Accueil Société Quelle vision pour le Rwanda?

Quelle vision pour le Rwanda?

0
0
153

Quelle vision pour le Rwanda?

 175643367o4714479891.jpg

 Ils remarquent finalement que le peuple meurt de faim!

  »Je ne comprends pas comment à notre époque, un adulte peut être atteint de kwashiorkor! » Un constat étrange pour un chef s’étant assigné de l’objectif de développer son pays et ne cessant pas de se glorifier du pas franchi en matière de développement. Oui, les bonnes paroles deviennent le pain quotidien pour la population, tandis que les actes concrets se traduisent par la faim et la misère de cette même population. Eh bien, oui, 20 ans auparavant, c’était le même constat amer: « Comment mes subalternes m’ont toujours caché que le peuple était en train de mourir de faim? » Comment? La réponse est simple! Celui qui se serait hasardé pour montrer que le pays n’est pas en boum de développement, aurait reçu un traitement proportionnel à son acte d’audace. Et quand les subalternes en arrivent à révéler aux maîtres que des adultes souffrent de « Bwaki« , c’est que les choses en sont à l’extrême, pour ne pas dire « Iwandabaga » comme on s’exprime bien chez nous. Évidemment le révélateur de la situation se dédouane: C’est la faute de ces ignares qui ne sont pas à mesure de se nourrir correctement! Autrement souffrir de Bwaki pour un adulte, c’est pour les responsables un signe que la population est dans l’ignorance totale! Les ministres, les sénateurs et les députés ne sont pas payés dans les millions en raison de leur travail pour sortir cette population d’une idéologie d’ignorance?! Ceux qui sont lavés de l’idéologie du génocide ne développent-ils pas les embonpoints dans le sens positif? Et la masse d’ignorants ne fait que maigrir, mais en gardant le ventre et les joues gonflés, tandis que les cheveux se tiennent dans la position renversée! Oui, c’est justement insupportable, que quelqu‘un de responsable puisse développer le Bwaki à cette époque, où le pouvoir d’achat est censé s’être développé, par le même fait que les hauts cadres sont bien payés, mais…! Où coule-t-il cet argent, si les personnes adultes se permettent de souffrir du kwashiarkor! Voilà pour essayer de comprendre comment nos dirigeants essayent de justifier la faim de la population dans un pays qui clame haut et fort qu‘il est en plein essor de développement.

 Pour nos responsables politiques: servir ou se servir…?

 L’action politique dans notre pays prend petit à petit de l’écart par rapport à la vraie morale politique. Quel est le sens d’exercer la politique, sinon d’essayer dans la mesure du possible de rendre au peuple plus ou moins de prospérité selon les propres capacités,  dons et charismes? Un dirigeant politique est censé normalement être quelqu‘un d’aimable vis à vis du peuple. Le peuple à sa charge n’est pas à considérer comme une bande d’ennemis qu‘il faut soumettre par les moyens de coercition. La valeur d’amitiés entre dirigeants et dirigés devait primer sur les bénéfices qu‘on peut tirer de l’exercice du pouvoir. En d’autres mots, l’abus du pouvoir devrait être écartée avant toutes les autres mesures, qui vont par exemple dans le sens de punir les malfaiteurs. « Aho kwica Gitera, banza wice ikibimutera! ». Le peuple maltraité ne sera jamais un peuple soumis, malgré toutes les formes de coercition que l’on peut employer. Aussi longtemps que les dirigeants ne rassureront le peuple qu‘ils sont là pour leur bien, c’est en vain que les visions du développement communautaire du pays seront projetées. Le progrès qui ne va pas dans le sens du bien du peuple entier sera toujours une illusion.

 

Les souhaits pour exprimer les attentes vis-à-vis du peuple, les encouragements à rester docile et confiant vis-à-vis du pouvoir, et même les promesses de toute sorte, le tout sera frappé de nullité aussi longtemps que le peuple n’obtiendra l’assurance que le pouvoir est exercé dans le sens de son bien. On récolte toujours ce que l’on a semé. Vous semez la haine et la discorde dans la population, le résultat sera toujours l’insoumission. Ce n’est pas parce que vous laissez mourir le peuple de faim que vous allez recevoir de celui-ci la soumission. Souffrir de Bwaki pour un adulte et puis en souffrir en silence est déjà un signe d’insoumission. S’il avait régné la confiance entre dirigeants et dirigés, les choses n’en seraient pas arrivées là l’on constate par hasard que les adultes souffrent de maladies liées à la malnutrition. Déjà les dirigeants qui gagnent de plus en plus en graisse et le peuple souffrant de faim, est un signe que les liens qui unissent le peuple et les tenants du pouvoir  sont coupés depuis longtemps.

 

Et si les personnes en liberté souffrent de la malnutrition, qu‘en est-il de la population carcérale? Si les autorités se rendaient compte qu‘il y a beaucoup d’innocents qui croupissent depuis des années dans les geôles et qui subissent ce régime de malnutrition et d’autres sévices, ils seraient alors conscients du besoin urgent, celui de promouvoir les actes allant dans le sens de la réconciliation. Pourtant une partie de la population est la seule à être touchée particulièrement par les sévices de ce genre! Est-ce cela qui rendra la confiance entre dirigeants et dirigés? Non effectivement! Et alors, quel est le sens de la vraie vision que les hommes politiques ont du Rwanda? Celle de créer une situation d’inimitié incessante entre les deux composantes de la population? Quel est le  sens de la vie que le pouvoir veut donner dans sa vision sur le Rwanda? Le pays où régnera toujours le haine, la peur, le deuil, la tristesse…Une vision bien bizarre pour celui qui se croit faire de la politique!

 Pourquoi ne pas opter pour l’harmonie?

Dans les moments où l’horizon est déjà constitué de grands problèmes, les politiciens devraient se distinguer par l’adoption des grandes solutions. Les Rwanda a connu des situations extraordinairement graves comme le génocide! Alors, des solutions extraordinaires s’imposent aussi pour pouvoir sortir le pays de l’impasse. Vouloir rendre la vie au Rwanda de plus en plus insupportable sous prétexte qu’il y a eu des grandes difficultés au pays, c’est un signe que nous avons des dirigeants qui ne comprennent rien du sens de la résolution des problèmes. Sinon comment vouloir résoudre des problèmes en créant encore des problèmes plus séreux et ainsi croire agir au nom de la population?

Il est bien visible que les mesures prises par les politiques vont dans le sens de l’ignorance totale de ce que vit la population sur terrain. On dirait que nos dirigeants croient que tout le monde vit dans les palais de Kigali, où il ne faut se rendre dans les campagnes que pour inspecter l’avancement des fermes et des plantations! Les dirigeants ignorent-ils que le bas peuple manque terriblement des sources de revenus, et qu’il est inutile dans cette situation de vouloir exiger des mesures de rendre leurs activités rurales plus performantes? Ce que fait la population à l’heure qu’il est, ce n’est que la rechercher de survie. A quoi serviraient les mesures de l’état si elles vont dans le sens de leur priver même de leurs petits moyens de subsistance?

 Au Rwanda, la propriété privée pour chaque habitant devrait être respectée. Aussi longtemps que l’état ne prévoit aucun moyen de substitution des petites activités des paysans, il serait un crime de la part de l’état de vouloir intimer au peuple ce qu’il doit faire de la petite propriété privée. Tout comme les grands propriétaires des villes, ayant pourtant d’autres sources de revenus, exploitent librement leur fermes et ranchs, il doit en être de même pour les petits propriétaires que sont les paysans. L’état ne devrait en aucun cas privatiser les marais où les paysans peuvent produire des cultures vivrières qui leur viennent en aide en temps de disette. L’état devrait plutôt chercher comment distribuer les moyens de production comme les engrais aux petits propriétaires, puis les encourager dans la meilleure production des denrées alimentaires par la culture intensive.

 Pour terminer, je voudrais exhorter nos hommes politiques de réviser leur conception de l’échelle des valeurs dans leur action politique. Il est inutile, à l’heure qu’il est, de puiser dans les traditions exécrables des principes des rapports maîtres – dominés. Dans cette période moderne, c’est au peuple, et à lui seul, d’avoir le droit de disposer de son sort. Les représentants du peuple ne doivent pas être des individus désignés pour exécuter les ordres des maîtres, mais les représentas des intérêts du peuple. C’est n’est que dans les pays comme le Rwanda où reste encore cette mentalité fausse de vouloir tout commander à partir du sommet de la pyramide! Si l’on persiste d’agir de cette manière, il ne faut pas alors s’étonner que les adultes se permettent de souffrir des maladies liées à la malnutrition! Et enfin, il ne faudrait pas du tout s’étonner que le peuple reste toujours insoumis, et ce n’est pas l’accusation de « l’idéologie génocidaire » qui pourra remédier à la situation.

 

Théophile.

*   *   *

- Recommandé également pour la lecture:

Ijambo ry’Umwami Kigeli V (échange avec Joseph Ndahimana),  Kuzirikana inzira y’umusaraba dufashijwe na Kizito Mihigo.,   L’efficacité du mal! Nombreux sont des rwandais qui y croient de plus en plus.Ahmadinejad (Polémique), Les causes de discordes et leurs remèdes(Gaudium et Spes), Pourquoi les Rwandais s’abritent dans l’ombre de la mort depuis déjà 20 ans?,   A quand “l’arc-en-ciel” au pays des mille collines?,   Courrier de Ismaïl Mbonigaba,   La femme rwandaise: émancipée ou exploitée?

Charger d'autres articles liés
Charger d'autres écrits par Theo
Charger d'autres écrits dans Société

Laisser un commentaire

Consulter aussi

Abayobozi ba Ishema Party bazasesekara ku kibuga cy’indege cy’i Kanombe ku wa mbere tariki ya 23 Mutarama 2017

  Itangazo rigenewe abanyamakuru: ICYO TWE TUGAMIJE NI « UKUNGA ABENEGIHUGU NGO DUFAT…