L’attitude de l’Église catholique congolaise qui persiste sur sa position concernant les résultats de l’élection présidentielle irrite la majorité présidentielle.
Mardi 8 janvier, celle-ci a tiré à boulets rouges sur l’épiscopat congolais lors d’une conférence de presse.
L’épiscopat congolais affirme connaître le vainqueur de l’élection présidentielle et invite la commission électorale « à publier, en toute responsabilité, les résultats des élections dans le respect de la vérité et de la justice ». / Junior D.Kannah/AFP
Mardi 8 janvier, le camp présidentiel de RD-Congo s’en est durement pris à la Conférence épiscopale nationale (Cenco). « La Cenco tombe dans le travers moral dénoncé par le pape François dans son exhortation apostolique intitulée “Evangelii Gaudium”, a critiqué André Alain Atundu Liongo, son porte-parole, lors d’une conférence de presse. Malheureusement certaines têtes couronnées de la Cenco, astucieusement motivées, s’adonnent à cœur joie au jeu de la mondanité spirituelle et du cléricalisme qu’ils exécutent à la perfection sous l’inspiration de quelques princes des ténèbres tapis dans le milieu des puissances d’argent ».
Cette réaction de la majorité présidentielle intervient quelques jours après la publication du rapport d’observation de la Cenco dans lequel l’épiscopat congolais affirme connaître le vainqueur de l’élection présidentielle et invite la commission électorale « à publier, en toute responsabilité, les résultats des élections dans le respect de la vérité et de la justice ».
Passe d’armes
Après cette publication, la coalition au pouvoir, le Front commun pour le Congo (FCC), avait condamné « fermement l’attitude partisane, irresponsable et anarchique de la Cenco », arguant que la Commission électorale nationale (Céni) est la structure habilitée à proclamer les résultats. L’organisme chargé des élections avait, lui aussi, vivement protesté contre cette déclaration et avait sommé la Cenco de retirer ses paroles qui « sont de nature à intoxiquer la population en préparant un soulèvement dont la Cenco sera seule responsable ». Mais l’Église maintient sa position, estimant que « Ce sont les irrégularités qui irriteraient le peuple congolais, et la plus grave qui pourrait porter le peuple congolais au soulèvement serait de publier des résultats, quoique provisoires, qui ne soient pas conformes à la vérité des urnes ».
L’Église n’a pas d’intérêt humain
« La majorité présidentielle attend de la Cenco une orientation morale autour des valeurs chrétiennes qui structurent notre société et non des instructions politiques en faveur de telle thèse, de tel programme électoral ou tel candidat, ce qui de toute évidence ne relève ni de la mission prophétique de l’église ni de sa vocation apostolique », a encore indiqué le porte-parole de la majorité présidentielle lors de la conférence de presse du 8 janvier.
Le même jour, le père Donatien Nshole, secrétaire général de l’épiscopat congolais a estimé que l’Église est attaquée de toute part depuis son rapport et que « l’on raconte beaucoup d’histoires » sur la Cenco. « La Cenco encaisse. Nous n’attendons pas une récompense humaine. L’Église reste sereine. Elle n’a pas d’intérêts humains », a-t-il encore commenté avant de préciser que l’épiscopat n’a ni proclamé les résultats ni révélé le nom du candidat vainqueur de l’élection présidentielle.
Rapport de l’ECC
De son côté, l’Église du Christ au Congo (ECC), qui avait déployé 10 000 observateurs électoraux, a rendu son rapport dans lequel elle appelle la Commission électorale à accomplir ses promesses, « faites devant Dieu et devant la nation, d’offrir à la nation la vérité et rien que la vérité des urnes ».
Pour l’heure, la Céni continue son travail de compilation des bulletins de vote. Après le report de la publication des premières tendances annoncé samedi 5 janvier, elle n’a jusque-là pas annoncé une date pour la publication des premières tendances. En attendant, l’opposition dénonce son manque de transparence, redoutant une stratégie de fraude.
La Ceni et la Cenco! Deux abréviations ou bien, pour dire mieux, deux appellations semblables ! On dirait même des appellations jumelles ! Mis à part les ressemblances notoires, il faut se détromper. Ce n’est pas parce qu’il s’y trouve partout un « CEN » qu’il faudrait penser qu’il y a partage d’intentions ! Pas du tout ! Le premier CEN est au service du gouvernement dictatorial congolais, tandis ce que le deuxième CEN se trouve au service de Dieu, représenté par L’Église, pour le bien du peuple de Dieu au Congo. Et comme tout le monde le sait, Vox populi, vox Dei. Alors, qui de la Ceni et de la Cenco est mieux placée pour donner des leçons de morale à l’autre ? Normalement c’est la Cenco qui devrait jouir de cette prérogative, même si elle préfère de ne pas en faire usage, contrairement à la Ceni qui a le culot d’enseigner les contenus des encycliques des papes ! Est-ce que la Ceni croirait par hasard que des évêques congolais seraient dans l’ignorance, jusqu’à oublier ce que la doctrine sociale de L’Église prescrit en matière des questions du genre ? D’ailleurs, sans même être obligé de recourir à l’encyclique du pape François, il y a ici moyen de recourir du tout de suite a la bible, pour se rendre compte qui de la Ceni ou de la Cenco est vraiment au service du peuple. Je pense que si on avait posé à Jésus lui-même la question de savoir qui de La Ceni ou de la Cenco fait du bien pour le peuple, la réponse du Christ aurait été très très simple : Luc 10.25-37: Un professeur de la loi se leva et dit à Jésus pour le mettre à l’épreuve : « Maître, que dois-je faire pour hériter de la vie éternelle ? » Jésus lui dit : « Qu’est-il écrit dans la loi ? Qu’y lis-tu ? etc.etc….. Enfin jusqu’à en arriver à l’histoire de cet homme là qui descendait de Jérusalem à Jéricho et qui tomba dans les mains de brigands qui le dépouillèrent, le rouèrent de coups et s’en aillèrent le laissant en moitie mort ! Ce qui est déroutant dans cette histoire, ce n’est pas que l’homme fut aussi malmené par des brigands, mais bien et surtout l’attitude de deux hypocrites qui le trouvèrent dans cet état qui n’ont rien fait ! Il s’agit d’un prêtre et d’un lévite qui le virent et préférèrent passer à distance ! Ils ont agi sûrement comme ça pour des raisons que l’on puisse s’imaginer, les mêmes raisons qui même aujourd’hui nous empêchent de nous engager pour la bonne cause. En voyant l’homme malmené de la sorte, certainement que les hypocrites ont dû penser : « Voyons ! Ceux qui ont arrangé comme ça cet homme, doivent être très puissants ! Des types dangereux ! S’ils se trouvent encore dans les parages, c’est qu’on est cuit ! Alors : Il ne faut surtout pas se mêler de cette affaire ! Nous on est au service de Dieu voilà tout ! D’ailleurs on est pressé. Il y a des réunions et des calendriers de rendez-vous chargés n’est-ce pas ? Il ne faut pas surtout se mêler de ça ! Nous on ne se mouille pas dans des affaires du monde ! » Mais finalement survient un étranger, qui n’est même pas compatriote de l’homme blessé. Il passa à son tour et ce fut lui qui fut rempli de compassion ! Et alors, le jugement de Jésus : Celui qui a fait du bien, ce sont-ils les hypocrites qui n’aiment pas se mouiller, ou l’étranger qui a rendu service à la personne blesseé ? C’est à chacun de trouver lui-même la réponse de la bible. Moi je dirais même que celui qui a dit ne pas vouloir se mouiller a joué le jeu des brigands, même plus que ceux-ci, puisqu’il n’oserait même pas dénoncer ce qu’ils font ! Alors, retournons à nos Ceni et Cenco! Le peuple du Congo est meurtri durant des décennies par une dictature ! La même Dictature, à travers la Ceni, vient de torpiller le seul espoir de s’en sortir, à savoir les élections démocratiques ! Et La Cenco de dire : Eh bien non, les choses ne doivent pas se passer comme ça ! La Ceni qui est la cause de tout cela prend les devants pour crier au scandale, que L’Église agirait comme elle fait sous l’inspiration des princes des ténèbres tapis dans les puissances d’argent ! Quelle ironie ! C’est comme si les brigands de Jéricho avaient fait demi-tour pour venir sermonner le samaritain qui essayait de tirer un homme d’une situation difficile qu’ils avaient provoquée eux-mêmes !(Theophile M) >>><>>>
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„es kommt nicht darauf an, mit dem Kopf durch die Wand zu gehen, sondern mit den Augen die Tür zu finden“. [Werner von Siemens]
9 janvier 2019
Articles en francais, Catho, Dictatures, Le Point d'actualite, Revue Artcles et declarations, RDC, Ukuri nemera! (Theophile Murengerantwari)