- De 1959-2009 : 50 ans après, le bas peuple rwandais est encore tenu en esclavage.
Il y a juste 50 ans, nos parents, nos arrières parents ont dit non à l’injustice sociale, non à l’inégalité sociale, non à l’exploitation du petit par le grand, non à la politique coloniale, non au système monarchique absolue, et ont opté pour le Rwanda libre, indépendant dans une République démocratique.
Le manifeste des bahutu ne contenait rien d’ethnique. Les barwanashyaka voulaient l’abolition du système d’ubuhake et le remplacer par l’égalité de tous consacrée par le texte soigneusement conçu et rédigé.
Le manifeste des bahutu avait à cœur l’idéal d’une égalité des rwandais, hutu, twa, et tutsi dans toute la vie des citoyens. Il promettait à tout le peuple rwandais la liberté, la justice et l’union des trois ethnies composantes du peuple rwandais.
Ces belles paroles, cette volonté ferme, n’ont pas suffi pour rassurer tout le monde, ni à donner aux twa, aux hutu et aux tutsi de toutes les régions, hommes et femmes confondus, de leurs droits, devoirs, et dignité entant qu’enfant d’une même nation le Rwanda.
Malheureusement, ces belles paroles, ces promesses, n’ont pas été non plus, pour des raisons diverses, parfois indépendantes de la bonne volonté des initiateurs, concrétisées dans les actions.
Aujourd’hui, les rwandais se retrouvent à la case départ après des milliers de vies humaines sacrifiées sans raison.
Le chemin est encore long pour avoir le Rwanda plein de justice, où tous les citoyens sont égaux devant la loi, où chaque citoyen est libre dans son propre pays, où chacun se soucie du sort de chacun et où les conditions de mener une vie sûre sont réunies.
Il est temps de prendre conscience
Il est temps de prendre conscience que, seuls les rwandais devons résoudre nos problèmes. Nous n’avons pas droit de rester esclave du passé. Sans toutefois l’ignorer, nous devons bâtir un avenir meilleur pour nos enfants, pour nos petits enfants.
Nous n’avons aucune excuse de continuer à assister les destructeurs de notre pays, de nos familles, de notre tissu social, du peuple rwandais, de notre culture, des valeurs de notre société et de nos ancêtres.
Nous ne devons pas rester ligotés par les haines, les intrigues, l’esprit revanchards, la mesquinerie, entretenus pas des rumeurs parfois propagés sans preuve ni vérification, et entretenus sciemment par ceux qui profitent de notre division.
Même si nous sommes nés des régions différentes du Rwanda, même si nous appartenons dans des groupes sociaux (hutu, twa, et tutsi) différents, et que nos parcours et nos souffrances sont différents, nous avons les mêmes espoirs, le même objectif : cohabiter pacifiquement et librement dans notre cher patrie le Rwanda.
Soyons fier de ce que nous sommes.
A travers les conversations quotidiennes, les messages sur internet, les interventions de tout un chacun à n’importe quelle occasion, on constate que tous les rwandais, à quelques exceptions près, veulent enterrer la hache de guerre. Les rwandais veulent la paix, ils veulent l’unité, le développement harmonieux, propre et durable de leur pays.
Personne n’a envie de renier ses origines ethniques, de renier sa région natale.
Dans notre société, c’est le père biologique ou adoptif qui donne l’appartenance ethnique. Tu es hutu ou tutsi parce que tu es né d’un père hutu ou d’un père tutsi même si votre mère est du même ou d’une autre ethnie. Personne n’a fait cette demande. Personne n’a le droit de renier ses parents. Soyons plutôt fier de ce que nous sommes.
Au-delà de cette appartenance biologique, chaque rwandais a reçu une éducation de ses parents, de sa famille, de sa société. Nous sommes tous le produit de la société rwandaise.
Aucun rwandais ne doit être traité d’ennemi
Nous devons avoir le courage de reconnaître l’existence réelle et cruciale de deux problèmes dans notre société :
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- Problème entre le Nord et le Sud, communément appelé, problème Kiga –Nduga.
- Problème Hutu-Tutsi.
Les hutu et les tutsi ne sont pas des ennemis. De même, les citoyens du nord du Rwanda dénommés Bakiga, ne sont ennemis des citoyens du sud du Rwanda dénommé Banyenduga.
Nous avons un problème de gestion de notre société : Problème de gestion du pouvoir.
Notre ennemis à tous, c’est la pauvreté, c’est le problème d’éducation de nos enfants, c’est l’avenir incertain de nos enfants, le niveau de vie médiocre de la population faute d’emploi rémunérateur sûr, le manque de liberté fondamentale, la peur du lendemain, l’esclavage du mensonge, de la jalousie, et des rumeurs, etc…
Notre histoire doit nous servir de leçon
L’histoire ne nous a rien enseigné. La discrimination par laquelle les dignitaires tutsi d’avant 1959 empêchaient les enfants hutus d’aller à l’école, privaient la propriété à leurs parents pour l’appauvrir davantage, les exploitaient en les obligeant à travailler gratuitement pour les chefs, par laquelle on les empêchait à accéder à la richesse, à l’emploi rémunéré, sont exactement les mêmes méthodes utilisées aujourd’hui par les dignitaires du FRP pour exactement le même objectif : Ecraser davantage les rwandais d’ethnie hutu à travers la discrimination « légale » :
-Seuls les enfants des rescapés du génocide (tout tutsi est rescapé, même s’il n’était
- pas au Rwanda pendant la tragédie rwandaise) ont le droit aux frais et à l’équipement
scolaire au moment où les orphelins d’ethnie hutu, même si leur parents ont été
assassiné pendant la tragédie rwandaise, n’ont droit à aucune assistance, alors que les
deux enfants sont orphelins d’un même pays le Rwanda. Ils sont contraints à quitter
l’école malgré leur capacité intellectuelle. A vous de tirer la conclusion sur les conséquences
inévitables.
- -Seuls les hutu sont jugés pour les actes de génocide, de crime contre l’humanité, d’idéologie du
génocide par les juridictions gacaca, par les juridictions ordinaires du Rwanda, par les juridictions
des pays soutenant inconditionnellement le régime du FPR et par le Tribunal d’Arusha, comme si
les hutu sont criminel par nature. Le combat entre hutu et tutsi a toujours fait des victimes de deux
côtés qui méritent tous la justice réparatrice. Le sang hutu et le sang tutsi sont les deux de couleur
rouge.
-La vente aux enchères des biens et propriétés des hutus pour réparer le préjudice présumé subi par
les tutsi après une parodie de justice, devant une juridiction gacaca qui n’a aucune honte de
prononcer la peine d’emprisonnement à perpétuité contre l’accusé sans avocat, sans motivation de
la décision par de simple citoyen sans aucune notion élémentaire de droit, dans un pays dit de
droit, est une situation dont les conséquences sont extrêmement maléfiques pour tous les rwandais.
- -L’utilisation des hutu dans des travaux d’intérêt général (TIG) au bénéfice d’un groupuscule au pouvoir et dans des conditions humiliantes, sous la supervision d’un hutu de service est un geste cynique décrié même par des bénéficiaires de ces services, mais dont personne n’ose dénoncer à haute voix.
- -Suppression pure et simple de l’usage du français, mesure anticonstitutionnelle, toujours dans le souci de casser toutes les générations de rwandais, à majorité hutu et des tutsi qui ont été formées dans des écoles et universités belges, françaises, et privilégier ainsi un groupe de rwandais venus des pays anglophones, principalement de l’Ouganda où le Président actuel Monsieur Paul Kagame était refugié est une preuve suffisante que l’intérêt supérieur du peuple est le cadet des soucis du pouvoir actuel.
- Le génocide rwandais suffisamment planifié et exécuté méthodiquement est en cours.
- Cet écart de traitement au niveau du travail, de l’éducation, de la justice, des richesses du pays, entre hutu et tutsi et la concentration des richesses dans la ville de Kigali où réside l’élite tutsi seuls bénéficiaires d’emploi rémunérateur, de crédits de tout genre, au détriment de la campagne où réside les hutus et les tutsi de la classe inférieure qui croupissent dans la misère, est un moyen très efficace pour empêcher la transmission de la richesse et du savoir aux générations suivantes.
- Le groupuscule au pouvoir est rassuré que le pouvoir restera pour toujours entre les mains des seules personnes. C’est le vrai génocide rwandais suffisamment planifié et exécuté méthodiquement.
- La honte et la frustration des parents dans les familles appauvries, de subvenir aux besoins élémentaires de leurs enfants contribue efficacement à défaire les liens de famille.
- Les conséquences de ce phénomène sont néfastes. Cette situation de familles disloquées est actuellement présente dans des familles des ressortissants rwandais vivant, contre leur gré, dans des pays de l’Europe et d’Amérique du nord. Ce manque de lien familial a grandement accéléré les divorces, les séparations des enfants avec leurs parents, la délinquance juvénile et l’irresponsabilité de certains parents.
- A cause de la discrimination, nombreux sont ceux qui ont sombré dans la misère, dans l’incertitude, et dans le désespoir. Mais il y a des hommes et des femmes, malgré les conditions extrêmement dures qui sont parvenus à défier le sort et qui ont opté pour la résistance.
- Il vous est demandé de persévérer, de renforcer la résistance, puisque la volonté finit par triompher. Redoublez votre vigilance car « la patience est un arbre dont les racines sont amères, mais dont les fruits sont très doux » (Maxime persane).
- Ceux qui ont été vaincus, sont souvent tombés dans le piège de la provocation. Des milliers d’innocents croupissent dans les prisons sans savoir pourquoi ils sont incarcérés. Leur conscience est toujours tranquille et ils en souffrent. Ils n’auront jamais de réponse, ni réparation de ce préjudice subi à cause de cette injustice.
- Avec leurs enfants, ils vont garder en mémoire cette humiliation sans raison. La peur du lendemain sera toujours présente et va toujours se manifester par la colère et l’amertume.
- Nous devons avoir peur des conséquences inévitables de cette colère et frustration
- Cette colère ne sera jamais publique de peur de la répression sauvage du pouvoir. Dans notre vie privée, entre amis, autour d’un verre, dans des familles, on attend toujours des gémissements et des lamentations. C’est cette situation qui est exploitée négativement par les « hommes politiques » pour gagner la confiance des faibles.
- Voilà ce qui permet le pouvoir actuel de Kigali d’exploiter le génocide comme un fonds de commerce juteux pour le groupuscule détenteur du pouvoir, souvent au détriment des vraies victimes.
- C’est dans cet esprit que, sans aucune ambition personnelle, je me suis arrogé le droit d’adresser au Président de la République du Rwanda Monsieur Paul Kagame, un courrier pour lui demander d’user de son pouvoir absolu qu’il détient et de ses compétences, pour supprimer lui-même le système injuste fortement décrié. Je n’ai pas eu de suite. La réalité reste que le peuple rwandais a besoin de la délivrance.
- Partout où nous sommes, dans notre vie quotidienne, l’exploitation de nos origines ethniques et régionales reste vivace et ça nous détourne de nos vrais et réels problèmes.
- Cette situation nous empêche d’affronter honnêtement la responsabilité de chacun de nous pour que nous puissions préparer un avenir souriant pour nos enfants et nos petits enfants par changement de mentalité.
- Nous sommes tous témoins, la colère est réelle et partout chez tout rwandais malgré les motifs, les raisons et les prétextes différents.
- Il y a ceux qui pensent ou croient que cette amertume va disparaître purement et simplement avec le temps. C’est une erreur d’appréciation.
- Les hutus sont très en colère d’être accusés globalement de génocidaires, de l’injustice sans nom, de l’humiliation au quotidien, et de la perte d’espoir pour eux et pour leurs enfants.
- Plusieurs prétextes sont avancés pour évincer et exclure les hutu et les tutsi non adhérant à l’idéologie de domination d’un groupe social sur l’autre, dans la gestion de leur propre pays.
- La notion de génocide, arme efficace utilisée malicieusement par le pouvoir, n’a plus de signification juridique originaire. Il est actuellement étendu le plus loin possible pour couvrir tous les indésirables, hutu et tutsi confondus.
- Ce crime s’étant actuellement sur toute la population rwandaise, y compris les victimes. Celui qui n’est pas directement coupable de génocide, aurait en soi son idéologie. Celui qui serait né de parents hutu après 1994, serait né déjà dans son esprit.
- Une colère similaire règne chez les tutsis qui ne font pas partie du cercle du pouvoir. Certains tutsi, toutes les catégories confondues, n’ont pas l’impression d’être spécialement favorisés par leur appartenance ethnique, que ça soit du temps de la monarchie, que ça soit sous le régime du FPR.
- Un tutsi qui ne peut pas être accusé de génocide de tutsi, mais qui ose critiquer les dérives du pouvoir, ou qui ose se poser la question à propos de l’avenir incertain du Rwanda et de ses enfants, il est révisionniste, négationniste ou tout simplement voleur.
- De même, pendant la première République, certain hutu du sud du pays n’avaient pas l’impression d’être privilégiés par rapport aux ressortissants du nord du pays par ce seul fait qu’ils sont originaires du sud.
- C’est exactement identique pour les ressortissants du nord du Rwanda pendant la deuxième République, la grande majorité de la population ne se sentait pas favorisée parce que tout simplement sont natifs du nord.
- Comme partout ailleurs, les hommes et les femmes politiques rwandais ont exploité et exploitent toujours la peur des rwandais. C’est l’une des raisons pour laquelle le Président du Rwanda Monsieur Paul Kagame ne parle jamais de paix. Tout son discours est centré sur la sécurité.
- Tout rwandais est terrorisé
- Le pouvoir de Kigali cultive et entretien la peur, la haine et l’esprit de vengeance. Le Rwanda est devenu un pays de la peur. La population est placée dans une totale dépendance et réduite au silence. Nul ne peut oser dénoncer des abus du système incarné par le FPR. Un groupuscule de tutsi au pouvoir et de hutu de service parviennent à maintenir en position de subalterne la population hutu majoritaire de 84% et le plus grand nombre de tutsi manipulés et aveuglés par un sentiment d’appartenance ethnique.
- Ne soyons pas lâches, Soyons plutôt maître de notre destin
- Pour éviter l’élargissement d’un fossé déjà profond entre les hutu et les tutsi d’une part, et entre les bakiga et les banyenduga d’autres part, nous devons faire des efforts de reconnaître et de comprendre que ces colères et rancœurs des uns et des autres sont parfois de causes légitimes.
- Nous devons sortir d’une impasse ethnique et régionale où nous restons enfermés depuis des années.
- Nous n’avons pas beaucoup de choix. Le Rwanda est notre chère patrie. Nous avons l’obligation de cohabiter pacifiquement dans notre pays le Rwanda, et participer activement à sa gestion.
- Nous devons nous dépasser et avoir le courage et la volonté de panser nos vieilles blessures.
- Pour le groupe social hutu dont je suis fier de faire partie, nous devons accepter les fardeaux de notre passé sans en devenir les victimes. A l’instar des barwanashyaka, les hutu et les tutsi, tous victimes, nous devons assumer pleinement notre responsabilité et continuer la lutte pour atteindre une pleine justice dans tous les aspects de la vie rwandaise.
- Nous ne devons plus succomber au désespoir et au cynisme. Au contraire, nous devons être maîtres de notre destin. Nous devons croire que notre société doit radicalement changer. La haine, la vengeance, les rancœurs doivent céder place à l’amour, à la concertation, et à la complémentarité.
- Ayons le courage de reconnaître nos erreurs du passé et de demander pardon.
- Même le meilleur des gestionnaires est condamné à faire des erreurs. S’il n’en fait pas, quel genre de décision prend-il ? Quand vous prenez une initiative ou quand vous avez une portion de responsabilité, vous êtes appelés à prendre une décision. Sachez qu’elle est souvent risquée. Quand ça fonctionne, vous êtes un héros. Mais quand ça tourne mal, vous êtes diabolisé.
- Tous les rwandais, les hutu, les tutsi, les twa, les bakiga, les banyenduga, ont droit et le besoin de se réconcilier.
- La réconciliation est possible si nous acceptons de nous pardonner réciproquement. Il nous faut une analyse positive et objective des erreurs du passé pour bien préparer l’avenir de nos enfants. Ce pardon est réalisable. J’y crois fermement. Nous devons accepter un dialogue sans tabous où nous allons valoriser ce qui est positif, et mettre en place les mécanismes nécessaires, pragmatiques et réalistes, pour ne plus retomber dans les mêmes erreurs. Nous sommes détenteurs de ce droit. C’est à nous de l’exercer.
- Aucune ethnie n’est supérieure à l’autre
- Pour les membres du groupe social tutsi, la cohabitation pacifique avec les hutu suppose de reconnaître que ce qui fait souffrir les membres du groupe social hutu n’est pas le produit de l’imagination, n’est pas non plus l’idéologie génocidaire, mais plutôt l’héritage de la discrimination, du dénigrement, et du traitement cruel des hutu du temps de la monarchie et sous le régime actuel du FPR. Ces pratiques qui minent la paix et la cohabitation pacifique ne seront pas combattues uniquement par les mots mielleux, mais par des actes concrets.
- Tous les citoyens doivent être traités de la même manière. Tous les droits civiques doivent être respectés pour tous. La justice doit être équitable pour tous. Nous devons donner à nos enfants, à nos petits enfants les chances égales en investissant dans l’enseignement de qualité, sans distinction entre les orphelins rescapés du génocide et des autres enfants rwandais orphelins.
- Les rwandais doivent intégrer dans leur raisonnement quotidien et comprendre que les rêves des uns ne doivent pas se réaliser au détriment des rêves et espoirs des autres.
- Nous devons trouver ensemble, Hutu, Twa, et Tutsi, du nord, du sud, du centre, de l’est et de l’ouest, un dénominateur commun qui nous rassemble, et devons faire en sorte que la vie politique des rwandais, peu importe la forme ou le partie au pouvoir reflète cet état d’esprit.
- Si nous parvenons à mettre de côté ces sujets de diversions susmentionnés, il nous sera possible et bénéfique de parler de vrais problèmes de notre pays le Rwanda, et bâtir ensemble une famille, une société où tout rwandais doit se sentir chez lui.
- Tous ceux qui n’ont pas renoncé à l’idéal républicain et d’une cohabitation pacifique de toutes les composantes du peuple rwandais ont à faire ensemble. Pas les uns sans les autres. Et pas les uns contre les autres.
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- Main dans la main et marchons vers la paix durables.







Avez-vous eu le temps de lire et de relire cet article si enrichissant?