Accueil Société A quand « l’arc-en-ciel » au pays des mille collines?

A quand « l’arc-en-ciel » au pays des mille collines?

0
0
52

A quand « l’arc-en-ciel » au pays des mille collines?

Vingt ans d’obscurité au Rwanda, vingt ans de lumière en Afrique du Sud. Comparaison n’est pas raison, mais il y a des situations qui peuvent paraître similaires, leurs contextes semblables, mais malheureusement avec des solutions contradictoires quant à la résolution des problèmes.

En effet, il y a vingt ans, la majorité noire et métisse en Afrique du Sud (85% de la population) parvenait à mettre à terme la politique d’apartheid pronnée depuis 1948 par la petite minorité blanche. Nelson Mandela, après son long séjour en prison, venait de réussir un grand pari, celui de réconcilier tout le peuple sud africain désormais. Le pays où vivent unies toutes les composantes de la population fut nommé la « nation arc-en-ciel. En 1994, les sud africains devaient vivre l’heureux avènement de la démocratie, qui a contribué grandement à favoriser la croissance économique du pays. En plus, l’alternance démocratique vient de prouver son efficacité. De Mandela à Zuma en passant par Thabo Mbeki, il y a eu toujours une succession heureuse des tenants du pouvoir. Par quelle sorte de miracle l’ancien prisonnier Mandela a reussi cet exploit historique?

C’est aux spécialistes d’analyser ce qui peut faire qu’un leader réussisse un acte qui rend le bonheur à tout son peuple, tandis que beaucoup d’autres leaders ne font que gâcher tout ce qui puisse contribuer à l’unité de leurs peuples, en instaurant des dictatures atroces. Effectivement c’est tout le contraire de ce qui fut le bonheur des sud africains qui se réalisa au Rwanda depuis près de vingt ans. Un groupe de leaders évolués en Ouganda et tenant des postes privilégiés dans l’appareil étatique de ce pays voisin du Rwanda, entreprirent la conquête du pouvoir dans le pays natal. Leur objectif premier: instaurer la « démocratie » au Rwanda. Plus tard, le peuple rwandais devait faire un amer constat que la slogan de démocratie n’avait été qu’un simple prétexte. Pour ces nouveaux leaders, la fin justifie les moyens. Au lieu d’agir dans la sens de la réconciliation, ce fut surtout la propagation de la haine entre les composantes de la population qui prit le dessus. La conquête du pouvoir se réalisa au moyen d’un guerre dont le jusqu’au-boutisme devait conduire à l’irréparable: le génocide des tutsi de 1994.

Le jusqu’au-boutisme comme expression de manque de sens de responsabilité.

Il st visible que ce qui constitua le succès de Mandela fut d’abord l’amour qu’il avait pour tout le peuple sud africain sans distinction de race. Le leader sud africain luttait pour les droits des opprimés, et rien d’autre que les droits. Il n’ y eut aucun plan de domination derrière son action. Jamais il n’a préconisé la domination du noir sur le blanc. Son objectif était de faire recouvrer ses droits à une partie de la population souffrant sous le joug de l’apartheid. Il ne fut motivé par aucune idée de haine et de vengeance. Pour cette cause, Mandela était toujours prêt à verser son propre sang pour ses compatriotes opprimés. Toute sa vie était vouée à la cause de liberté pour tous les Sud africains. Avec son attitude et sa détermination, Mandela conquit les coeurs de toutes les personnes de bonne volonté dans le monde entier. L’humanité entière partagea la souffrance carcérale du grand homme africain. A sa sortie de prison en 1989, ce fut encore le monde entier qui se réjouit avec lui et qui l’accompagna jusqu’à sa victoire finale avec son accession au pouvoir en 1994. Pour comprendre Mandela, il faut faire appel au principe de responsabilité qui le caractérisa. Jamais il n’aurait sacrifié son peuple par le seul goût du pouvoir. Son sens du sacrifice à lui, c’est ce qui lui confère son autorité incontestée.

Malheureusement tous les leaders ne sont pas des Mandela pour agir de façon aussi responsable. Au Rwanda, ce fut exactement le paroxysme d’irresponsabilité qui entre en action. En engageant la guerre de 1990, les leaders rwandais venant d’Ouganda savaient bien que le peuple rwandais était loin de guérir de la plaie provoquée par le joug monarchique, et que 30 ans n’étaient pas une temps suffisant pour évoquer de nouveau le retour à l’ancien système. Le peuple de l’intérieur n’était pas suffisamment sensibilisé pour pouvoir distinguer les visées des conquérants du pouvoir avec celles qui avaient guidé leurs ancêtres. Cependant, sans prévenir, sans aucune sensibilisation, sans aucune autre forme d’éclaircissement de la cause, les mauvais leaders ont du, malgré tout, engager la guerre. Ignoraient -ils les réactions de la population qui n’avait pas du tout oublié les méfaits du régime monarchique? Ils ne l’ignoraient pas certainement, mais leur but n’était pas de contribuer à réconciliation, mais bel et bien la reconquête du pouvoir  et en plus cette fin justifiait tous les moyens à employer, selon eux. Déjà un grand signe d’irresponsabilité.

La guerre du Rwanda n’allait pas être un grand problème en soi, si elle n’était pas accompagnée de ce désir d’accaparer tout le pouvoir sans compromis. C’est ainsi que des actes de barbaries se mirent en route. Les personnalités politiques pouvant gêner cette conquête du pouvoir devaient être éliminées en série. La campagne d’intoxication se mit en branle dans les médias. Les accords de paix sont tournés en dérision. Une guerre essentiellement psychologique rend toute la population presque délirante. Le 6 Avril 1994 fut l’ultime manifestation de l’irresponsabilité. L’avion présidentiel fut descendu, emportant la vie des Présidents Habyarimana et Ntaryamira et leur suite. Le délire du peuple se transforma en folie: C’est le génocide, qui est lui même le fruit de l’irresponsabilité.

Le Rwanda à la recherche d’un leader.

C’est la question qui revient sur toutes les langues dans les milieux rwandais. Le Rwanda veut tourner la page de l’irresponsabilité et il a pour ainsi besoin d’un leader. Pourrait-il notre pays en trouver un qui soit à la carrure d’un Mandela? C’est ce qu’ espère le peuple rwandais qui n’a pas du tout perdu l’espoir après tout ce qui est arrivé. Les épreuves du peuple rwandais ont contribué à sa maturité, et le peuple réclame un leader pour réaliser ses rêves d’un avenir réconcilié, comme Nelson Mandela est parvenu à le réaliser en Afrique du Sud.

L’homme ou la femme qu’il faut pour le Rwanda, ce sera quelqu’un pour qui le sens du sacrifice n’est pas étranger. Ce cera quelqu’un qui ne regarde pas seulement ses propres intérêts ou ceux de son groupuscule. Il devra faire preuve de courage et ne pas craindre  de s’engager, prêt à donner sa vie pour les autres et affronter le danger. Il devra être quelqu’un qui est capable d’entreprendre des grandes actions à partir de rien. Bref, le leader dont le Rwanda a besoin, doit être quelqu’un imbu de sens de responsabilité.

Ne pas fixer les yeux seulement sur l’avènement de l’homme providentiel.
Vu les conditions dans lesquelles vivent les Rwandais aujourd’hui, et considérant surtout la prohibition des droits fondamentaux par le gouvernement actuel au Rwanda, ce serait une grave erreur d’attendre toujours que la providence daigne envoyer d’abord celui qui pourrait sauver le Rwanda. C’est plutôt un devoir pour tout Rwandais qui se sent concerné par le problème de la dictature qui frappe la population, de commencer déjà à s’exercer au sens de responsabilité. Un leader, quel qu’il soit, aura besoin d’un peuple qui n’est pas constitué d’une foule de moutons qu’on manipule à guise. Le peuple rwandais doit être conscient de son rôle pour contribuer au changement. Le devoir de responsabilité doit commencer dans le quotidien. Au travail, en famille, dans l’éducation des enfants…Toujours apprendre à aimer son pays et être prêt à se dépenser pour le bien du peuple entier. Bannir toute idée allant da le sens du l’ethnisme et du monopole pour certains groupes, être prêt à participer à la lutte afin de préparer pour les jeunes générations un meilleur avenir, ce serait déjà un commencement de la prise de conscience de ses responsabilités.

Avoir la passion et le sens du sacrifice pour le bien du peuple rwandais.
Le peuple rwandais est multicolore. Il est composé essentiellement de trois groupes: les hutus, les tutsi et les twas, (à ne pas oublier aussi les hutsis!!!) Au sein des groupes, il y a aussi des sous groupes. Cette multiplicité est plutôt une richesse pour le Rwanda qui, s’il le voulait, pourrait instaurer une « nation arc-en-ciel » comme l’Afrique du Sud.

La prise de conscience de la responsabilité de chacun pour contribuer à l’instauration d’une communauté réconciliée doit commencer au niveau individuel. Chacun de nous devrait chaque jour se demander: « Qu’est ce que je fais pour que mon pays puisse devenir aussi une nation arc-en-ciel? » Cela demande la décison de s’engager une fois pour toutes pour le Rwanda, analyser les obstacles qui se tiennent en chemin et chercher avec les autres des solutions. Le temps de l’indifférence et de lutte aveugle, ou bien encore du fanatisme doit être dépassé. Aimer le Rwanda et les Rwandais sans distinction de groupes, voilà ce qui doit constituer notre patriotisme. Aimer le pays, aimer les compatriotes, c’est ce qui devrait être notre leitmotiv. Et les raisons sont multiples pour aimer notre pays, hormis les obstacles tendus en chemin par les mauvais politiciens et qu’il faut franchir avec courage. N’ayons désormais qu’un seul rêve, à savoir celui de vivre un jour dans un Rwanda réconcilié et où il fait beau vivre sans aucun complexe, en raison de l’appartenance à quelque groupe que ce soit.

Théophi
le.

Theo

Est-ce que le MDPR ( parti dissout en l'an 2013), aura joue un role, si minime qu'il soit, dans la comprehension du probleme rwandais et dans l'avancement pour la recherche des solutions? C'est a chacun de juger. De toutes facons, notre action n'aura pas tout a fait passe inapercu! Sans politique ou en politique, nous continuerons a lutter pour la liberte, la verite et la reconciliation, ainsi que pour l'instauration d'un etat de droit au Rwanda. Selon Sylmpedia: "Mouvement Démocratique du Peuple pour la Réconciliation (MDPR- INTIGANDA) Drapeau du MDPR Fondé le 13 Décembre 2009 par l’Abbé Théophile Murengerantwari. Ancien "titulaire" de l’Evêché de Cyangugu, exilé en Allemagne ou il a basé son mouvement issu d’une scission avec le RMC. Il soutient le retour du Roi Kigeri V et un nouveau référendum sur la question de la restauration de la monarchie. Il s’est prononcé en faveur la candidate Victoire Ingabire Umuhoza, leader du Front Démocratique Unifié (actuellement mise en résidence surveillée pour tentative de déstabilisation du pays et négation du génocide depuis Avril 2010) qui n’a pu participer à l’élection pluraliste du 9 Août 2010. Très actif, le MDPR émet régulièrement des communiqués sur son site et participe à des manifestations contre le gouvernement rwandais du Président Kagamé." http://www.sylmpedia.fr/index.php/Parti_royaliste_Rwandais

Charger d'autres articles liés
Charger d'autres écrits par Theo
Charger d'autres écrits dans Société

Laisser un commentaire

Consulter aussi

Abayobozi ba Ishema Party bazasesekara ku kibuga cy’indege cy’i Kanombe ku wa mbere tariki ya 23 Mutarama 2017

  Itangazo rigenewe abanyamakuru: ICYO TWE TUGAMIJE NI « UKUNGA ABENEGIHUGU NGO DUFAT…