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Le rêve d’un empire caduque au Rwanda

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Le rêve d’un empire caduque au Rwanda

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La Grenouille qui se veut faire aussi grosse que le Boeuf

    Une grenouille vit un boeuf
Qui lui sembla de belle taille.
Elle, qui n’était pas grosse en tout comme un oeuf,
Envieuse, s’étend, et s’enfle, et se travaille,
Pour égaler l’animal en grosseur,
Disant : « Regardez bien, ma soeur ;
Est-ce assez ? dites-moi ; n’ y suis-je point encore ?
- Nenni. – M’ y voici donc ? – Point du tout. – M’ y voilà ?
- Vous n’en approchez point. » La chétive pécore
S’enfla si bien qu’elle creva.

Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages :
Tout bourgeois veut bâtir comme les grands seigneurs,
Tout petit prince a des ambassadeurs,
Tout marquis veut avoir des pages.

Jean de La Fontaine (1621-1695), Fables (livre I,3)

 


 

 

« Une grenouille qui rêvait de devenir un boeuf », dirait Jean de la Fontaine s’il avait vécu notre époque. Au risque pour notre grenouille d’éclater finalement en mille morceaux, et c’est ici une question de moralité. Du pain et les jeux, réclamait le peuple romain vers la fin de l’empire historique. Et au peuple rwandais aujourd’hui ne pas réclamer seulement du pain, mais aussi et surtout d’une peu de paix et de justice! Car, c’est en vain que le leadership rwandais tente de proposer le jeu pour essayer de calmer les esprits. Mais quand l’eau déborde, ce n’est pas à la diversion de pouvoir arrêter l’érosion. Puisque les coeurs grondent, et le peuple demande avec raison de quoi survivre, et surtout pouvoir survivre dans un climat de paix et de justice. Les autorités quant à eux, bouchent les oreilles. Eux et leurs enfants ont de quoi manger en suffisance. Leurs enfants fréquentent les meilleures écoles occidentales, tandis que ceux du petit peuple se contentent d’un système d’enseignement totalement chambardé. Au moment où les parents trouvent avec grande peine les frais de scolarité, la jeunesse est tenue de se satisfaire d’une formation médiocre. Comme si cela ne suffisait pas, l’autorité propose une formation traditionnelle, ou la jeunesse du parti nommée « Intore » fait l’apprentissage de la guerre avec des fins de ne jamais plus penser à autre chose. C’est comme cela qu’un système d’aliénation conçoit l’avenir de notre petit pays qui doit nourrir sans cesse les rêves de puissance!

 

Ce souci constant de vouloir détourner le public de l’essentiel!

 

Quel est le sens de vivre actuellement au Rwanda pour la population? La traversée du désert touchera-t-elle un jour à la fin? Ce sont les questions que se posent aussi nombreux observateurs face au conflit qui n’en finit pas de faire ses victimes, suite à une vision bizarre que les autorités ont du pays. Le peuple a soif de paix et de justice, et la réponse des leaders est la même: Faire marche arrière, retourner à la condition d’esclavage, puisque l’avancée pour la paix et la liberté s’avère impossible. Les prétextes pour ce retour en arrière sont multiples: la quantité des morts due à l’hostilité du désert rwandais. La terre aride s’annonce comme ne pouvant jamais promettre de l’eau et du pain. Le peu de moyens qui s’offre, c’est pour gaver les panses des autorités, afin qu’ils puissent disposer de la force afin de donner l’incessant coup de fouet dans cette marche arrière. La consigne est de ne jamais permettre personne à rêver  de reprendre le chemin de la liberté. Ainsi les injustices sont tenues à être supportées. L’esclavage, l’esclavage, voilà la destinée du Rwanda nouveau. Au moins le servage, d’après nos tyrans, pourrait offrir un peu d’eau et de pain. Par conséquent  l’oppression semble être préférable à l’aridité du désert.

 

Peuple découragé et puis détourné de sa noble destination vers une terre de liberté, dirait-on. Quel est le sens de la vie dans un pays déterminé à faire marche arrière vers l’esclavage. Les dirigeants aveugles pensent peut être qu’ils pourront une fois conquérir le monde entier et éviter de justesse l’oppression des nations! Quelle sottise! Les entreprises multinationales peuvent offrir une peu de pain aux mauvais leaders afin qu’il puissent contraindre le peuple à accepter l’oppression, mais les intérêts ne sont pas les mêmes. Une fois le peuple totalement asservi, ces maîtres insensés ne pourront plus jamais nourrir des idées de domination. Ils auront fait du tort au peuple entier, et il ne jouiront jamais les fruits de leur folie. Puisque un peuple esclave, ce sera tout le monde, et cette prétendue élite qui aliène la population ne fera pas exception.

 Mieux vaudrait donc supporter cette aridité de la traversée du désert rwandais, tout en espérant les jours meilleurs, le moment de permettre le peuple de vivre libre enfin. Qui sait? Une manne pourrait tomber du ciel ou bien l’eau jaillirait du rocher. Les peines du peuple seront allégées et le regain d’énergie fournirait du courage pour avancer afin de créer un état de droits!

 

« Le dieu qui provoque les disettes, c’est le même qui donne les moyens de les combattre »

 

Les Rwandais croiraient-ils toujours à certains éléments de leur sagesse? Que « Imana itera amapfa ariyo itera n’amahahiro« , nos ancêtres y ont toujours cru. Il arrivait souvent que le climat tropical soit ingrat et que les besoins, en eau surtout, se faisaient cruellement sentir. Le Rwandais ne s’est jamais découragé pour autant. Il croyait que quelque part ailleurs le climat soit propice et qu’il y a moyen pour un chef de famille d’entreprendre un grand voyage, afin d’apporter ce qui pouvait manquer au ménage au temps de disette. Cette persévérance se payait finalement, et le moment venu la pluie se mettait de nouveau à tomber.

 

Justement c’est la persévérance qui manque au Rwandais d’aujourd’hui à cause des mauvais leaders. Aucune personne raisonnable ne penserait que ses propres manques seraient comblés à l’aide de ses méthodes d’asservir les autres, ou de multiplier les prisons, les travaux forcés ainsi que beaucoup d’autres instruments de servitude.

 

A quoi servirait de penser que sa propre protection viendrait avec l’écartement pur simple de tous les éléments gênants! Et quand on pense que les prétendus éléments gênants puissent être des créatures humaines, cela pose un sérieux problème de moralité. Vouloir vivre, manger, s’habiller, construire au moment où les autres croupissent dans la misère ou bien qu’ils souffrent de la rudesse des chaînes, cela relève d’un pur sadisme. A quand comprendrons-nous que l’altruisme pourrait porter plus de fruits que l’égoïsme ?

 

Il faut peu d’effort pour vivre mieux dans notre petit pays

 

« Aho umwaga utari uruhu rw’urukwavu rwisasira batanu« , dit la sagesse rwandaise. Comme pour dire que la peau du lièvre est la plus petite qui soit, mais qu’avec la paix et la cordialité, même la rareté des biens n’empêche pas de dormir. Que cherchons-nous au fait au Rwanda, en voulant acquérir tous les biens des pays voisins, et croyant avec ces acquis construire notre petit pays ? A quoi beau vouloir assurer la puissance passagère de notre petite terre, tout en semant la mort et la désolation partout, tout en asservissant notre propre peuple?

 Les défis auxquels le Rwanda fait face aujourd’hui devraient être levés par la reprise du chemin de la liberté, plutôt que par la poursuite du  rêve de puissance qui ne nous amènera nulle part. La liberté, la liberté. Voilà ce qui devrait être notre but. Et celle-là ne signifie pas enfreindre les droits des autres. La liberté s’acquiert quand personne d’autre n’est frustré dans ses droits. Ce n’est pas la quantité des biens que nous possédons qui nous donne l’assurance de liberté. Aussi longtemps que nous serons, comme pays, accusées da marcher sur les libertés des autres et de réduire notre peuple à la servitude, nous pourrons nous prétendre certes peut être une nation puissante, mais jamais une nation libre.

Une bonne orientation de nos visées s’avère incontournable à cette époque tragique que nous continuons de vivre. Le peuple réclame un peu de justice, et du pain suffisant pour pouvoir continuer son chemin vers la liberté. C’est seulement vers cet objectif que devraient regarder nos dirigeants. Si ceux-ci persistent à vouloir conduire le peuple vers la servitude et la perdition, ils se seront rendus indignes de conduire le peuple rwandais. Ils devront démissionner de leur fonction dont ils ne sont pas à mesure d’assumer, sinon ils y seront contraints par le destin.

 

Théophile.

 

Encore plus de commentaires!

 

Theo

Est-ce que le MDPR ( parti dissout en l'an 2013), aura joue un role, si minime qu'il soit, dans la comprehension du probleme rwandais et dans l'avancement pour la recherche des solutions? C'est a chacun de juger. De toutes facons, notre action n'aura pas tout a fait passe inapercu! Sans politique ou en politique, nous continuerons a lutter pour la liberte, la verite et la reconciliation, ainsi que pour l'instauration d'un etat de droit au Rwanda. Selon Sylmpedia: "Mouvement Démocratique du Peuple pour la Réconciliation (MDPR- INTIGANDA) Drapeau du MDPR Fondé le 13 Décembre 2009 par l’Abbé Théophile Murengerantwari. Ancien "titulaire" de l’Evêché de Cyangugu, exilé en Allemagne ou il a basé son mouvement issu d’une scission avec le RMC. Il soutient le retour du Roi Kigeri V et un nouveau référendum sur la question de la restauration de la monarchie. Il s’est prononcé en faveur la candidate Victoire Ingabire Umuhoza, leader du Front Démocratique Unifié (actuellement mise en résidence surveillée pour tentative de déstabilisation du pays et négation du génocide depuis Avril 2010) qui n’a pu participer à l’élection pluraliste du 9 Août 2010. Très actif, le MDPR émet régulièrement des communiqués sur son site et participe à des manifestations contre le gouvernement rwandais du Président Kagamé." http://www.sylmpedia.fr/index.php/Parti_royaliste_Rwandais

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2 Commentaires

  1. Shimamungu

    5 août, 2009 à 4:30

    Bravo, ton blog est beaucoup mieux présenté. J’adore tes articles de fond.

    Répondre

  2. Théophile

    5 août, 2009 à 8:16

    Cher Eugène,

    Merci bien pour le compliment. J’aurais aimé que ce soit plus personnalisé, mais je n’ai pas encore trouvé toutes les astuces. J’ai constaté ces derniers temps des visites de quelques Inyangabirama qui veulent saboter le blog dans le moteurs de recherches, mais je crois que j’ai trouvé le moyen de lutter contre le fléau. Je te souhaite une bonne journée, et je vais jeter tout de suite un coup d’oeil chez toi pour voir si il ne serait pas tombé par hasard un billet d’humeur!

    Théophile

    Répondre

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