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Kigeri V : Pourquoi la Tutelle belge ne lui a pas permis d’exercer ses fonctions, comme monarque constitutionnel ?

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Au départ, les autorités de Tutelle ont toujours évité d’utiliser le titre de roi quant il s’agissait désigner un souverain du Rwanda. Pas seulement pour Kigeri V, mais aussi pour tous ses prédécesseurs. Le terme de Mwami fur réservé  au roi autochtone dans toutes les formes de communications dans des langues étrangères. Rappelons que le Rwanda fut placé sous le protectorat allemand avant la première guerre mondiale, puis sous mandat et finalement sous tutelle belge, après la seconde guerre mondiale. Durant toute cette période, le roi était supposé être un sujet de la haute autorité de la métropole qui, elle, était désignée en termes de royauté. En d’autres mots, le Mwami était tenu d’accepter sa situation, c’est-à-dire se commporter comme il s’était agi d’un roi valet.

 

Qui était, à proprement parler, le maître véritable du Rwanda, du temps de la colonisation ? La réponse est évidente, le Mwami n’avait plus de véritable autorité sur ses sujets. Toutes les grandes décisions étaient prises à partir de la métropole par le biais du gouvernement colonial. Ce qui veut dire que la position du roi du Rwanda était bien celle d’un subalterne. De fait, toutes les mesures concernant l’administration de la colonie étaient adoptées par la puissance occupante, et les autorités autochtones étaient tenues à les exécuter.

 

De tout temps, les compatriotes ont toujours voulu attribuer les abus de la colonisation à l’autorité autochtone traditionnelle, sans toutefois penser profondément sur la situation délicate dans laquelle se trouvait cette autorité. D’aucuns déplorent les travaux forcés, la chicotte, le monopole ethnique dans les postes administratives, et il oublient que les décisions venaient  plutôt du pouvoir colonial que des autorités autochtones. Le système de l’administration indirecte instauré, avait été une façon d’organiser les institutions locales en vue de servir les intérêts de la métropole.

 

D’aucun diront que les autorités autochtones auraient dû se rebeller contre ce système qui opprimait pratiquement le menu peuple. Facile à dire qu’à faire. Combien, dans des pays limitrophes du Rwanda ont osé défier ce système colonial, pour que les autorités autochtones rwandaises soient taxées de passivité lors de la période coloniale ? Il n’y a qu’à considérer ce qui ce qui arriva au roi Mutara vers la fin de la période coloniale, pour remarquer que toute forme de révolte aurait été réprimée sans aucune forme de concession. Mutara a bien payé de sa vie ses audaces en matière de réformes et surtout de son aspiration à l’indépendance du pays.

 

A l’avènement de Kigeri V, les gens avaient commencé de plus en plus à oser. En 1959, Kegeri V, ayant constaté l’évolution des mentalités, venait de se décider pour la monarchie constitutionnelle. Ce qui veut dire qu’il venait de manifester son intention d’exercer la royauté moderne, comme c’était le cas dans beaucoup d’autres pays du monde, et notamment en Belgique. Kigeri V avait vu juste. Suite aux aspirations à la démocratie des leaders du peuple, rien à faire, il aurait fallu organiser la royauté de manière à répondre aux desseins pour la démocratie nourris pas les leaders. Il est bien connu que Kayibanda et ses compagnons avaient été satisfaits de l’avènement de Kigeri V. Ils ont salué avec enthousiasme la décision du roi Kigeri de régner en monarque constitutionnel. Une décision qui n’a pas plu du tout aux autorités tutélaires. Avec l’avènement d’un roi constitutionnel comme c’était le cas en Belgique, cela signifiait l’indépendance totale du Rwanda. Il a fallu donc, pour le Tutelle, d’empêcher par tous les moyens Kigeri V d’exercer ses fonctions. Ce qui a fait que Kigeri V,  qui venait de prêter serment de régner en monarque constitutionnel, ne pourra pratiquement pas entrer dans ses fonctions. C’est donc une grande injustice de prétendre que tout ce qui survint en 1959, notamment la révolution et ses conséquences, puisse être considéré comme la faute de Kigeri. Essayons de voir plutôt les raisons qui poussent l’opinion à accuser injustement le roi!

 

 

1. La chasse aux ennemis du Karinga !

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Peu après la prestation de serment du roi comme monarque constitutionnel, il s’est passé des évènements d’un grande gravité, et qui vont dans le sens de pourchasser les ennemis du karinga, et donc de la royauté du Rwanda. Pourtant, les premières semaines depuis l’avènement de Kigeli V furent un temps de bonheur pour le peuple Rwandais. Le nouveau roi parcourut les différentes régions du pays, et partout l’accueil de la population fut chaleureux. Il était visible que le nouveau roi était aimé et apprécié dans le public. Le roi fit même un passage à l’évêché de Kabgayi, ou il reçut  la bénédiction des mains de Mgr Perraudin. Le discours de l’archevêque à l’occasion revenait sur les responsabilités qui incombent au roi pour son peuple, et il souhaita de tous ses voeux bon succès à Jean baptiste Kigeri V. Mais, comment les choses ont-elles pu changer en un laps de temps, de telle manière que le même peuple qui jubilait le roi dans quelques mois seulement se mit à le maudire ?!

 

Pour comprendre les enjeux de la problématique, il faudrait revenir à la décision du roi de régner en monarque constitutionnel, une décision qui a surpris  tout le monde, surtout aux leaders du changement qui y trouvèrent une issue à leurs revendications. La seule partie qui ne pouvait pas justement trouver satisfaction à la décision du Roi, fut l’autorité de Tutelle. Avec des difficultés au Congo, il était devenu indispensable au pouvoir colonial de garder la province du Rwanda « sûre ». Cet intérêt soudain eût étonné plus d’un, quand l’on sait que la Tutelle belge ne fit pas beaucoup d’efforts pour développer le pays, par rapport aux autres provinces qu’étaient le Congo et L’Urundi. On sait que les infrastructures et  les villes étaient plus développées à Bujumbura, et surtout au Congo. Kigali, comme capitale du Rwanda, était resté au stade embryonnaire, et comme ville, il était insignifiant. La métropole s’était toujours plainte que le Rwanda lui soit plutôt un fardeaux, tant les richesses naturelles y étaient au niveau précaire. Et voilà que tout d’un coup, suite aux difficultés de la Belgique au Congo, le Rwanda vient au centre d’intérêt ! Il fallait surtout, pour la métropole, empêcher le roi constitutionnel d’exercer ses fonctions, puisque qui dit monarchie constitutionnelle, dit indépendance du pays en quelque sorte. C’est à ce moment même que les choses devinrent compliquées pour Kigeri V. Eût-il accepté de régner en roi valet comme jadis, le jeune roi serait resté sous la protection de la métropole, et le processus démocratique dans le pays arrêté. Dans ces moments mêmes, comptaient seuls les intérêts de la métropole, et non ceux des autochtones. Plusieurs fois  Kigeri V écrit des lettres au gouverneur général Harroy pour lui rappeler qu’un gouvernement local doit être mis en place, en vain. Le gouverneur colonial opposa le silence à ses prérogatives, et le jeune roi se retrouva tout d’un coup complètement isolé. C’est lors de cette impasse qu’un événement inattendu vient pour jeter la confusion qui marquera à jamais l’histoire du Rwanda.

 

Une stratégie pour mater le roi qui vise l’indépendance  fut mise en route par le pouvoir colonial. Pour le Rwandais qui n’est pas à mesure de comprendre les stratégies maléfiques des puissances quand ils veulent imposer leur ligne de conduite, il n’est pas facile de saisir le jeu des manigances mené pour écarter Kigeri V. Même aujourd’hui, peu sont ceux qui peuvent à peine comprendre comment ce genre de stratagèmes puisse être utilisé par les hommes. Mais à la guerre comme à la guerre. En tous cas le pouvoir colonial n’était pas en place pour l’intérêt de l’indigène, mais pour l’intérêt de la métropole. Que les méthodes employées ne soient pas catholiques, ceci n’était pas leur premier souci. Ainsi pour écarter Kigeli, il fut employée une stratégie de « haute technique », c’est-à-dire, agir contre quelqu’un, tout en donnant l’impression d’agir pour son intérêt, puis finalement l’écarter. Pour un non habitué à ce genre de stratagèmes de manipulation, il n’est pas du tout facile de comprendre ce qui s’est passé, et beaucoup penseront que si Kigeri s’est fait évincé, ce fut de sa faute ! Exactement comme si l’on disait que si Habyarimana s’est fait assassiné, que ce fut de sa faute ! Justement c’est l’effet escompté du manipulateur, c’est-à-dire de pouvoir brouiller les pistes.  Heureusement qu’aujourd’hui nous sommes à mesure de comprendre un peu ce genre de manigances suite aux méthodes similaires importées par le FPR au Rwanda. Comme on peut le constater dans le cas de Kigeri, c’est visiblement la méthode de manipulation connue sous l’appellation de « Problème-Réaction-Solution » qui fut appliquée et les premiers qui tombèrent dans ce piège furent les membres du parti « UNAR » qui se voulaient désormais fervents défenseurs du Roi. La première étape, c’est de créer un problème, comme celui de dire que un complot serait organisé contre le roi. La violence occasionnée, c’est la deuxième étape prévue, c’est-à-dire l’étape de la réaction. Comme plus tard les Interahamwe devait tomber dans le piège après l’assassinat de Habyarimana, de même les Unaristes n’échappèrent pas au piège de fausse réaction après avoir pris connaissance d’un prétendu complot contre le roi. Et le but du manipulateur est en soi partiellement atteint au niveau de  l’étape de réaction. Les actes de vandalisme suffisent à faire discréditer une cause, si juste qu’elle puisse être. Avec la réaction fausse du manipulé, c’est au tour du manipulateur d’écarter son ennemi, en lui reprochant ses actes de vandalisme !

 

En 1959, le tout commença avec une rumeur qui fut propagée, et qui prétendait que les leaders du changement auraient organisé une réunion secrète à l’insu du roi, et que cette réunion aurait été organisée par Mgr Perraudin, et puis que l’objet de la réunion aurait été l’abolition la monarchie rwandaise. Souvent le manipulateur ne s’empêche pas d’impliquer quelqu’un d’inoffensif dans ses forfaits, et il est facile d’impliquer une Eglise, tout en sachant qu’elle n’aura pas les moyens de se défendre ! Qui est alors à la base de la propagation de cette rumeur ? C’est ce que nous allons voir par la suite, mais le fait est que l’étape importante de la stratégie est mise en route, c’est-à-dire que le problème est créé. Les partisans du roi ne pourront pas supporter cette trahison, et leaders de l’opposition seront attaqués, et ainsi la violence généralisée sera déclenchée. Comme nous le voyons, le tout part toujours d’un mensonge grossier, et c’est ce mensonge que Mgr Perraudin a toujours fustigé toute sa vie, n’ayant été jamais lui aussi à mesure de savoir celui qui est à l’origine de ce mensonge. Et d’après Perraudin, tant que ce mensonge perdurera, il ne sera pas possible de sauver le Rwanda.

 

 Et alors, qui est à l’origine de ce mensonge, à qui a-t-il profité. La réponse est évidente, le profiteur c’est celui que est préparé à appliquer la troisième étape de la stratégie, c’est-à-dire l’offre de la solution. Dès lors, selon toutes les probabilités, l’émetteur du mensonge et dans la situation présente, ce ne peut être logiquement que le pouvoir colonial. Dieu seul sait celui qui fut à l’origine d’une telle rumeur, étant donné que Mgr Perraudin dénie, sans arrière pensée, l’existence d’une telle réunion. Si on analyse bien la situation, on remarque évidement que la rumeur ne pouvait venir tout simplement que des autorités de Tutelle. Nous pouvons le démontrer à partir des événements qui suivirent. Le propagateur de la rumeur, sachant bien que la diffusion de celle ci aura l’effet d’une étincelle qui déclanche un embrasement de la société, sachant pertinemment que la blessure liée à la disparition soudaine de Mutara était encore béante, il savait avec certitude qu’une réaction violente n’allait pas tarder à se manifester de la part des sympathisants du roi. Une telle rumeur propagée et qui dénonçait un complot contre le roi, parut comme une déclaration de guerre. C’est ainsi que les sympathisant du roi, Hutu et Tutsi confondus au départ, ne tardèrent pas à chercher comment traiter comme il convient les prétendus comploteurs contre le roi. (Kubakanira urubakwiye !)

Voilà pourquoi les « Unaristes », ne pouvant plus contenir leur colère, font passer un tract que nous lisons souvent avec effroi dans les livres, et qui apparaît en soi comme un véritable pamphlet de la part des partisans du roi sous manipulation  Voici comment le tract (en kinyarwanda) est approximativement formulé, en résumé :

« Communiqué des véritables Banyarwanda. Fils du Rwanda, levez-vous comme un seul homme. Voici la liste des ennemis du Rwanda, de la royauté du Rwanda, ainsi que du Karinga. Bganakweri Prosper, Chef du Rusenyi, fils de Nturo, Razaro Ndazaro, Commis à Kigali, Muhikira Aloys, Makuza, Kayibanda, Kamuzinzi, Seruvumba,…etc. Leur chef est Monseigneur Perraudin de Kabgayi ! Banyarwanda, tous ceux-là sont les traîtres du Rwanda, ce sont eux qui veulent nous maintenir dans l’esclavage des Belges, ce sont eux qui se sont réunis à Kabgayi sous la présidence de Monseigneur Perraudin pour machiner la mort de J.B.Kigeli V Ndahindurwa le gardien afin de nous rendre des esclaves. Ils parcourent le pays en disant aux gens de signer qu’il ne veulent pas Kigeli V et celui qui ne veut pas signer ils lui donnent l’argent. Nous vous ferons connaître les autres. Banyarwanda, unissons nos forces, recherchons coûte que coûte ces ennemis du Rwanda et leur progéniture et exterminons du Rwanda tout ce mauvais grain. En avant Banyarwanda, faites attention, exterminons du monde tous ces serpents qui haïssent le Rwanda (…) » (Mgr A.Perraudin, Un Evêque au Rwanda, Editions St Augustin, P.2003, p.223)

 

Evidement le texte s’allonge avec des mêmes mots pamphlétaires. Seulement, à qui a profité cette rumeur et qui fut à son origine ! De qui est venue une telle rumeur qui échauffa la population et qui devait déclencher les événements sanglants, connus sou le nom de révolution de 1959. Bien que les fanatiques qui lancèrent le pamphlet avaient agi de leur propre chef et que le jeune roi n’y était pour rien dans cet appel à la violence, il est visible que celui qui avait réussi échauffer la population de la sorte avait nourri un dessein déterminé. Connaissant l’importance que la population accordait au roi à l’époque, dire qu’il y aurait eu une réunion et que celle-ci aurait comploté contre le roi, et puis ayant en conscience de la lourdeur sur le moral suite événements précédents liées à l’assassinant du Mutara, cela suffisait à jeter le feu aux poudres. Pour comprendre les visées de celui qui venait de déclencher cette tension, il suffit de suivre le processus de la méthode de manipulation, jusque là inconnu au Rwanda. C’est-à-dire que une fois le problème était soulevé, il aurait fallu offrir une solution. Et celui qui se présente précocement pour offrir la solution peut, à juste titre, être présenté comme le déclencheur du la trouble.

 

2. La Résidence spéciale.

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Si nous suivons bien la méthode du processus « Problème-Réaction-Solution », nous pouvons être à mesure de découvrir celui qui fut à l’origine des événements sanglants de 1959. En effet, le Résident du Rwanda à cette époque là en place à Kigali, c’était Monsieur Preud’homme. Le Gouverneur du Rwanda-Urundi, la haute autorité de la province, décréta soudainement que, vu la situation qui prévaut au Rwanda, il venait d’être créé une Résidence spéciale ! Est-ce à dire que le Résident Preud’homme avait été dépassé par la situation ? Non, bien sûr, et c’est là qu’il faut comprendre la stratégie. Comme on le sait bien, le Colonel Logiest avait exercé au Congo auparavant, et il était chassé de la colonie comme l’étaient ses autres compatriotes suite à la lutte des Congolais pour l’indépendance de leur pays. Ce qui fait supposer que la mesure de la nomination du Colonel Logiest comme Résident spécial du Rwanda, avait eu des liens étroits avec ce qui se passait au Congo. C’est la raison pour la quelle il faut mettre donc en liaison la solution qui est offerte, avec la problème créé et qu’il était évident que le tout tournât au tour du Congo.

 

Le colonel Logiest, à son arrivée, il n’a manqué pas d’informer le roi Kigeri de l’objectif de sa « Mission au Rwanda ! ». Le roi constitutionnel au Rwanda avait été compris par la métropole comme quelqu’un visait l’indépendance de son pays. Ainsi aux yeux du pouvoir colonial, le roi n’est pas coopératif, étant donné qu’il ne met pas en avant les intérêts de la métropole. Dans ce sens, Kigeri n’était plus quelqu’un sur qui la Belgique pouvait compter pour pouvoir maîtriser la situation au Congo. Il aurait fallu que la métropole garde son autorité sur le Rwanda, et il n’était pas question pour celui-ci de réclamer tout de suite l’indépendance. Le temps de pouvoir se rendre compte de l’évolution de la situation au Congo, et les Belges pouvaient envisager si ils allaient trouver une solution pour le mouvement Lumumbiste. Le roi constitutionnel au Rwanda était donc devenu un obstacle politique à écarter, victime de ses bonnes intentions pour créer l’harmonie pour son peuple

 

Voilà donc comment la stratégie de « Problème-Réaction-Solution » fut couronnée par la décision de la métropole d’empêcher le roi constitutionnel du Rwanda d’exercer ses fonctions, et que sur ce fait, ils prirent la décision de s’appuyer sur les leaders Hutu, puisque la manière de les convaincre de collaborer était simple. Il fallait leur dire qu’ils viennent pour leur offrir leur solution, c’est-à-dire la protection contre la violence des partisans du roi et de fait ils en avaient besoin de cette protection, vu l’ampleur du problème créé. Ainsi se réalisaient les objectifs du pouvoir colonial au détriment de l’unité du peuple rwandais !

 

3. Les espoirs déçus du peuple rwandais!

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Pour conclure, nous pouvons  affirmer que le processus d’indépendance du Rwanda a pris un mauvais départ, puisque il venait d’être bâti sur les divisions et l’exclusion. Le roi Kigeri V, n’avait aucun intérêt à ne pas suivre les doléances du peuple, puisque il était préparé pour cela, et c’est dans ce sens qu’il s’était décidé pour l’option de la monarchie constitutionnelle. Les réformes proposées par les leaders du peuple étaient fondées, et le roi comptait trouver la solution de la démocratie avec l’instauration d’une royauté constitutionnelle. Mais le pays étant sous domination, le peuple rwandais n’était pas à mesure de disposer de lui-même. Le pays n’étant pas indépendant, et les intérêts de la métropole passaient les premiers. Le roi fut écarté, et par une sorte de manipulation dont les autochtones ne pouvaient pas se rendre compte, les élections furent organisées en l’absence du roi. Le roi venait d’être présenté soudainement comme étant l’ennemi du peuple, et ce peuple ne pouvait que décider ce qu’il pensait être dans son intérêt. Faut-il parler de la victoire du peuple dans pareilles circonstances ? Oui, certainement, il s’est agit d’une victoire, puisque quelques pas vers la démocratie furent accomplis, mais ce fut une victoire partielle. La victoire aurait été totale, s’il ne venait pas de s’installer, avec l’indépendance du pays, un système basé sur l’exclusion. Ce qui fait que la vraie victoire reste à venir. Quand le peuple pourra renouer avec les bons desseins du roi constitutionnel et se passer des influences maléfiques de certaines puissances, le peuple rwandais pourra finalement, après un long chemin de croix, célébrer sa vraie victoire de l’unité et de la démocratie.

 

Théophile Murengerantwari

 

 

Theo

Est-ce que le MDPR ( parti dissout en l'an 2013), aura joue un role, si minime qu'il soit, dans la comprehension du probleme rwandais et dans l'avancement pour la recherche des solutions? C'est a chacun de juger. De toutes facons, notre action n'aura pas tout a fait passe inapercu! Sans politique ou en politique, nous continuerons a lutter pour la liberte, la verite et la reconciliation, ainsi que pour l'instauration d'un etat de droit au Rwanda. Selon Sylmpedia: "Mouvement Démocratique du Peuple pour la Réconciliation (MDPR- INTIGANDA) Drapeau du MDPR Fondé le 13 Décembre 2009 par l’Abbé Théophile Murengerantwari. Ancien "titulaire" de l’Evêché de Cyangugu, exilé en Allemagne ou il a basé son mouvement issu d’une scission avec le RMC. Il soutient le retour du Roi Kigeri V et un nouveau référendum sur la question de la restauration de la monarchie. Il s’est prononcé en faveur la candidate Victoire Ingabire Umuhoza, leader du Front Démocratique Unifié (actuellement mise en résidence surveillée pour tentative de déstabilisation du pays et négation du génocide depuis Avril 2010) qui n’a pu participer à l’élection pluraliste du 9 Août 2010. Très actif, le MDPR émet régulièrement des communiqués sur son site et participe à des manifestations contre le gouvernement rwandais du Président Kagamé." http://www.sylmpedia.fr/index.php/Parti_royaliste_Rwandais

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