontements entre « hutu » et monarchistes « tutsi », 1er acte d’un processus révolutionnaire au terme duquel, de monarchie féodale, le pays devint une République. Devant l’ampleur des troubles (assassinats et meurtres, arrestations arbitraires, coups, dévastations et pillages, port d’armes), la tutelle belge déclara l’état d’exception le 11 novembre et le jour suivant, instaura le régime militaire qui devait durer jusqu’au 15 janvier 1960. Entre novembre 1959 et le 31 mai 1961 (date d’une ordonnance législative sur l’amnistie voulue par les Nations Unies), 2010 personnes furent poursuivies dont 1278 hutu (63,9%) 478 tutsi (23,8%) et 65 twa (3,2); l’appartenance « ethnique » de 182 personnes (9%) est inconnues;  swahili, 1 congolais, 1 portugais, et 1 belge. Au cous de cette même période, 49 personnes trouvèrent la mort dans des actions imputables aux tutsi, et 25 dans des actions imputables aux hutu.

 

Et c’est dans ce contexte que naquit la RÉPUBLIQUE RWANDAISE qui évolua dans la hantise d’un retour des monarchistes au pouvoir parce que presque tous ses dignitaires étaient en exil dans les pays limitrophes d’où ils organisaient des attaques de tentatives de reprise du pouvoir par les armes et non par les urnes grâce à la milice terroriste qu’ils ont appelé Ingangurarugo ziYemeje kuba ingeNZI – en abréviation INYENZI (et les interventions publiques de certains princes nyiginya l’ont déjà confirmé, contrairement à l’affirmation simpliste que le terme n’a été utilisé pour la première fois que par les génocidaires qui comparaient des « tutsi » à ces bestioles qu’il fallait écraser: en tant que nom commun (inyenzi) en kinyarwanda désignant en français celui de cancrelats). Ingangurarugo (c.à.d. Assaillants-d’avant-garde) faisant allusion au nom de la première milice militaire du mwami Kigeri V RWABUGIRI (formée de 7 Compagnies dont 4 compagnies exclusivement composées de tutsi- Ingangurarugo, Inshozamihigo= Provocateurs-des-hauts-faits, Ibisumizi= Lutteurs-en –corps-à-corps et Iityaye =Javeline acérée; 2 composés de hutu – Intarindwa= les Irrésistibles et Abarashi= les Virtuoses de l’arc; et un composé de twa – Urwiririza= Lutteurs-infatigables. Inkotanyi (Lutteur-inontesté constituait à l’époque de Rwabugiri une devise guerrière). Et c’est pour cela que durant les formations idéologiques que dispensaient le FPR en zones occupées avant sa prise du pouvoir à Kigali les formateurs disaient qu’eux n’étaient pas les Inyenzi de Rukeba (traditionaliste unariste, ami de Musinga le mwami déporté par les Belges qui a coordonné la résistance armée à la jeune République Rwandaise dès 1961), mais Inyenzi-Inkotanyi. (Voir dans Kagame A, Introduction aux grands genres lyriques de l’Ancien Rwanda. 1969. Pp 56-60).

 

3.      Relations entre réfugiés « tutsi » et la révolution rwandaise

 

Les premiers réfugiés rwandais datent des années 1954 et étaient constitués de familles ultra- féodales qui n’acceptaient pas de vivre dans un pays où il n’allait plus subsister les « bagaragu » du système de clientélisme pastorale ubuhake abolit par le décret royale du 01 avril 1954,  et ont ainsi décidé de quitter le pays plutôt que de devoir partager « leur patrimoine » (vaches et terres) avec leurs « esclaves » abagaragu. L’ostracisme de ceux qui étaient restés face à l’éveil des «hutu» a abouti aux événements de novembre 1959 que nous avons évoqués plus hauts. Voir l’ouvrage de Nkundabagenzi F., “Rwanda Politique 1958-1960“, de 1961; ainsi que le document « Le problème des réfugiés sinistrés après les troubles de 1959-1960” publié à Bujumbura en 1960 par Le Service de l’Information du Ruanda-Urundi;…. ou Les Réfugiés du Rwanda, in Petit Echo des missions d’Afrique n°523, 103 /103, 1962.

Les attaques des INYENZI furent régulières durant les années 1960 (40 attaques entre le 13 mars 1961 – lire à ce propos Toute la vérité sur le terrorisme inyenzi au Rwanda. Kigali Service de l’information du Ministère des Affaires Etrangères du Rwanda, 1964, 30p ; mais également « The United Nations’findingson Rwanda and Burundi. A summary of reports made by H. Dorsinville on his two missions to Rwanda and Burundi as the United Nations Secretary General’s Special Representative », in Africa Report, IX, 4, 7/8, 1964- et 1967), avant que ce conflit ne redevint latent. Il prit une forme non violente en préparation de la grande bataille, de la reconquista qui a commencée le 01 octobre 1990 (date de début de la 2ème phase de la contre-révolution nyiginya – sous le sobriquet de Inkotanyi- après la période de sournoiserie et d’infiltration particulièrement efficace sous le régime de feu Habyalimana (requiescat in pace) et grâce à laquelle ils ont pu accéder à toutes les informations stratégiques de la République) et tout ce qui a suivi, diversement interprété selon le camp pour lequel on veut parler avec plus ou moins d’objectivité ou avec assez peu de connaissance qui permet de rester dans l’étau de la manipulation idéologique nyigina (par ignorance ou par paresse intellectuelle) avec cette précision que les anciens dignitaires de la dynastie dans leurs efforts de préparation de cette reconquista, ont infiltré plusieurs institutions (profitant de leur long séjour à l’extérieur du Rwanda) étatiques et/ou internationales pour que ces dernières n’agissent que pour leurs plans criminels dissimulés par le mensonge, et la délation, les deux chevaux de bataille de la fourberie légendaire tutsi- nyiginya avec leur Code ésotérique, Ubwiru, ainsi que les autres textes  constamment re – formaté selon les circonstances avec le fameux ubucurabwe.

 

CONCLUSION

 

Comme souligné précédemment, le fondement de l’ostracisme des monarchistes vers la fin des années 1950 (voir la déclaration des Bagaragu Bakuru b’I bwami) et durant la fameuse « période épique » de J. Kagabo et T Karabayinga, repose sur l’arsenal des mythes d’origine et de légitimation de la domination tutsi nyiginya sur les autres communautés claniques. Nous savons que le mythe n’est pas l’histoire, mais on admet que certains aspects véhiculés par le mythe présentent quelques reflet d’une situation ou d’un état social éloigné.

 

Divers auteurs comme l’historien B. LUGAN[38] nous disent que les légendes de Gihanga (le fondateur de la dynastie régnante du Rwanda) fondent les différences entre les hutu, les tutsi et le twa d’une part sur des caractères innés- raciaux, avec notamment le mythe des bimanuka évoqué précédemment, et selon lequel les tutsi (bimanuka) seraient différents des autres groupes de la société rwandaise, car ils ont une origine céleste (Sabizeze- Kigwa). C’est ainsi que Gihanga n’est plus considéré que comme père de Gatutsi seulement (déclaration des bagaragu bakuru b’I Bwami). Et, si les hutu et les twa se réclament  de son héritage, c’est parce que Gihanga leur a donné tous les éléments civilisateurs (voir dans Gasarabwe), leur a appris à forger, à cultiver, leur a donné les vaches et le feu. Ce mythe a fortement inspiré l’idéologie nyiginya de domination telle qu’on la retrouve consignée dans l’ouvrage de A. Kagame (1959) Inganji Kalinga, (=Kalinga , le tambour emblème de la dynastie, le victorieux) ; ou encore dans les textes sur les Généalogies dynastiques. L’autre fonde les différences sur des caractères acquis: ancêtre de tous les rwandais, Gihanga serait ainsi le père de Gatwa – ancêtre des Twa - ; de Gahutu – ancêtre des Hutu- et de Gatutsi – ancêtre des Tutsi[39]. Et Gatutsi est présenté comme le naturellement né pour commander.

Comme le souligne P.ERNY[40], depuis 1990, ces mythes ont été ravivés et figés la représentation que chaque groupe avait de soi-même et de l’autre avec le stéréotype que les tutsi aristocrates, ces tombés du ciel, ils se considèrent comme d’origine divine et qu’ainsi leur légitimité à gouverner seuls est incontestable[41]. Par contre les «hutu» ces basangwabutaka, les trouvés sur terre, se réclament l’autochtonie du Rwanda.

 

 2° Un conflit de pouvoir (avec l’acquisition des notions

          de démocratie et de justice sociale)

 

Cette lutte prend racine dans l’évolution historique du Rwanda, avec les différentes annexions des territoires des communautés claniques et leur asservissement avec le système socio – politique discriminatoire et inégalitaire mis en place par l’ancienne monarchie nyiginya. A l’origine il s’agissait d’une lutte de pouvoir pour s’assurer le contrôle de l’avoir économique, en l’occurrence les terres. Avec les années 1950, cette lutte consiste en une sorte de volonté d’émancipation des anciens opprimés (sur inspiration des élites ayant été dans des écoles secondaires, normales et séminaires), avec la peur de retomber sous le joug d’une part; et d’autre part dans la crainte qu’éprouvent les séculaires seigneurs pour l’ignominie que constitue le fait de vivre comme les autres groupes sociaux du Rwanda (qui n’avaient été que leurs esclaves).

 

Soulignons ici que le Rwanda est une société qui reste dominée par une culture de l’oralité si bien que les principaux champions (les aèdes de l’ancienne cour « nyiginya ») pensent qu’actuellement, on peut encore raconter à volonté ce que bon leur semble en vue de la légitimation de tel ou tel événement qui permettrait de légitimer leur séculaire position de dominateurs féodaux et monarchistes (raison pour laquelle la fourberie et l’obscurantisme restent les deux chevaux de bataille des monarchistes). Ignorent-ils qu’il y a eu une synthèse annotée des publications de tous les ouvrages sur l’histoire et la culture rwandaise (publié jusqu’en 1988) que nous a confectionnée Marcel d’HELTEFERT en collaboration Danielle de Lame(1988) avec plus de  1000 références sur la société conflictuelle rwandaise, en passant par les nombreuses descriptions et présentations de la dynastie rwandaise nyiginya et son oeuvre depuis les XII- XIIIème siècle jusque vers les années 1960 (par les travaux des principaux spécialistes – avec en tête Alexis Kagame,…-  de cette dynastie dont l’oeuvre – la constitution du Rwanda en tant que entité spatialement organisé bien avant l’arrivée des européens, quoique sous un système féodo- monarchique des plus moyenâgeux-  est souvent confondu avec l’histoire de tout le Rwanda actuelle dont certaines régions au SO et au NO notamment, n’y furent  intégrées qu’avec la colonisation – ) ?

 

Cette légende, à l’origine de la domination des tutsi bimanuka présente les qualités supérieures[42] de cette « ethnie[43] ». Et c’est cette croyance qui permet B.LUGAN d’affirmer que «l’originalité historique des Nyiginya tient essentiellement au fait qu’ils vont pouvoir réussir à rassembler tous les tutsi ou pré-tutsi qu’ils vont fondre autour du principe monarchique. Chez eux et chez eux seulement émerge la réalité étatique transcendant le clan et le territoire clanique pour connaître un élargissement au niveau de tous ceux qui sont unis par un morphotype (origine raciale) renforcé par des traditions communes. Rien de semblable ne s’est produit chez les hutu. … A aucun moment, ils n’ont été transcendés par une volonté politique de rassembler le peuple hutu.».[44] Et ceci se vérifie avec les différents conflits au sein des hutu quand ils étaient au pouvoir (conflits nord-sud, kiga- nduga), et en même en exil !

 

Quelle signification alors donner au trois concepts de hutu, tutsi et twa ?

Ces trois concepts par lesquels chaque rwandais est identifié (ou s’identifie) ont désigné depuis les mythes fondateurs de la dynastie nyiginya des catégories socio- économiques. Avec la mise en marche du processus révolutionnaire (avec notamment l’abolition des ibikingi et du système de servage ubuhake, voir un modèle du contrat de servage dans les annexes de l’ouvrage de Nkulikiyimfura JN, 1994), ces catégories ont été ethnicisées par les leaders politiques qui s’en sont servies comme instrument de mobilisation et comme outils rassembleurs. Le discours des campagnes électorales de la période révolutionnaire sont assez claires (voir dans Nkundabagenzi F., 1961 ou dans Murego D 1976). Les européens n’ont fait que constater et consigner par écrit les réalités du moment de leurs arrivées et la fameuse analyse de Classe est sans ambiguité pour qui voudra la lire en entier et non en fragment comme font les obscurantiste pro nyiginya.

 

Nous avons vu que ces bimanuka «ont trouvé sur terre» des communautés claniques autochtones, les Basangwabutaka, constitués de populations qui catégorisées en twa, hutu et tutsi. Ces autochtones occupaient  les territoires environnants la région où se sont arrivés et installés les bimanuka (dans le Mubali, territoire que gouvernait le roi KABEJA du clans des zigaba, à l’est du lac Muhazi)[45], et tous le territoire de l’actuel Rwanda. Les relations entre ces communautés basangwabutaka étaient bonnes.[46]Ils étaient organisé en un système de lignage formant les 18 clans stratifiés en 3 catégories sociales selon l’avoir économique et les prestations à fournir, – les tutsi au sommet de l’échelle (avec de vastes domaines pastoraux et fonciers et des serviteurs abagaragu , et exerçant aussi le pouvoir politique, avec des armées pour défendre les « biens » – pâturages – de  leurs troupeaux de vaches, cet animal qui «épargne la honte et la fatigue de la houe»[47] – outils des agriculteurs – ); les hutu qui étaient des propriétaires surtout fonciers, les twa, (pauvre, en marge de la société) au bas de l’échelle et qui étaient aux services des autres groupes pour les tâches les plus difficiles ou déshonorantes; et que l’on assimile  actuellement à des groupes ethniques. Et les tutsi bimanuka (les 7groupes de familles claniques constitutives de dynastie) ont utilisé ces termes pour construire leurs outils de légitimation de leur supériorité naturelle socio-politique; cette caste d’extra- terrestre, qui est caractérisé par son endogamie pour la préservation de la dynastie. Et c’est la le fondement de la discrimination séculaire pratique par les familles claniques de la dynastie tutsi nyigina sur base de ses mythes de sa légitimation comme l’illustre  les discours de la période bouillante de la révolution. Non seulement il y a la déclaration du 17 mai 1958 des douze Dignitaires de la cour, Abagaragu b’i Bwami ; mais aussi la prise de position du mwami de cette époque est assez claire[48]: « On nous a posé un problème, et après un examen attentif nous déclarons : il n’y a  pas de problème. Et que prennent garde ceux qui disent le contraire … Le pays entier est coalisé à la recherche de l’arbre mauvais qui produit ses mauvais fruits de division. Quand il sera trouvé, il sera coupé, déraciné et brûlé pour qu’il disparaisse et que plus rien ne reste».

 

Les deux documents entraînèrent une radicalisation des positions et la  cristallisation des oppositions, tous comme se référant aux mythes (confectionnés par la monarchie nyiginya pour légitimer sa domination séculaire), les uns pour se considérer comme d’origine divine et qu’ils doivent jouir d’une légitimité incontestable par qui que ce soit; les autres, que le mythe nyiginya nomme les trouvés sur terre, se considérant comme autochtones dont le pays a été annexé par des étrangers qui les maintiennent sous un joug dont il faudrait se débarrasser, comme le montre cet extrait: « Le Rwanda est le pays des Bahutu (bantous) et de tous ceux blancs ou noirs, tutsi, européens ou d’autres provenances, qui se débarrasseront des visées féodo-colonialiste [49]». 

Et ainsi le mythe de légitimation raciale nyiginya eut effet boomerang, en raison de leur ostracisme pour tout garder, puisqu’il sert de légitimation politique aux autres.

 

Et c’est contre ce système déliquescent (et que tentait de réformer Mutara III Rudahigwa dès le début des années 1950) que le menu peuple s’est soulever pour procéder à une révolution en raison de l’ostracisme des tenants à la monarchie nyiginya la plus orthodoxe (quelques familles se structurant autour des clans d’origine des reines mères), avec les étapes que nous avons essayer de décrire brièvement plus haut.

 

C’est pour le maintient de ce système, conforme à la « tradition »que se sont opposés les Bagaragu Bakuru b’i Bwami; et c’est pour la restauration de cette tradition que les monarchistes ont constitué la bande des Ingenzi z’Ingangurarugo en mars 1961, et qu’ils ont mené plusieurs attaques contre la République sous l’abréviation d’INYENZI entre 1963 et 1967 ; et une « der des der » avec 1990 sous l’appellation d’INKOTANYI. Et c’est en guise de protestation contre la mise en application du processus de réforme pour plus de démocratisation que l’ex mwami Kigeri V Ndahindurwa a abandonné son trône en juillet 1960.

 

C’est en réaction aux dis- fonctionnements et aberrations de ce système de gouvernement séculaire monarchique qu’a été proclamée la République le 28 janvier 1961par les élus du peuple (conseillers et bourgmestres). Et c’est pour départager les tenants de la monarchie des républicains que les Nations Unies ont organisé et supervisé le référendum du 25 septembre 1961 dans ce territoire qu’elles avaient placé sous la tutelle de la Belgique.

 

C’est contre la République que les monarchistes se sont battus et se battent toujours. C’est contre la République que les « forgerons de la science», « Abacurabwenge » exercent leur fourberie et leur obscurantisme(avec les José Kagabo, Sebasoni S, Semujanga, Gahigi Justin; l’ethno- raciste Kimenyi A, …. et des néo- hutu souvent pseudo- spécialistes du Rwanda) pour la faire publier parfois par les mains de néo-hutu occidentaux, ces chantres de l’obscurantisme et de la fourberie tutsi nyiginya que sont le classique JP Chretien, Dominique Franche ou un Dominique Temple, puis récemment le politologue américain Peter Uvin (ce négationiste des efforts de développement du Rwanda républicain et devenu spécialiste du Rwanda grâce à quelques séjours touristiques !) avec ses statistiques sur l’évolution économique du Rwanda des plus invraisemblables pour ne pas dire qu’elles ne correspondent à aucune réalités (voir l’article Rwanda : aide au développement, voile d’ignorance et génocide paru dans Nouveaux Cahiers de l’IUED n° 10 : Sciences Sociales et développement. Les rendez-vous manqués, pp 121-146);…. Et tous ces virtuoses de la hargne travaillent sur les outils de légitimation d’une éventuelle restauration de la monarchie tutsi nyiginya. Ils procèdent par une démarche de diabolisation de la période républicaine d’une trentaine d’année ayant succédé aux siècles de racisme, de discrimination sous l’odieux système de clientélisme pastorale mis en place par la dynastie rwandaise tutsi nyiginya avec leur idéologie de domination de l’inganji Kalinga. Ces familles dynastiques se sont surimposées aux autres communautés claniques du Rwanda actuel grâce à une ingénieuse manipulation séculaire telle que l’on la retrouve dans différents textes sur la littérature de cour au Rwanda (voir voir publications de Kagame A, M D’Hertefelt, Y Vansina).

 

Le changement qu’il y a eu

 

En novembre 1959, une explosion révolutionnaire (déclenché par les attaques contre les élites issues de rubanda rugufi par les ultra conservateurs féodo-monarchistes dont Michel Kayihura, Mungarurire, et Rwangombwa tous très influents auprès des autorités actuels), exceptionnelle sous un régime colonial, et qui n’a rien à envier à la Révolution française, va renverser la bourgeoisie féodale qui monopolisait la propriété terrienne, et le pouvoir (28 janvier 1961). En l’absence quasi totale de toute autre forme de bourgeoisie autochtone (presque tous les féodaux opposés à la suppression des ibikingi et de l’ubuhake ayant pris le chemin de l’exil volontaire), la redistribution des terres a radicalement nivelé la stratification sociale. Lorsqu’en juillet 1962 le pays est devenu indépendant, les Rwandais étaient égaux dans la pauvreté. La nouvelle République a donc été forcément égalitaire, et les ministres du premier gouvernement se déplaçaient en coccinelles Volkswagen avec les premières périodes de l’indépendance. La nouvelle bourgeoisie multiforme qui s’est constituée au détriment de la paysannerie, rubanda rugufi, ne devrait en aucun cas nous faire retourner 

 

Doit-on alors poursuivre cette lutte pour la restauration d’un modèle de société de précarité: le système monarchique (où l’on ne fait que comme son père, conformément à la tradition); ou alors poursuivre sur la voie du processus révolutionnaire normale dans l’évolution de la plupart des sociétés pour le maintien d’une société de sécurité (où l’on fait mieux que son père): le modèle républicain; en améliorant ce que les monarchistes considèrent comme leurs droits historiques (l’inégalité) ?

 

Emmanuel NDUWAYEZU, Genève janvier  2001.

 

QUELQUES RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES:

 

NB : il faut lire les ouvrages de D Murego, La Révolution Rwandaise et de F Nkundabagenzi , Rwanda Politique 1958-1961 qui traite in extenso tous des événements se rapportants à cette période clé de la révolution rwndaise.

 

1.      ABELES M. et JEUDY H.-P.; Anthropologie du politique. Paris, A. Colin 1997.

2.      BARAYAGWIZA Jean Bosco, Le sang hutu est-il rouge? Vérités cachées sur le drame rwandais. Yaoundé, Collection Drame rwandais; 1995.

3.      BARIBUTSA Maniragaba, Les perspectives de la pensée philosophique bantu rwandaise de l’être après Alexis Kagame. Ruhengeri, Editions Universitaires du Rwanda, 1990.

4.      BART François, Montagnes d’Afrique, terres paysannes: Le cas du Rwanda. Bordeaux : CEGET, Presses Universitaires de Bordeaux, 1993.

5.      BAUDOUIN J. ; Introduction a la  sociologie politique. Paris, 1998.

6.      BAUDOUIN Paternostre de la Mairieu, Le Rwanda et son effort de développement.  Bruxelles / Kigali, 1972.

7.      BEZY Fernand, Rwanda. Bilan socio-économique d’un régime 1962-1989). Louvain-la-Neuve, UCL/Institut d’Etudes des Pays en Développement, 1990.(texte disponible sur Internet).

8.      CORDELLIER S, POISSON E, Nations et Nationalismes. Paris, La Découverte, 1995.

9.      CHRETIEN J.P., Interprétations du génocide de 1994 dans l’histoire contemporaine du Rwanda. Texte disponible sur le site “http://www.up.univ-mrs.fr/~wclio-af/numero/2).1998.

10.  DELLNER, Mamadou Sow;  Conflits et dynamiques populaires de changement. FGRAF,1995.

11.  DESFORGES Arison, Rwanda: aucun témoin ne doit survivre. Paris, Kharthala; Human Rights Watch; 1999.

12.  DESOUTER S. et REYNTJENS F. Les violations des droits de l’homme par le FPR/APR. Plaidoyer pour une enquête approfondie. Anvers 1995.

13.  ERNY P., Rwanda 1994. Clés pour comprendre le calvaire d’un peuple. Paris, 1994.

14.  LUGAN B., Histoire du Rwanda de la préhistoire à nos jours. Paris Bartillat, 1997.

15.  HERMET Guy, BADIE Bertrand, BIRNBAUM Pierre et BRAUD Philippe, Dictionnaire de la science politique et des institutions politiques. Paris A Colin, 1996.

16.  LABAKI T. Georges, «Les conflits communautaires et ethniques dans le monde contemporain », in Encyclopedia Universalis. Paris 1993.Corpus 10, pp.111-116. 

17.  MACKENZIE, W.J.M ; Pouvoir, violence, décision. Paris PUF,1979.

18.  MARTINIELLO M, L’ethnicité dans les sciences sociales contemporaines. Paris PUF 1995.

19.  MUNYAKAZI, L.; “La question ethnique: un problème mal posé” in Dialogue, n. 170 de Septembre 1993; pp7- 18.

20.  NAHIMANA Ferdinand; Le Rwanda. Emergence d’un Etat. Paris 1993.

21.  NKULIKIYIMFURA J.N., Le gros bétail et la société rwandaise. Evolution historique des XII-XIVème siècles à 1958. Paris 1994.

22.  NDUWAYEZU, J. D.; Les fondements physiques, humains et économiques du développement du Rwanda. Ruhengeri, Editions Universitaires du Rwanda, 1990.

23.  OVERDULVE, C. M., Rwanda, un peuple avec une histoire, 1997.

24.  ROCHER Guy Introduction à la sociologie. Volume 1: L’action sociale, Paris Seuil, 1970; volume 2: L’organisation sociale et volume 3: Le changement social, Paris Seuil 1972.

25.  TOURAINE A., « Conflits sociaux», in Encyclopédia Universalis, Paris 1993.

26.  UGIRASHEBUJA, O., ” Les raisons de nos conflits ethniques”, in Dialogue n. 170 de septembre 1993; pp.57-72.

27.  VIDAL Cl. (sous la dir. de ); Les politiques de la haine: Rwanda, Burundi: 1994-1995, Paris,1995.

 

 


[1] CLAUDINE V (1995), pp.63-90

 

[2] NKULIKIYIMFURA (1994)

 

[3] LUGAN B. (1997), p. 44.

 

[4] Le Rwanda est en effet issu d’une alliance défensive de familles de pasteurs habitant Gasabo (le Rwanda de Gasabo, sur la carte cette région se situe un peu à l’Ouest de Kiziguro) constamment menacé par le Gisaka (vers le sud-est ) et le Bugesera (vers le sud) de cette région. Avec le temps cette alliance défensive est devenu une fédération dont les nyiginya (qui régna sur le Rwanda des 11ème –12ème siècle à 1960) semblent avoir été le moteur guerrier; cette alliance devint dans la suite un outil d’expansion vers les zones voisines aux pâturages convoités. Et toute l’histoire politique du Rwanda qui a pu être collectée des traditions orales n’est que principalement celle des conquêtes, voir dans  B. LUGAN (1997:87-111), conquêtes au cours desquelles des principautés claniques hutu perdirent leur souveraineté. Donc

 

[5]NKULIKIYIMFURA J.N. (1994), op.cit. pp. 32-41

 

[6] B. LUGAN (1997), op.cit.,  pp.43-75.

 

[7] Ibidem, p.35.

 

[8] NKULIKIYIMFURA J.N.(1994), p.25 : il se réfère à divers travaux dont ceux de Van Noten F. sur l’Histoire archéologique du Rwanda, publié en 1983. L’ouvrage de Nkulikiyimfura retrace l’évolution socio-historique du Rwanda sur la période couvrant principalement la monarchie nyiginya (du XIIeme siècle jusqu’en 1958, année d’intenses débats à la cour du mwami et au Conseil Supérieur du Pays sur les réformes foncières, débats qui finirent en une profonde révolution sociale et politique dirigée contre l’ancien ordre socio-politique coutumier et ainsi la chute de la monarchie que l’on tente actuellement de ré- instaurer (insidieusement).  

 

[9] Op.cit, pp. 30-31

 

[10] voir les 2 annexes sur les clans du Rwanda.

 

[11] Des veillées avec chants, danses, poèmes, … comme en donne une idée l’ouvrages de André COUPEZ  et Thomas KAMANZI: Littérature de la cour au Rwanda, ou celui de l’abbé Alexis KAGAME: Introduction aux grands genres lyriques de l’ancien Rwanda.

 

[12]  Dans LUGAN B., op.cit.pp.77-80, on trouve un résumé de ces récits dont des fragments sont donnés dans COUPEZ A. , KAMANZI T. (1970), pp.48-55.

 

[13] ERNY P.(1994), p.24

 

[14] COUPEZ A. , KAMANZI T. (1970), p.18

 

[15] LUGAN B. ; op.cit., p.80

 

[16] Dans le langage courant des banyarwanda, on attend sous une personne à une autre qui voulait qu’il lui rende service, sindi umuhutu wawe qui signifie je ne suis pas ton hutu!

 

[17] P. ERNY (1994); p. 24.

 

[18] P.ERNY (1994), op.cit. pp.35-43.

 

[19] BRETON R. (1992), p. 9.

 

[20] NKULIKIYIMFURA JN, (1994), op.cit. pp.33-34

 

[21] Idem, pp.44-53

 

[22] Idem, op.cit. p.82; soulignons ici que la chronologie de l’histoire du Rwanda ancien reste encore assez relative, voir en annexe la liste des rois du Rwanda, et j’utilise la chronologie de VANSINA de laquelle se rapprochent les travaux de NKULIKIYIMFURA (1994 :12-13). Il faut aussi voir au pages 34 à 41 comme se sont déroulé les migrations des lignages de pasteurs ethiopides jusqu’à leur intégration avec les lignages hutu avant l’arrivée des tutsi bimanuka.

 

[23] A COUPEZ, T KAMANZI (1970), pp.28-43 (le texte est en français et en kinyarwanda.

 

[24] A KAGAME, (1947) p. 375.

 

[25] D’HERTEFERT M. (1960), pp.25-40

 

[26] NAHIMANA F., (1992), p.7-15.

 

[27] LUGAN B. (1997) p.70, et  NAHIMANA F.; op. cit, p.70

 

[28] LABURTHE-TORLA Ph. et WARNIER J.-P., op.cit. p.11

 

[29] OVERDULVE C.M.(1997), p.24 où il cite VIDAL C. dans “Economie de la société féodale rwandaise” in Cahiers d’Etudes Africaines XIV. 1974

 

[30] D’HERTEFERT M. op. cit., pp.67-72 ; mais aussi dans LUGAN B. op.cit. pp.113-157

 

[31] Comme mentionné dans la brève description qui est faite de la société traditionnelle rwandaise dans l’ouvrage de LABURTHE-TORLA Ph. et WARNIER J.-P.(1993) des pages 127 à 130; LUGAN B. (1997) le confirme aussi à la page 116, et ceci est bien vérifiable dans les faits, même actuellement; vous ne verrez jamais un tutsi qui épouse une hutu, même chez les évolués. Ceci pour la préservation du sang royal du «natus ad imperium».

 

[32] LUGAN B, (1997), p.142 ; et il était alors qualifié de «umututsi w’umwihuture».

 

[33] LUGAN B., op.cit., pp.547-548

 

[34] LUGAN B.(1997), p. 136; mais lire aussi des pages 135 à 144.

 

[35] Idem, p. 152

 

[36] P.ERNY, 1994 op.cit. p. 54

 

[37] car je n’ai pas en mais les ouvrages spécifiques sur cette période de Donat Murego, La Révolution Rwandaise ainsi que celui de Fidèle NKUNDABAGENZI, Rwanda Politique 1958-1960

 

[38]B.LUGAN, (1997) op.cit. pp.73-81

 

[39] A ce niveau il se pose un problème de savoir si ce mythe intègre les autres clans de pasteurs arrivés avant le X ème siècle, donc qui ne font pas partie des tutsi bimanuka des XII- XIIIème siècles(les 4 grands clans: les sindi, les nyigiya, les bega et les shambo; ainsi que 3 petits clans- d’où étaient issues les reines–mères principalement -: les tsobe, les kono, et les ha) considérés de prime abord comme aussi abasangwabutaka. 

 

[40] P. ERNY, op.cit. 34

 

[41] MBONABUCYA J.B. (1998), p.62.

 

[42] Ces qualités sont décrites dans l’ouvrage de P ERNY, (1994), pp. 28-29, où il cite lui-même KASHAMURA A.(1973).

 

[43] Au regard  de divers attitudes contenus dans les documents de KAGAME notamment, les tutsi bimanuka se considèrent et se sentent comme une race à part, comme consigné dans l’idéologie de l’Inganji Kalinga et repris dans le manifeste programme (des années 1959)du Parti monarchiste UNAR précédemment cité.

 

[44] B. LUGAN (1997),op.cit., p.81

 

[45] B. Idem,  p.67

 

[46] NKULIKIYIMFURA JN. Op.cit. pp.33-38.

 

[47]Idem, p. 561. Les pasteurs de la région vivent souvent de lait et de sang de leur bête, sans aucun effort de culture de quoi que ce soi.

 

[48] P. ERNY, 1994, op.cit. p.52

 

[49] Ibem, p.58

Autres articles:

DE LA MONARCHIE TUTSI NYIGINYA À LA RÉPUBLIQUE( par Emmanuel Nduwayezu),

 

- Annexe:

Ubwami mu Rwanda

I. Intangiriro
Iyo bavuze ubwami mu mateka y’u Rwanda baba bashaka kuvuga uko u Rwanda rwabayeho kuva rwabaho kugeza magingo aya. U Rwanda ni igikorwa cy’abahutu (Bantous); rwatangiye ruyoborwa n’abami b’abahutu, maze abatutsi bakoresha intambara, baza kurwigarulira, bararutegeka kugeza muli Révolution yo muli 1959, yazanye Republika na Démocratie. Kuva muli 1994,abatutsi barongeye bararwigarulira nyuma y’intambara n’amarorerwa yayogoje igihugu cyose. Ni uko u Rwanda ruhindura isura.

II. Abahutu bayobora u Rwanda
Nkuko bizwi rero mu mateka, u Rwanda ni igikorwa cy’abahutu bari abahinzi-borozi ; nibo bakonze ishyamba, maze igihugu kiraturwa kandi kigenda cyaguka, kiba kinini, ni byo bitaga mu kinyarwanda cya kera KWANDA, ari naho rero izina RWANDA ryaturutse. Ni uko icyo gihugu bakigabanyamo uduhugu twinshi bakulikije amoko yabo (clans). Maze ukumva ngo : ABAZIGABA, ABAGESERA, ABAGARA, ABUNGURA, n’andi menshi baba mu karere aka n’aka. Ayo moko yose hamwe yali ageze kuli 15.

Ikindi gikomeye, ni uko abahutu alibo badukanye ubwami mu Rwanda, maze abami b’abahutu bakabana kivandimwe, nta ngoma yabo yaba yarashatse kwigarurira izindi izwi. Dore amazina y’abami bamwe batazibagirana :

KABEJA (ka-beije = bareke baze): yari umwami w’abazigaba bari batuye mu Mubali {mu Mutara}, niwe wemereye IBIMANUKA (abatutsi) kwinjira mu Rwanda kuko baje batarwana, kandi bari nabake cyane.
MASHIRA : niwe mwami wa nyuma w’umuhutu wimye mu Nduga. Yishwe n’umwami w’umunyiginya (umututsi) Mibambwe I SEKARONGORO afashijwe n’umukobwa we NYAMPUNDU yari yarashyingiye MASHIRA uwo. MASHIRA kandi yari bamwana wa MIBAMBWE I, yari yarashyingiye umuhungu we GAHINDIRO umukobwa we BWIZA (budashira irora n’irongora). MASHIRA kandi niwe waraguriye Umunyarwanda KAREMERA ka SINZI rya NYAMUHANZA wa MUKOBWA wa NDOBA wabaye umwami wa mbere w’u Burundi ariwe NTARE I RUSATSI.
NZIRA: NZIRA ya MURAMIRA yari umwami w’Ubugara. Yishwe na RUGANZU II NDOLI ahorera se NDAHIRO CYAMATARE wiciwe i Rubi rw’i Nyundo (Gisenyi) n’Abakongoro, arizo ngabo za MURAMIRA. None ho kugira ngo RUGANZU ashobore guhorera se yaje aturuka i Karagwe kwa nyirasenge NYABUNYANA maze aza guhakwa kuri NZIRA amugira umugaragu we. Umunsi umwe barimu gitaramo RUGANZU akoresha amayeri yica NZIRA. Ati : « Nkwice RUGANZU rugambirira abahunde rwa MUHUMUZA nyiri ingabo irwana ituguruzwa. » Ni uko ingoma y’u Bugara irazimira burundu.

III. Ingoma nyiginya (ntutsi) mu Rwanda
Abatutsi bageze mu Rwanda baturutse mu Bugande (Nkole) bakurikiye inka zabo zashakaga ubwatsi. Aho bahingukiye ni mu Mubali w’Abazigaba himye yo umwami bise KABEJA nk’uko tumaze kubibona, maze abakira neza barinjira ; barakomeza bagera ahiswe i Gasabo kuri Muhazi (U Rwanda rwa mbere rwa Gasabo) ni uko baratura. Maze bigana abahutu nabo bashyiraho ingoma yabo bimika umwami wabo GIHANGA (cyahanze inka n’ingoma !) kandi bakora progaramu yo kwigarurira ingoma z’Abahutu maze bakiharira ubutegetsi mu Rwanda rugengwa n’ingoma imwe igenda yigarurira izindi buhoro buhoro. Uwo mugambi bawugezeho muw’i 1912 babifashijwemo n’Abazungu. Ibintu byarahindutse cyane mu mibereho y’abantu kuva icyo gihe, ubuzima bwari bushingiye k’ubuhake. Abahutu bagizwe abaja b’Abatutsi, bakabakorera imirimo yose kugira ngo bashobore gukomeza kubaho. Abaja bagabirwaga inka (gutizwa) bahindukaga abagaragu b’Abatutsi (se buja = shebuja). Umugaragu rero (serviteur) wari umeze nk’imfungwa yumubeshejeho ariwe shebuja. Niwe mu rurimi rw’igifaransa bita esclave. Mucyo twakwita itegeko nshinga ry’ingoma nyiginya (ubwiru) ubwami bwari bushingiye ku moko abiri (clans) : Abanyiginya babyaraga umwami, Abega bakabyara umugabekazi (nyina w’umwami).Dore uko byavugwaga mu gisigo :

« Irabahetse ingoma yacu,
Ihora yambaye abahinza,
Abanyiginya bayibyarira imfizi,
Abega bakayibyarira insumba »

Muri ubwo butegetsi, umwami (souverain) yari nyir’u Rwanda (propriétaire exclusif du Rwanda). Abagore bose n’abana babo bari ab’umwami, Abanyarwanda bose bakaba ingabo ze (sujets du roi). Umwami yari afite ububasha bwo kwica no gukiza ; yarutaga abantu bose « Umwami si umuntu, ni umwami ». Umwami yavukaga ari umwami, baramwereje, yavukanaga imbuto.

Mu itegeko nshinga ry’ingoma nyiginya harimo amazina 5 y’ubwami yerekanaga ibyo abayitwa bagombaga gukora. Amazina y’abami bapfaga bishwe yavuyeho. Ayo ni NSORO, NDAHIRO na RUGANZU.

Dore amazina yagumyeho:

MUTARA naCYILIMA : abami b’inka.
KIGELI na MIBAMBWE : abami b’intambara.
YUHI : umwami w’umuriro (pérennité de la dynastie).Umwami witwaga atyo ntiyashoboraga kwambuka Nyabarongo, yabaga mu Nduga ubuzima bwe bwose. Mu mateka, YUHI MUSINGA niwe wambutse urwo ruzi abitegetswe n’Abazungu ngo abitabe i Kigali.

Ayo mazina yakurikiranaga kuri ubu buryo :

A. MUTARA – KIGELI – MIBAMBWE – YUHI akabyara CYILIMA.
B. CYILIMA – KIGELI – MIBAMBWE – YUHI akabyara MUATRA, bityo bityo.

Ikindi ni uko abami bitwaga MUTARA, CYILIMA na YUHI bagombaga byanze bikunze kuvuka ku bagore b’abegakazi nk’uko ubwiru bwabiteganyaga. Ibi byagize ingaruka mbi kenhsi mu butegetsi bwa cyami hagati y’Abega n’Abanyiginya.

Umunsi umwe umugabekazi NYIRAMAVUGO II NYIRAMONGI w’umwegakazi yabajije umuhungu we MUTARA II RWOGERA impamvu Abega batabyara umwami. Umwami yaje gusaba abiru kubimusobanurira n’ubwo byaziraga bwose. Umugabekazi amaze kumenya ibanga ararahira avuga ko atazapfa atabonye umwami w’umwega. Ni uko Mutara amaze gutanga nyina yanga kwiyahura ngo amukirikire nk’uko byagendaka maze bagomba kumubuganizamo amata ku ngufu kugira ngo nawe atange.

MUTARA yaje gusimburwa na KIGELI IV RWABUGIRI maze Abega bakomeye barimo RWAKAGARA n’abana be barigaragaza batangira gushakisha uko umwega yazaba umwami. Bakoze uko bashoboye kugira ngo umwana w’umukobwa witwaga KANJOGERA ka RWAKAGARA mushiki wa KABARE, ariko badahuje nyina, ajye kuba i bwami kugira ngo umwami azamurongore. Ibyo rero ni byo byabaye. Icyo bikora bavuga ko umwami KIGELI IV RWABUGIRI atabyaraga ; abana yari afite bari « enfants adoptifs ». Twibukiranye ko abagore bose bari ab’umwami. Iyo yabengukaga umugore ufite umugabo, yamuzanaga n’urubyaro rwe rwose. Urugero ni nka RUTARINDWA rwa GACINYA wazanye na nyina NYIRABURUNGA.

Maze kugira ngo umunsi hazabeho umwami w’umwega, bavuga ko KANJOGERA yasambanye na musaza we KABARE bakabyarana umwana w’umuhungu witwa MUSINGA. Aha ndagira ngo twibukiranye ko iyo ikigamijwe ari ubutegetsi (pouvoir) nta kizira kibaho ; ibintu byose bishobora gukorwa kugira ngo igishakwa kigerweho. Kuri ibyo bongeraho ko RWABUGIRI yaje kumenya ayo mahano agakona KABARE. Umwami RWABUGIRI ajya gutanga ingoma yayiraze umuhungu we « adoptif » RUTARINDWA wiswe MIBAMBWE IV maze KANJOGERA nawe amubera umugabekazi ku izina rya NYIRAMIBAMWE IV kubera ko nyina NYIRABURUNGA yari yarishwe na RWABUGIRI kubera amatiku y’i bwami.

Byagenze bite kugira ngo amwice?
MURORUNKWERE wa MITARI ari we nyina wa RWABUGIRI yari atuye i Mbirima na Matovu. Yaje gucyekwaho ko atwite kandi kizira (nta n’ubwo yashoboraga gushaka undi mugabo). Iyo nda ngo yari iy’umuhutu witwaga SERUTEGANYA. Abantu barimo NNYIRABURUNGA, umugore wa RWABUGIRI nyina wa RUTARINDWA akaba n’umwisengeneza wa MURORUNKWERE, baje kubyemeza umwami bati : « Ko inzoka yizingiye ku gisabo bigende bite ? ». RWABUGIRI yahise akura amaboko kuri nyina ati : « Nimugende mwice inzoka, n’igisabo nigishaka kimeneke. » Bahise bagaba igitero i Mbirima na Matovu bajya kwica Seruteganya n’uko na Murorunkwere agwa muri iyo ntambara.

Nyuma baje kubaga MURORUNKWERE basanga baramubeshyeraga atari atwite. RWABUGIRI yarababaye cyane maze ahorera nyina ku buryo atatinye kwica umugore we NNYIRABURUNGA n’ubwo yari nyina wa RUTARINDWA wagombaga kuzaba umwami (ibyo byaje kugira ingaruka mbi kuri RUTARINDWA wimye adafite nyina).

Umwami RUTARINDWA yaguye ku Rucunshu yishwe n’Abega kugirango bagere ku byo bari bariyemeje kuva hambere. MIBAMBWE IV RUTARINDWA yasimbuwe na YUHI V MUSINGA. Nyina KANJOGERA utaranyoye (se suicider) nyuma y’urupfu rwa RUTARINDWA amubera umubera umugabekazi yitwa NYIRAYUHI V.

Ukwima kwa MUSINGA kwateye ibibazo :
RUTARINDWA yaje kwicirwa ku Rucunshu bamutwikiye mu nzu n’abe bose. Ingoma y’ingabe « Kalinga » nayo yarahiye irashanguka. Kugira ngo impagarara zihoshe, KABARE, (musaza wa KANJOGERA) yafashe MUSINGA abwira rubanda ati : « Ntimugire impagarara dore umwami ». Rubanda iti : « Biragenda bite ko ingoma y’ingabe Kalinga yari iriho ko yahiye ». KABARE yerekana ko ntangorane agira ati : « Haguma umwami ingoma irabazwa ». Kubera ko MUSINGA yari akiri muto, KABARE niwe wategetse mu kigwi cye (assurer la régence) maze abantu bakavuga ko umwami MUSINGA ari umwega koko.

MUSINGA amaze kugimbuka rero, yerekanye ko ari umunyiginya mwene RWABUGIRI. Yaje gutuma umutwa ngo afate igikeri (umwega), akice, akibage, maze uruhu rwacyo arubambe mu irembo aho KABARE n’abandi bose banyura. KABARE ahanyuze akubitwa n’inkuba ajya kubibwira mushiki we KANJOGERA. Ni uko nawe ajya kubaza umuhungu we niba azi uwakoze ibyo. Musinga amubwira ko ari we wabigize. Ni bwo KANJOGERA amubajije ati : « Mwana wanjye,wabitewe ni iki ? ». Undi ati : « Nihoreye ku wo nshyikiriye ». Ni uko KANJOGERA abwira KABARE ati: « Umwana yakuze ! ». Kuva ubwo Abega n’Abanyiginya bari bashyamiranye bashobora no kwicana iyo hataba abazungu. Urugero : dore ukuntu umwega yasekaga MUSINGA aba i Kamembe :

MUSINGA amaze gukurwa k’ubwami n’abazungu agasimburwa n’umuhungu we RUDAHIGWA, yaciriwe i Cyangugu kugira ngo abakomezaga ku muyoboka bacibwe intege n’urugendo rurerure bagombaga gukora ngo bamugereho. Ibyo ariko ntibyabujije bamwe muri bene wabo kujya kumusura.Bamwe mu Bega baziranaga n’Abanyiginya bajyaga kumushinyagurura. Umunsi umwe, RWAGATARAKA rwa RWIDEGEMBYA rwa CYIGENZA (MUSINGA yari mubyara wa RWIDEGEMBYA), wari shefu mu Kinyaga yagennye kumusura maze ajyana n’umuhutu bahuriye mu nzira yiviriye guhinga. RWAGATARAKA yabwiye uwo muhutu uko bari bubigenze bageze imbere y’uwahoze ari « Umwami Nyagasani ». Yagize ati : « Nitugerayo ndabanza muramutse. Nyuma nawe uze umuramutse uti : « Uraho MUSINGA ! Ni akubaza uwo uri we, umusubize uti : « Ndi RWABUGIRI ! ». Bageze yo bigenda uko babisezeranye. Wa muhutu yagize ati : « Uraho MUSINGA ? ». MUSINGA ati : « iii yego ! » maze amukomeza intoki agira ati : « Ariko sinkumenye ! » Wa muhutu ati : « Ndi RWABUGIRI ! » MUSINGA arahaguruka, aramuhobera cyane ati : « Mama RWANGAKUGWABIRA rwa MUGENZA ! Yooo ! Ni wowe uzutse usa utyo ? ». N’uko MUSINGA arahindukira areba RWAGATARAKA aramubwira ati : « Koko abapadiri barabivuze, ngo abapfuye bazazuka ! RWANGAKUGWABIRA wari mwiza bitangaje none akaba azutse asa atya, se sha, nka so, RWIDEGEMBYA azutse twamuhungira he ! » MUSINGA yarakomeje agira ati : « Yewe, ngicyo icyambujije kubatizwa » !

Ku ngoma ya MUTARA III RUDAHIGWA, Abanyiginya n’Abega bahoraga bahanganye bokoroshywa n’uko u Rwanda rwategekwaga n’Abazungu. Ibyo byagejeje muri 1959. Ikindi ni uko ku ngoma y’Abanyiginya, iyo havukaga ikibazo kirebana na politiki yo hejuru, urupfu ni rwo rwakoreshwaga kugira ngo igisubizo cyiza gishobore kuboneka.

Mu gihe u Rwanda rwashakaga kwigarurira gihugu kindi boherezaga umucengeri muri icyo gihugu, akicirwayo, amaraso ye agatera icyo gihugu gutsindwa. Umwami RUGANZU I BWIMBA yatabaye mu Gisaka habuze undi ujyayo yirwayo akurikira mushiki we wari wiyishe ari umugore w’umwami w’i Gisaka.

Ibibazo umwami atashoboraga gukemura byatumaga yiyahura kugira ngo asimburwe n’ushobora kubirwanya. Nk’uko bizwi, MUTARA III RUDAHIGWA niwe wakoze ibyo muri 1959. Icyo gihe Abahutu bari berekanye ko batishimiye imibereho yabo ku ngoma ya cyami kandi ari rubanda nyamwinshi babeshejeho igihugu.

Twibutse ko Abazungu bageze mu Rwanda ntacyo babihinduyeho ahubwo bashyize mu mategeko yanditse ibintu uko babisanze, bijya no mu ndangamuntu. Icyo bikora muri 1955 ni bwo Abazungu bategetse umwami gukuraho ubuhake maze umugaragu na shebuja bakagabana inka bari bahurijweho n’ubuhake. Ni uko muri 1957, Abahutu bashyira ahagaragara icyifuzo cyabo cyo kugira uburenganzira busesuye nk’ubw’Abatutsi mu gihugu cyabo (Manifeste des Bahutu). Maze muri 1958 Abatutsi bagize Inama nkuru y’igihugu iyobowe n’umwami MUTARA III RUDAHIGWA bemeza ko nta kintu Abatutsi basangiye n’Abahutu, ko abavandimwe ari bo basangira, ko ubwo rero ibintu (situation) bigomba kuguma uko biri.

Ubwo rero KIGELI V NDAHINDURWA amaze kwima baratangiye bica buhoro buhoro Abahutu b’ingenzi. Ni uko taliki ya 01/11/1959 bakubita umuhutu Dominiko MBONYUMUTWA, bashaka kumwica, akizwa n’Imana. Ni uko icyo gikorwa gituma bahagurukira rimwe mu Rwanda hose, maze ibuntu birahinduka neza. Ni yo Révolution yo muri 1959. Ubutegetsi bwahinduye isura, abashefu n’abasushefu (tutsi) bavuyeho basimburwa n’aba bourgmestres. Umwami KIGELI V arananirwa arahunga, ava mu gihugu. Kuri 28/01/1961, abatowe bateranira i Gitarama bemeza ko ubwami buvuyeho, u Rwanda rubaye Repubulika, maze batora Perezida wa Repubulika Dominiko MBONYUMUTWA maze bashyiraho n’izindi nzego nkuru z’ubutegetsi.

Nyuma habaye amatora na Kamarampaka (référendum), Abanyarwanda bakuraho ubwami babusimbuza Repubulika maze igihugu gihabwa ubwigenge kuwa 01/07/1962. Ni uko abaturage, Abanyarwanda mu gihugu cy’igenga bareka kuba ingabo z’umwami baba icyo mu rurimi rw’igifaransa bita « peuple souverain », bahagarariwe kandi bayobowe na Perezida Geregori KAYIBANDA n’abadepite mu Nteko inshinga amategeko bitoreye.

IV. U Rwanda muri Repubulika
Muri Repubulika ishingiye kuri demokrasi, ibintu byarahindutse, abantu bose barareshya imbere y’amategeko.Itegeko riteganya ko abana bose bajya mu ishuri ; abanyarwanda bose batura mu mazu akomeye ; imihanda iraharurwa myinshi kandi ikomeye ; za téléphones zikwira hose mu gihugu ; ubukungu buriyongera, maze u Rwanda ruca ku bihugu byinshi byo muri Afrika.

Ntitwakwibagirwa ariko ko kugera muli 1967, abatutsi bari barahunze Révolution yo muri 1959 bari bariyise INYENZI bateye u Rwanda kenshi bashaka gukuraho Republika ngo bagarure ubwami, ariko bagatsindwa. Ndetse muri 1963, barateye bituma abatutsi bamwe bari baragumye mu Rwanda bapfa. Baje kujya kurega muri l’ONU bavuga ko mu Rwanda habaye génocide. Ni uko l’ONU yohereza mu Rwanda Commission iyobowe n’umuntu witwaga Max DORSINVILLE, gukora enquête. Ikora raporo yerekana ko nta génocide yabaye mu Rwanda.

Kuva muri 1967, abatutsi bari mu mahanga batangiye gutegura uko bazatera, ngo bigarurire ubutegetsi. Twibuke ko muri ibyo bihe, taliki ya 05/07/1973, ari bwo Général Major Juvénal HABYARIMANA yashyizeho Repubulika II, akoze coup d’Etat. Naho ubwo abateguraga intambara bari mu mahanga, baje kwibumbira muri Front Patriotique Rwandais (FPR), babona igihugu kibashyigikiye bazajya bavamo batera {Uganda}, babona ndetse n’igihugu gikomeye cyo kubashyigikira muri byose {Etats –Unis d’Amérique}.

N’ubwo abategetsi ba Repubulika bari babumvishije ko bataha, baranze baratera kugira ngo bigarurire ubutegetsi ku ngufu. Ni uko taliki ya 01/10/1990, intambara iratangira ku mupaka w’u Rwanda na Uganda muri perefegitura ya Byumba. Iyo ntambara yaratinze, ikwira mu gice kinini cy’u Rwanda maze abantu baricwa abandi bavanwa mu Rwanda.

Taliki ya 04/08/1993 ni bwo Perezida HABYARIMANA n’uhagarariye FPR- Inkotanyi bahurijwe Arusha muri Tanzaniya basinyira amahoro maze intambara irahagara. Ubwo rero Abahutu n’Abatutsi bagombaga kugabana ubutegetsi mu Rwanda.

Umunsi ibyo byagombaga gushyirwa mu bikorwa, taliki ya 05/01/1994, Perezida HABYARIMANA niwe warahiye abandi barabura kuko batifuza kugabana ubutegetsi. Bagombaga kugera ku butegetsi batsinze intambara n’uko batangira kuyitegura. Nk’uko bizwi, iyo ntambara yatangiye indege ba Perezida HABYARIMANA w’u Rwanda na NTARYAMIRA w’u Burundi barimo irashwe. Hari taliki ya 06/04/1994, saa mbiri n’igice z’ijoro.

Maze kuva ubwo ibintu biracika. Habaye intambara ikaze hagati y’abasilikare ba FAR na FPR. Ubwo kandi FPR yakoze ibishoboka kugira ngo igarure cya kirego cya kera « génocide » kugira ngo iburizemo amasezerano ya Arusha maze yiharire ubutegetsi yonyine. FPR yatsinze intambara 04.07/1994 ni uko yigarurira ubutegetsi bw’igihugu.

FPR yafashe ubutegetsi itangaza ko u Rwanda rukomeje kuba Repubulika ni uko inzego nshya z’ubutegetsi (institutions) zishyirwaho taliki ya 19/07/1994. Aha rero umuntu yakwibaza impamvu FPR itagaruye ubwami kandi uwahoze ari umwami KIGEL V NDAHINDURWA akiriho. Iyo mpamvu yagombye kuvugwa mu kiganiro cyihariye kivuga ubutegetsi bwa FPR kuva igihe yabufatiye.

V. Umwanzuro
Ngayo muri make amateka yerekeranye n’ubwami mu Rwanda n’intambara zabaye muri Repubulika kugirango ubwami bwari bwaraciwe na Révolution yo muri 1959 bwongere bugaruke. Twizere ko ubwo bwami butazongera kubona intebe mu Rwanda.

DE LA MONARCHIE TUTSI NYIGINYA À LA RÉPUBLIQUE( par Emmanuel Nduwayezu),

Biographie du Président Kayibanda (Editions Sources du Nil)   , Biographie de Mgr Aloys Bigirumwami (Editions Sources du Nil),  Petite biographie d’Alexis Kagame (Editions Sources du Nil),  Brève histoire de l’église catholique au Rwanda (Editions Sources du Nil),

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