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Laissez le peuple rwandais s’exprimer !

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Ce qui aurait pu être un grand avantage pour le peuple rwandais, c’est cela même qui s’est transformé en inconvénient! La diversité des Rwandais, d’un coté en tant que Hutu, Tutsi et Twa, d’un autre en tant que artisans de l’indépendance du pays tout comme des Rwandais vivant à l’étranger après l’indépendance, voilà ce qui aurait pu constituer une richesse dans un pays normal. Non seulement la diversité des composantes de la société rwandaise ne put profiter au peuple rwandais, mais aussi les expériences rassemblées ici et là dans les pays étrangers furent plutôt à l’origine des incompréhensions, des divisions profondes et par conséquent des grandes catastrophes. En tout ceci, la faute unique à la base est une certaine arrogance des certains Rwandais, ce qui aboutit chaque fois à la méfiance et au refus de reconnaître que l’autre puisse avoir été acteur dans une histoire qui lui est propre. Ce qui apparaît à première vue très alarmant, c’est cet éternel refus du droit de parole à la majorité du peuple rwandais. Ainsi des notions vagues ont été inventées a priori pour imposer le silence à tout un peuple. Et puis l’un de ces subterfuges, inventés pour priver en toute impunité aux autres leurs droits, est comme nous le savons, l’idéologie du génocide! Cette prétendue idéologie qui n’a apparemment pas beaucoup à voir avec le génocide des tutsi de 1994-considéré simplement comme la grave conséquence de la soi disante idéologie- est collée n’importe quand à n’importe qui! Il suffit d’avoir constaté qu’il y a une tendance quelque part de vouloir recouvrer ses droits après quelque injustice subie et l’accusation de l’idéologie génocidaire devient le moyen sûr d’imposer le silence. A noter que dans notre pays, l’institutionnalisation de l’injustice est déjà un fait. Les raisons pour un emprisonnement- au cas au l’élimination physique n’est pas adoptée, ne doivent pas être liées carrément au fait d’avoir été coupable d’un crime notoire.

Personne n’est visiblement exclu à cette injustice. Vous avez beau être ministre, député, sénateur ou fonctionnaire de haut niveau, ou bien un homme d’affaire tout simplement, vous n’échappez pas à l’accusation commune quand votre moment est venu. Tomber en disgrâce des maîtres actuels du Rwanda c’est devenu comme un jeu puéril! Il suffit que vous meniez une affaire prospère et que le régime en place n’y voit pas ses intérêts directs ou bien que des dividendes que le tenant du pouvoir y tirent ne soient pas assez suffisantes. C’est l’idéologie du génocide ! Il peut se passer que l’entreprise d’un  particulier partage bien ses profits aux tenants du pouvoir, mais que suite aux efforts personnels, les affaires fonctionnent à merveille. Une raison de plus pour céder son affaire aux renards du pouvoir. C’est l’idéologie du génocide! A part les cadres hauts placés qui se brouillent souvent avec le pouvoir à cause de cette injustice, les petits renards dans les administrations locales ne s’empêchent pas de profiter des miettes qui tombent de la table des puissants. Ainsi la population sur les collines subit incessamment des harcèlements, et les intimidations de les traduire devant les juridictions gacaca sont devenues leur quotidien. Vous refusez de collaborer dans une affaire louche qui profite au maître de la colline, vous êtes taxé sur le champ de l’idéologie du génocide. Effectivement, il y a une bonne portion de personnes emprisonnées dans de telles circonstances, et qui subissent des sévisses sans précédent dans les prisons mouroirs. Oui, il y a un prétexte pour pousser quelqu’un à ne rien dire, ne rien réclamer suite à une injustice: c’est l’idéologie du génocide, dans lequel tout Rwandais resté au pays après l’indépendance est supposé avoir évolué. Seule une partie de la population qui s’est retirée du Rwanda  avant l’indépendance semble être exemptée de ce « crime commun! » En plus, comme le pouvoir se trouve dans les mains de ces compatriotes évolués en dehors du pays, c’est comme si les Rwandais de l’intérieur, ayant conquis l’indépendance du pays puis jeté les bases nécessaires pour le Rwanda moderne, n’ont plus rien à dire. Leur histoire étant résumée à la simple notion de l’idéologie génocidaire, c’est comme s’ils étaient une foule inutile et corvéable à merci! Ainsi l’arrogance de certains vient de réduire à rien l’indépendance du Rwanda. Le reste de la population, à part les anciens réfugiés, n’a rien à dire pour tout ce qui concerne l’avenir du pays.

 

Quand ce sont les absents qui s’arrogent le droit de faire répéter la leçon!

 

En réduisant l’oeuvre du Rwanda indépendant à la seule idéologie génocidaire, on réduit à néant tous les efforts fournis par tout un peuple dans une abnégation remarquable. Le Rwanda indépendant par les efforts de développement de sa population, a tracé les lignes pour une certaine histoire. Celle-ci ne peut pas être effacée pas la seule volonté d’un intrus armé. Il faut le dire, les Rwandais ont acquis une expérience variée, mais ce ne sont pas aux Rwandais anciens réfugiés de s’accorder le droit d’écrire l’histoire qu’ils n’ont pas vécue.

 A la plupart de certains compatriotes, restés à l’étranger après l’indépendance du Rwanda, est caché quelque chose qu’ils ne sauront peut-être jamais découvrir. Pourtant ce qui liait les Rwandais restés à l’intérieur entre eux, dépassait de loin ce qui pouvait  servir de référence aux Rwandais ayant fui le pays après la révolution de 1959. C’est justement parce qu’ils ne sont pas à mesure de saisir ce qu’a pu vivre le peuple de l’intérieur que toutes leurs démarches ont conduit et continuent toujours à conduire aux catastrophes. Les nouveaux conquérants du Rwanda contraignent les autres à la situation de « sourd muets », mais c’est en fait dans leur camp qu’on trouve des carences notables. Ils vont d’étonnement en étonnement, quand ils remarquent  que le peuple ne leur est pas totalement soumis. Ils ne comprendront jamais cette attitude. Il y a eu une révolution au Rwanda, et ils sont les seuls à ne pas se rendre compte de cette réalité! Pourtant le peuple lui comprend. Les choses ont évoluées depuis au Rwanda et le pays indépendant  fut l’autre que celui que connurent leurs ancêtres. Ce n’est pas l’évocation pure et simple de l’idéologie du génocide qui pourra changer cette situation, c’est l’histoire et ceux qui l’ont vécue savent faire preuve d’esprit de discernement. Les tenants du pouvoir peuvent toujours comparer une partie de peuple rwandais aux juifs, mais la constatation que la population est asservie contredira tout fondement à cette fausse comparaison. Ce n’est pas les armes qui imposeront pour toujours le silence, puisque ce qui n’est pas dit publiquement suite à l’oppression est répété sans cesse intérieurement!

 

Le peuple ne demande que l’ouverture!

 

En 1990, les Rwandais ayant fui le pays avant son indépendance décident de lancer une attaque armée. Leurs revendications de regagner leur patrie sont fondées. Les Rwandais restés à l’intérieur entament déjà à cette époque une autre étape de démocratisation. Ils se décident pour le pluralisme politique. Malgré qu’ils trouvent inconvenante une attaque armée juste au moment où les choses se mettent en ordre, ils tendent toutefois la main à l’assaillant. Les revendications des rebelles sont prises en compte. Beaucoup des membres des partis très engagés à la démocratisation du pays sont reprochés de leur main trop tendue. Certains le payent même de leur vie. Finalement les exactions de l’assaillant de  tardent pas à démontrer sa mauvaise foi. La main trop tendue fut elle même abusée. L’assaillant préfère ignorer tout simplement l’histoire vécue à son absence. Son attitude consiste principalement à réduire au silence tout ce qui contrarie son but ultime, à savoir la prise du pouvoir à l’insu de tout les autres acteurs politiques. Cette attitude devait comme nous l’avons vécu, conduire à l’irréparable, au génocide. Mais les leçons sont loin d’être apprises! Le conquérant du Rwanda continue purement et simplement son entreprise d’ignorer que les autres ont pu avoir une histoire qui leur est propre. Il affuble à tort et à travers tout élément indésirable d’un vocable gratuit: l’idéologie du génocide. Il croit ainsi maîtriser le peuple rwandais qui doit à tout moment subir la mort ou la prison s’il ose manifester une opinion divergente au système avilissant!

 

Le Rwandais d’aujourd’hui qui se trompe toujours, nourrit l’illusion que le conflit a pris fin avec la prise du pouvoir par la force. Ce pouvoir qu’il mène sans partage contredit déjà les acquis de l’indépendance du Rwanda. Ce qui fait que la prise du pouvoir par le FPR n’a plutôt que marqué l’étape décisive de conflit rwandais. Si l’usurpateur du pouvoir continue à s’illusionner que réduire le peuple rwandais au silence suffit pour assurer la pérennité à son régime, il s’est trompé et il continue à se tromper. La prise du pouvoir dans de telles circonstances ne signifie rien d’autre que la déclaration d’une guerre totale au peuple rwandais! Et si il n’ y a toujours aucune volonté d’ouverture et de dialogue, c’est un signe évident  que cette guerre est loin d’être terminée.

C’est à toutes les personnes de bonne volonté de continuer à demander que le régime de Kigali soit raisonnable et qu’il épargne au Rwandais d’une autre catastrophe. L’attitude la plus exécrable dans cette situation serait de boucher les oreilles aux revendications du peuple pour plus de justice. Plus le gouvernement se manifeste injuste contre la population, plus l’imminence d’une catastrophe nationale se montre à l’horizon. Les sots sont ceux qui penseraient que la solution serait d’étouffer des voix qui décrivent la réalité que le peuple rwandais est en train de vivre! Ce n’est pas que l’autruche cache sa tête dans le sable qu’il empêche une catastrophe prévisible de se produire. Le peuple ne demande que l’ouverture et la prise en compte de ses doléances, et rien d’autre! Il faudrait accorder au peuple ses droits et surtout son droit d’expression, c’est la seule voie de préserver le pays contre un nouveau malheur. Dans le cas qui nous concerne, le danger serait plutôt de vouloir étouffer les voix dans une situation si explosive, ce qui ne peut que renforcer l’ampleur des dégâts. Beaucoup de situations fâcheuses peuvent bien se décanter si l’on prend la ferme résolution de dialoguer là dessus petit à petit. Vive le peuple rwandais!

 

Théophile


Theo

Est-ce que le MDPR ( parti dissout en l'an 2013), aura joue un role, si minime qu'il soit, dans la comprehension du probleme rwandais et dans l'avancement pour la recherche des solutions? C'est a chacun de juger. De toutes facons, notre action n'aura pas tout a fait passe inapercu! Sans politique ou en politique, nous continuerons a lutter pour la liberte, la verite et la reconciliation, ainsi que pour l'instauration d'un etat de droit au Rwanda. Selon Sylmpedia: "Mouvement Démocratique du Peuple pour la Réconciliation (MDPR- INTIGANDA) Drapeau du MDPR Fondé le 13 Décembre 2009 par l’Abbé Théophile Murengerantwari. Ancien "titulaire" de l’Evêché de Cyangugu, exilé en Allemagne ou il a basé son mouvement issu d’une scission avec le RMC. Il soutient le retour du Roi Kigeri V et un nouveau référendum sur la question de la restauration de la monarchie. Il s’est prononcé en faveur la candidate Victoire Ingabire Umuhoza, leader du Front Démocratique Unifié (actuellement mise en résidence surveillée pour tentative de déstabilisation du pays et négation du génocide depuis Avril 2010) qui n’a pu participer à l’élection pluraliste du 9 Août 2010. Très actif, le MDPR émet régulièrement des communiqués sur son site et participe à des manifestations contre le gouvernement rwandais du Président Kagamé." http://www.sylmpedia.fr/index.php/Parti_royaliste_Rwandais

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