Accueil Société Dans le génocide rwandais ou des Tutsis (c’est selon) il y a manipulation de l’histoire et des faits. (M. Shankuru)

Dans le génocide rwandais ou des Tutsis (c’est selon) il y a manipulation de l’histoire et des faits. (M. Shankuru)

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Genocide Memorial, Kigali, Rwanda

Seuls les Tutsi ont-ils été victimes du génocide? Seuls  les Hutu en ont-ils été  les bourreaux?

La manipulation des faits historiques n’est pas propre à la tragédie rwandaise qualifiée de Génocide rwandais ou des Tutsi (c’est selon). En effet, on voit combien l’histoire « officielle » qui s’écrit aujourd’hui sous nos yeux , celle que véhiculent les journaux et les associations aux missions plus que douteuses, est réductrice.

Seuls les Tutsi ont été victimes du génocide et les Hutu en sont les bourreaux. Dominique Sopo n’a-t-il pas déclaré qu’évoquer le sang des Hutus, c’est salir le sang des Tutsis?  Le ridicule n’a jamais tué personne, dit-on. Alors, le sang des Hutu est-il rouge?, se demandait, à juste titre, Jean-Bosco Barayagwiza. Eh oui, la seule vérité est que seuls les vainqueurs réécrivent l’histoire à leur guise.

Pour les vrais historiens, écrire l’histoire, c’est tenter parfois de faire passer un chameau au travers du chas d’une aiguille.

Saviez-vous que les historiens  ne sont pas d’accord sur la cause réelle de la destruction de la grande bibliothèque d’Alexandrie, construite par Alexandre Le Grand  il y a deux mille ans ?  Deux mille ans, c’est loin, n’est-ce-pas?

Alors, dans deux mille ans comment nos lointains descendants interprèteront-ils nos actions et surtout le drame rwandais ?

Ils apprendront que les USA ont libéré le Koweït du tyran Saddam Hussein. Ils applaudiront la victoire de la démocratie sur la pire des dictatures.

Mais sera-t-il porté à la connaissance de nos lointains descendants que les dirigeants américains ont eu l’adhésion de leur propre peuple qu’après avoir annoncé que les Irakiens avaient massacré des bébés ?

Et pourtant, juste dix ans après la guerre de libération du Koweït, la jeune fille dont le témoignage avait été décisif pour basculer l’opinion du peuple américain qui approuva massivement l’intervention, a avoué qu’elle avait menti, qu’elle avait été forcée pour inventer des barbaries prétendument commises par les envahisseurs irakiens dans la maternité où elle travaillait. Mais l’ouragan était passé et tant pis pour les victimes.

Que dire des prétendues armes de destruction massive qui ont justifié la seconde intervention américano-britannique ? Aujourd’hui on sait que ces armes n’ont jamais existé. Tant pis, Saddam Hussein est mort. Et pourtant aujourd’hui on nous rabat les oreilles en  continuant d’affirmer que cette guerre était juste, qu’il fallait renverser ce dictateur sanguinaire pour rétablir la démocratie. Foutaise!

Sur le drame rwandais, nos lointains descendants risquent d’apprendre que Paul Kagame a arrêté le Génocide commis par les méchants Hutu contre les gentils Tutsi et que c’est l’homme providentiel qui a ramené la paix, la démocratie et la stabilité dans toute la région.

Alors, Paul Kagame a-t-il  vraiment arrêté le Génocide ?

Pour répondre à cette question je me réfère aux propos de l’ambassadeur Jean marie Vianney Ndagijimana. Dans son livre, Paul Kagame a sacrifié  les Tutsi, Il écrit:

Le Général Paul Kagame n’a pas arrêté le génocide tutsi comme il l’a toujours prétendu. Bien au contraire, ce chef de guerre a délibérément provoqué le génocide, puis il a cyniquement et systématiquement rejeté toutes les initiatives des Forces armées rwandaises, des Nations Unies et de certains pays occidentaux pour arrêter le massacre des Tutsi. A plusieurs reprises, il a menacé de tirer sur les troupes étrangères qui tenteraient d’intervenir pour stopper le génocide. L’objectif de Kagame n’a jamais été de protéger nos parents Tutsi de l’intérieur, mais de s’en servir comme prétexte pour accéder au pouvoir par la force. Il est donc coresponsable du génocide tutsi au même titre que les autres génocidaires et doit en répondre devant la Justice et devant l’Histoire. »

La messe est dite, j’ai envie de dire. Et pourtant Paul Kagame continue à s’évertuer qu’il a arrêté le génocide, qu’il a sauvé le Rwanda alors que les occidentaux l’avait abandonné. Mais oui, il peut se le permettre car il a toujours le soutien de ses amis américains et britanniques qui l’ont façonné et dont le degré de l’implication a dépassé le seuil du tolérable. Il y a fort à parier que cette vérité de Paul Kagame le héros va encore durer un temps.

Cependant, comme l’homme fort du Rwanda ne s’est pas façonné lui-même, ses maîtres à penser vont forcément, à un moment de l’histoire, vouloir rectifier le tir en réécrivant l’histoire de cette tragédie abominable. Ce qui revient à dire que l’histoire du génocide rwandais ou des Tutsi  n’est que manipulation qui ira de rebondissement en rebondissement.  Eh oui, c’est toujours les vainqueurs qui écrivent l’histoire (leur histoire) à leur convenance. Alors, qu’apprendront nos lointains descendants sur la tragédie rwandaise dans 2000 ans ?  Le débat reste ouvert.

MS

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Un commentaire

  1. CESAR

    28 mars, 2017 à 0:05

    Sur le « génocide commis au Rwanda, certains Rwandais et étrangers font une confusion flagrante entre les faits et leur qualification juridique.

    Le génocide est un mot juridique. Il s’agit d’une qualification juridique des faits criminels et nullement des faits. Définition et ses éléments constitutifs sont donnés par la loi rwandaise en particulier le préambule, point 1 de la constitution rwandaise de juin 2003.Il n’est pas lié au nombre de mort. C’est une question de qualité et nullement de qualité.

    Pour qualifier juridiquement de génocide les crimes qui ont été commis dans notre pays contre les Hutu, les Tutsi, il est dès lors impératif de procéder préalablement à l’examen chronologique des faits, puis les qualifier juridiquement de génocide, le tout au regard de tous ses éléments constitutifs tels qu’ils sont précisés par la loi rwandaise.

    Selon le préambule, point 1 de notre constitution, le génocide dit des Tutsi a été planifié et l’intention de commettre ce génocide de la part des ses auteurs découle de cette planification.

    Mais cette affirmation ne résiste pas au simple analyse chronologique des faits durant la période d’octobre 1990 à décembre 1994.

    En effet, en l’espèce, la planification du crime est préalable à sa commission. Si cette planification a existé, il faut dès lors apporter les preuves irréfutables quant à ses auteurs, les dates, les moyens mis en œuvre et les mobiles. Un crime est planifié et commis par les hommes qui détiennent le pouvoir.

    D’octobre 1990 au 4 juillet 1994, le Rwanda a connu cinq gouvernement. Une question capitale à laquelle, Kagamé, autres experts en apologie de son régime, le TPIR, les fabulateurs rwandais et étrangers en tout genre n’ont jamais répondu est la suivante: quels sont les dirigeants rwandais qui ont planifié ce génocide et sous quel gouvernement?

    Aussi, tous les Rwandais savent que notre pays a une singularité: tout le monde connaît qui est qui, qui a fait ou fait quoi, les Rwandais ont des liens divers et complexes séculaires, le tout de sorte qu’aucun Rwandais ne peut mentir un autre Rwandais s’agissant des auteurs des crimes qui ont été commis contre les Rwandais.

    Incapable de prouver la planification effective du génocide pourtant évoqué par lui dans notre constitution, pour prétendre susciter la compassion et la pitié de la part des étrangers et justifier son oppression sans égard contre les Rwandais qui ont une autre vision quant la gestion de notre pays, Kagamé fait un raccourci sui generis et intellectuellement misérable. Selon lui, s’est Habyalimana, Kayibanda, Sindikuwabo et Kambanda qui ont planifié et fait exécuter le génocide des Tutsi. Pour lui, le génocide des Tutsi date des années 60 et nullement en 1994.

    Mais lorsqu’il s’agit de répondre à la question suivante: pourquoi n’a-t-il pas évoqué cette planification lors des négociations avec le gouvernement Nsengiyaremye Dismas puis celui d’Uwilingiyimana Agathe ( qui, au surplus, était membre notoire du FPR) qui étaient ses alliés notoires, collaboraient avec lui dans tous les domaines y compris les renseignements dirigés au demeurant par un membre du FPR, Iyamuremye Augustin? Expert en matière de renseignements, il était nécessairement au courant de la planification du génocide dit des Tutsi. Si cette planification a existé, ses alliés qui dirigeaient le Rwanda d’avril 1992 à avril 1994 ( articles 50 et suivants de la constitution de juin 1991) en étaient nécessairement au courant. Qu’ont-ils faire pour définitivement fin à cette planification et sanctionner ses auteurs en application des lois rwandaises en vigueur? Si cette planification a existé, le patron du service des renseignements, en sa qualité d’œil et d’oreille du gouvernement qui agissait sous l’autorité directe de Kagame, il en était impérativement au courant et en a informé Kagamé. Or, lors de son témoignage dans l’affaire Général Munyakazi, il a dit qu’il avait des moyens matériels suffisants et efficaces pour savoir tout ce qui se passe au Rwanda et si cette planification avait existé, il l’aurait nécessairement su. Selon lui, il n’a jamais entendu parler de cette planification.
    Au vu de l’ensemble des faits, Kagamé sait très bien qu’il n’y a jamais eu planification de génocide dit des Tutsi et conséquemment celui-ci est discutable. C’est pour justifier l’oppression féroce contres ses opposants politiques qu’il a fabriqué le génocide dit des Tutsi et ce, à compter 2008 et en a fait un fonds de commerce dont il est devenu un VRP.
    Il ne s’agit pour ma part de nier les massacres des Tutsi. Ils sont indiscutables. Mais constituent-ils un génocide? A mon sens, sûrement pas. L’analyse chronologique des faits et les affirmations de Kagame en personne dans le Rapport dit Mucyo infirment l’existence de cette planification et conséquemment celle du génocide dit des Tutsi.

    Toute affirmation doit être prouvée. A défaut, il s’agit de pures spéculations. Le droit ne retient les spéculations et encore moins les divagations en tout genre.

    Que ceux qui soutiennent l’existence de planification du génocide dit des Tutsi en apportent les arguments juridiquement et factuels crédibles.

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