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Pourquoi les Rwandais s’abritent dans l’ombre de la mort depuis déjà 20 ans?

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Pourquoi les Rwandais s’abritent dans l’ombre de la mort depuis déjà 20 ans?


1989. Nikolae Ceausescou dirige d’une main de fer la Roumanie, par le biais de son parti communiste. Son régime autoritaire et centralisé est miné par des problèmes de plusieurs ordres. Déjà la rareté des biens essentiels attise le mécontentement de son peuple. En plus, le vent de changement souffle sur l’Europe de l’est. Les peuples réclament plus d’espace pour la démocratie. Ceausescou fit sourde oreille à toutes les revendications du peuple, préférant attaquer militairement son propre peuple. Quelques privilégies qui sont comblés de richesses par le régime optent pour la destruction du peuple pour préserver leurs intérêts. Le peuple affamé n’en peut plus. Il brave l’armée et secoue le régime du dictateur par les manifestations qui paralysent le système. Beaucoup de membres du gouvernement n’en peuvent plus de lutter contre le peuple pour les intérêts d’un seul homme qui se considère à lui seul comme la nation roumaine. Le dictateur chancelle et puis quelque temps après il prend la fuite, caché dans le fond d’un char de combat, lui avec sa femme Hélène. Le 25 décembre 1989, Nikolae et Hélène Ceauseskou sont jugés et exécutés. Telle fut la bout du chemin pour quelqu’un qui a voulu gouverner, non pas dans l’intérêt du peuple, mais pour lui seul et sa clique.

Les corps sans vie du dictateur roumain et sa femme présentés aux télévisions du monde, provoquèrent la panique chez  bon nombre de dictateurs africains. Les peuples, eux, prirent conscience de leur capacité et manifestèrent partout le désir d’en découdre avec le mythe dictatorial. Pour les dictateurs les mieux éclairés, l’obligation se présenta d’opérer des changements dans le sens démocratique comme les peuples le souhaitaient. Les mouvements opportunistes, eux aussi, ne ratèrent pas cette occasion pour relever la tête. Ce fut le cas du FPR, le Front Patriotique Rwandais. Un mouvement dont les antécédents étaient contre le principe de démocratie, se réveilla un jour, sous l’étonnement de tous, comme plus démocratique que jamais! Au moment où dans le monde entier le principe de démocratie s’accompagne des mouvements des peuples sans lutte armée, le FPR étonna tout le monde par ses revendications de démocratie avec la pression des armes. Comme si la mort de Ceauseskou et sa femme venait de justifier la mort comme solution finale, le FPR se distingua dès son attaque armée avec des meurtres sur les civils. Le gouvernement d’alors qui s’était ouvert pour l’espace démocratique fut confondu, les exactions des civils se multiplièrent de deux cotés des belligérants. Aux yeux des personnes avisés, les visées du FPR étaient autre que la démocratie, ce qui devait se prouver par la suite après son installation d’une dictature pire que celle de Ceausescou.

Depuis l’attaque du FPR, l’assassinat organisé sur des civils et des personnalités politiques fut la stratégie préférée de ce mouvement qui justifiait sa lutte comme l’instauration de la démocratie au pays. La méthode d’assassinats ciblés fut accompagnée de la désinformation bien orchestrée. Tout politicien qui pouvait découvrir ces exactions était toujours considéré comme quelqu’un à abattre. C’est la méthode jusqu’ici préféré de ce mouvement qui est au pouvoir au Rwanda actuellement. Vous cessez de participer à sa politique de désinformation, vous êtes d’office candidat à l’assassinat. Vous acceptez le mensonge du pouvoir, vous êtes comblés de privilèges, jusqu’à ce que vous en ayez assez de cette imposture, et vous passez de nouveau candidat à l’assassinat. Voilà une stratégie des rebelles du FPR entre 1990 lors de l’attaque, jusqu’en 1994 lorsque l’assassinat du président Habyarimana conduit aux mouvements de folie du peuple qui aboutissent au génocide des tutsi en 1994.

La méthode de semer la mort et la désolation comme moyen de domination ne s’est pas arrêté en 1994. Toujours la stratégie est la même. Soit vous acceptez le mensonge propagé par le régime et vous restez en vie, soit vous dénoncez le mensonge et la politique fondée sur les assassinats, donc vous êtes comme un homme mort. Vous vous lassez pour des raisons de morale et vous ne soutenez pas la politique basée sur les assassinats et le mensonge qui l’accompagne, vous passez de nouveau sur la liste des candidats aux assassinats. La manipulation et le mensonge feront que des assassinats seront toujours endosser à quelqu’un d’autre, suivant sa positon d’adversaire politique. Vous avouez le contraire de ce qui va dans le sens du mensonge, vous figurez de nouveau sur la candidature de personnes à abattre. Voilà une politique assez étrange qui a conduit au génocide des Tutsi en 1994. Et maintenant, ce génocide est le nouveau prétexte pour bien confirmer les assises du pouvoir. La démocratie chantée depuis le déclenchement de la guerre est morte dans l’oeuf, et l’objectif princapal de la politique actuelle c’est de lutter contre la génocide. Si quelqu’un est assassiné dans le cadre politique, la justification sera toujours la lutte contre le génocide et aucun procès ne sera nécessaire aussi longtemps qu’ il s’agira de lutter contre le génocide.

La mort, toujours la mort, et encore la mort. Les discours sur la mort et la mémoire de la mort, voici ce qui est devenu le pain quotidien du peuple rwandais qui n’a plus aucun droit de mener une vie normale en toute sérénité. C’est l’ombre de la mort, dans lequel se cachent quelques vautours qui vaquent à leurs activités préférées, à savoir planfier la mort, semer la mort partout ou Rwanda,  faire répandre cette odeur de la mort, et même franchir les frontières pour exporter toujours la mort. Pour se nourrir c’est la mort, le business c’est la mort, la survie du Rwanda est devenue la mort.

D’aucun cherchent pour le moment à comprendre l’origine de ce phantasme de vénérer la mort et ses ténèbres, et puis la faire un moyen du subsistance.  Aucune solution n’est en vue. Même les étrangers sont entrés dans le jeu. La mort préconisée au Rwanda comme un moyen de domination arrange sûrement quelque uns, qui veulent profiter de ce chaos pour satisfaire leurs intérêts. Tant que ce n’est pas leurs pays qui sont touchés, pour eux mieux vaudrait soutenir cette politique maléfique. Faire régner la peur, et puis faire croire aux gens que rien à faire, qu’ils doivent se résigner devant cette situation. Faire croire aux gens qu’ils devraient se consoler en pensant qu’ils restent en union avec leurs morts, ce qu’on appelle la mémoire, mais sans fournir aucun effort pour procurer à ceux qui ont perdu les leurs des signes d’espoir. Et puis leur faire croire que quand ils seront prêts à participer à cette politique de la mort, personne ne pourra les atteindre, puisque tout le monde, selon eux, sera tenu de vivre dans la peur et l’angoisse de la proximité de la mort!

N’était-il par temps que les Rwansais changent leurs croyances dans la puissance de la mort qui ne les quittent pas, pour croire de nouveau dans l’efficience de la vie ? C’est le souhait de tout un chacun, mais quand c’est la dictature qui fait la pluie et le bon temps, les Rwandais préfèrent actuellement accepter cette proximité avec la mort. Beaucoup sont résignés et croient qu’à la longue, ils pourraient peut-être s’y faire.

En conclusion, je dirais encore une fois qu’une dictature qui maintient sa population dans l’ombre de la mort court le danger de former des consciences blindées pour les jeunes générations, et cela fait courir le danger grave à notre pays. Les dictateurs pourraient peut-être une fois tomber dans le fossé qu’ils creusent des années durant pour le peuple, mais il n’est pas sûr que les situations peuvent finir toujours comme en Roumanie où la colère du peuple s’abat sur les dictateurs seuls. La colère des peuples exploités est souvent imprévisible. Ça peut bien finir, comme ça pourrait finir mal, c’est-à-dire en emportant encore plus de vies humaines. La sagesse pour les dictateurs serait d’écouter le peuple qui crie jour et nuit. Mais comme on le dit en Kinyarwanda, « Amatwi arimo urupfu ntiyumva »: Les oreilles bouchées par la mort sont complètement sourdes.

Théophile.

Theo

Est-ce que le MDPR ( parti dissout en l'an 2013), aura joue un role, si minime qu'il soit, dans la comprehension du probleme rwandais et dans l'avancement pour la recherche des solutions? C'est a chacun de juger. De toutes facons, notre action n'aura pas tout a fait passe inapercu! Sans politique ou en politique, nous continuerons a lutter pour la liberte, la verite et la reconciliation, ainsi que pour l'instauration d'un etat de droit au Rwanda. Selon Sylmpedia: "Mouvement Démocratique du Peuple pour la Réconciliation (MDPR- INTIGANDA) Drapeau du MDPR Fondé le 13 Décembre 2009 par l’Abbé Théophile Murengerantwari. Ancien "titulaire" de l’Evêché de Cyangugu, exilé en Allemagne ou il a basé son mouvement issu d’une scission avec le RMC. Il soutient le retour du Roi Kigeri V et un nouveau référendum sur la question de la restauration de la monarchie. Il s’est prononcé en faveur la candidate Victoire Ingabire Umuhoza, leader du Front Démocratique Unifié (actuellement mise en résidence surveillée pour tentative de déstabilisation du pays et négation du génocide depuis Avril 2010) qui n’a pu participer à l’élection pluraliste du 9 Août 2010. Très actif, le MDPR émet régulièrement des communiqués sur son site et participe à des manifestations contre le gouvernement rwandais du Président Kagamé." http://www.sylmpedia.fr/index.php/Parti_royaliste_Rwandais

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