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Parole aux détracteurs de Monseigneur Perraudin.

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Parole aux détracteurs de Monseigneur Perraudin.

Suite à la publication de l’ouvrage « L’évangélisation du Rwanda(1900- 1959) à l’Harmattan( 388 pages), nous sommes maintenant à mesure en partant des révélations contenu dans ce document important et puis de plusieurs autres publications à ce sujet, d’apprendre d’avantage sur l’origine de la haine et l’hostilité manifestées à l’encontre de la personne de Monseigneur Perraudin dans certains milieux de la société rwandaise. L’auteur du livre ci-haut cité, le prêtre historien Fortunatus Rudakemwa, nous fournit, preuves à l’appui, des éléments qui font coïncider l’origine de l’inimitié contre l’ancien archevêque de Kabgayi avec ses déclarations à propos du Tambour karinga, emblème dynastique du pouvoir tutsi-nyiginya. En effet pour Monseigneur Perraudin et son confrère Mgr Bigirumwami, tous les deux signataires de la déclaration sur le Karinga, le tambour emblème ne devait plus être considéré comme dépositaire de l’autorité, étant un objet et pas une personne(bannisseme nt du culte quasi religieux qui lui était du). D’après les évêques, il s’était déjà avéré convenable d’ôter Karinga des dépouilles humaines qui l’ornaient. Comme nous pouvons déjà le constater, l’opinion publique fit vite attribuer la paternité de la déclaration au seul évêque Perraudin. Les progressistes lui en étaient reconnaissants, mais les monarchistes ne le lui avaient jamais pardonné. A leurs yeux, Monseigneur Bigirumwami, un fidèle de la monarchie, n’aurait été que contraint à parapher ce document qui sapait le pouvoir du Karinga. C’est depuis ce temps de la déclaration sur le Karinga du 29 août 1959 que des divisions d’ordre politique naquirent au sein du peuple rwandais, qui dureront jusqu’à nos jours et que certains désignent comme le commencement du génocide des tutsis. Le peuple se retrouvait scindé en deux parties diamétralement opposées et la compréhension à propos du tambour emblème en fut entre autre l’origne. Pour les leaders hutu, il n’était pas question que Karinga soit considéré comme un emblème national, puisque signe de domination tutsi. Pour les extrémistes tutsi de l’UNAR, tout les ennemis du Karinga c’étaient tous des hommes à abattre. C’est depuis lors que que Monseigneur Perraudin, les missionnaires d’Afrique et les prêtres autochtones hutu furent définitivement rangés du coté des leaders hutu(l’étiquette qui se traduirait dans le jargon d’ aujourd’hui comme « les tenants de l’idéologie génocidaire ») , tandis que Mgr Bigirumwami et le clergé tutsi étaient censés être proches de la monarchie(ou les supporters du tambour emblème, le Karinga).

Il importe donc ici de donner la parole à certains détracteurs de Monseigneur Perraudin, dont les arguments malgré tout ne manquent pas de pertinence. Dans ce même ordre d’idées, nous pouvons envisager plus tard des conclusions nous permettant peut être de trouver une approche de la résolution du contentieux, ce qui contribuerait énormément à trouver une voie pour la réconciliation du peuple rwandas dont la grande déchirures des ses relations date de 1959.  L’ouvrage de Jean Ndorimana, prêtre et juriste, pourrait peut être d’un secours immense dans cette optique. Ainsi des extraits de son livre »De la région de grands lacs au Vatican, Editons de l’imprimerie Prograph, Kigali 2008, 365 pages), pourraient aider à se faire une réflexion:

« (…) a.1. Perraudin se contredit et se condamne.

a.1.1. L’oeuvre de Perraudin du sacre au mandement de Carême(1956-1959)

Perraudin arrive au Rwanda en août 1950, après un séjour de presque trois ans au Burundi, un pays à l’époque très semblable au Rwanda du point de vue de l’organisation politique. C’est un milieu idéal pour Perraudin de programmer la contribution socio-politique qu’il attendait donner à cette colonie belge dénommée Ruanda-Urundi, territoire unique à l’époque. De décembre 1951 à décembre 1955, Perraudin est successivement professeur, puis Recteur du Grand séminaire régional, puis national de Nyakibanda au Rwanda, où il fait chaque année les statistiques des futurs prêtres selon les ethnies. Il reproduit dans son livre les ethnies des prêtres ordonnés durant ou après son rectorat mais qu’il a connu à Nyakibanda. On voit que c’est un diaire ethnique tenu méticuleusement, année par année. Le 25 mars 1956, Perraudin est ordonné évêque de Kabgayi et prend comme devise « SUPER OMNIA CARITAS » (La charité par dessus tout). L’évêque consacrateur est étonnamment Monseigneur Bigirumwami, et cela est, selon certains, le résultat d’un fin calcul plutôt que d’un esprit d’humilité. Nous le prouverons plus bas. A ce propos, Perraudin, reprenant les titres des journaux et revues de l’époque, fait un long commentaire de son sacre, qui a l’air d’un colonialiste qui veut montrer qu’être ordonné évêque par un noir est un privilège pour ce dernier. Cela était peut-être valable en 1956 mais pas en 2003, année où Perraudin écrivait son livre. Un des titres de ces journaux est: « Un évêque noir sacre un évêque blanc ». Perraudin affirme que dans sa pensée il voulait donner un témoignage d’anticolonialisme, et il se réjouit du fait que lors de ses voyages en Europe on soulignait ce choix comme un geste missionnaire important.

a.1.2. Le tendem Perraudin-Harroy pour la perte du Roi Mutara Rudahigwa.
Lorsqu’on lit la description que fait Perraudin de l’ambiance des festivités lors de son sacre et les éloges qu’il ait de Kayibanda tout au long de son livre, on n’a pas à douter que dans la tête de l’auteur il y avait des intentions du combat qu’il aurait déclenché plus tard contre les Tutsi en se cachant derrière les injustices de la féodalité.(… !!!) Harroy(dans son « Rwanda politique ») abonde dans le sens de Perraudin en vantant les mérites de Kayibanda(.. .) Il ne cache pas sa fierté en parlant du duel qui opposa le Goliath de Nyanza(le roi Mutara) et le David de Kabgayi(Kayibanda) . Et, faisant ainsi, tout en se compromettant, Harroy enfonce Perraudin: « Dans la presse locale…Kinyamateka, journal des pères blancs, …L’AMI des anciens séminaristes, Kurerera Imana, organe d’expression de l’assocaitation des Moniteurs, etc…-on vit de temps à autre, dès les premieres années cinquante, paraître un article décrivant la misère des Hutu et les injustices responsables de cette misère. A cet égard Kinyamateka surtout a joué, en pionnier et avec force de percussion croissante jusqu’à la Révolution de 1959, un rôle absolument déterminant.. .(la)nomination (de Kayibanda à Kinyamateka comme rédacteur en chef en remplacement de l’abbé Alexis kagame) eut des conséquences considérables. Kayibanda-comme l’écrit D. Murego- s’étant incontestablement, dès sa nomination, servi du journal dont il était rédacteur en chef pour éveiller la conscience politique des masses hutu. « De mon observatoire d’Usumbura(poursuit Harroy), je pouvais suivre la progression, année par année, des audaces que contenaient ses articles, et aussi l’engouement extraordinaire manifesté par les masse paysannes pour ces véritables oracles imprimés à Kabgayi. On se réunissait nombreux dans les huttes pour entendre ensemble, la lecture du Kinyamateka, puis un coureur partait portant le journal à la colline suivante. Mutara me demanda d’interdire cette « action subversive » qui mettait en péril l’ordre public, mais je me gardai bien d’intervenir. Il essaya d’intimider Kayibanda de diverses manières, mais n’osa pas affronter jusqu’au coup de forces ses puissants protecteurs de l’évêché… »(.. .) Kayibanda utilise la presse de l’Église catholique pour soulever les masses populaires. Il est couvert par le haut représentant de l’Église catholique, Perraudin, auquel le roi n’ose pas attaquer. Impuissant devant Perraudin, le roi recourt à Harroy, le représentant de la Belgique au Rwanda-Burundi; ce dernier se garde d’intervenir, non pas qu’il en fût incapable, mais parce qu’il est de connivence avec les autorités ecclésiastiques pour la perte du roi, avec toutes les conséquences que tout cela comportera!

a.1.3. Enfoncé indirectement par Harroy, Perraudin témoigne contre lui même.

Kinyamateka est la propriété de la conférence Épiscopale du Rwanda. Le rédacteur en chef de ce journal est engagé par les évêques. Alors qui est le responsable du Kinyamateka, l’Église ou le rédacteur en chef? Perraudin et Harroy affirment sans tergiverser l’importance des journaux de l’Église catholique pilotés par Kayibanda dans le soulèvement du peuple qui a abouti à un génocide prévisible. Perraudin poursuit: « Les idées mènent le monde », dit un adage…Et ce sont les journaux principalement qui véhiculent les idées aussi bien dans les milieux intellectuels qu’au coeur des masses populaires. Je crois qu’on ne se trompe pas en affirmant que les journaux dont je viens de parler(…). ..ont ébranlé sur ses bases le colosse féodo-monarchique rwandais et même au Burundi ». C’est au cours de ces écrits subversifs qu’en 1957 fut publié le fameux manifeste des bahutu dont on dit qu’il a été écrit à l’imprimerie de Kabgayi. Et à cette époque Kayibanda est encore dans Kinyamateka! c’est seulement en 1959, lorsque tout est accompli, que Perraudin demande à Kayibanda d’abandonner ses fonctions dans Kinyamateka, les jugeant incompatibles avec ses engagements politiques particulièrement au sein du mouvement hutu. Perraudin nie que Kayibanda ait été son secrétaire particulier et que lui même ait été son conseiller, mais il ne nie pas que kayibanda ait utilisé sa place dans les médias de l’Église catholique pour soulever les masse populaires.( …)

a. 2. Trente deux ans de cécité vis-à-vis des injustices contre les tutsi(1959-1991) .

Perraudin est arrivé au Rwanda en 1950. En 1959 il a écrit sa lettre qui dénonçait les injustices dont les hutus étaient l’objet. Depuis cette année là les hutu ont commencé à massacrer les tutsi, à piller leurs biens, à manger leur bétail, à détruire et incendier leurs maisons, et à exiler les rescapés de ce génocide. Ces scènes se sont répétées plusieurs fois devant les yeux de Perraudin(1960, 1963, 1966, 1973, 1990, 1991). Depuis la publication de sa triste lettre jusqu’à son départ du Rwanda en 1991, Perraudin n’a jamais dénoncé ces injustices contre les tutsi, même lorsque les frères josepfites ont été massacrés à coté de son archevêché en 1973, même lorsque les écoles secondaires, l’université, les communautés religieuses, les établissements publics et privés ont été fermés aux tutsi, et que ces de ces derniers qui n’ont pas été massacrés ont été obligés de s’exiler!

La seule circonstance où Perraudin ait manifesté du chagrin, c’est lors de la chute de son dauphin Kayibanda avec le coup d’Etat du 5 juillet 1973 ainsi que lors des injustices commises contre l’équipe de son  gouvernement. (…) Sont à noter également les soins particuliers que Perraudin a réservés aux hutu burundais réfugiés au Rwanda en 1972, aussi bien aux séminaristes, prêtres que laïcs. Perraudin a été témoin des massacres, des exils successifs et d’autres injustices subies par les tutsi sous les deux Républiques, mais on ne trouvera aucun écrit de Perraudin de la même hargne que la lettre de 1959 en faveur des hutu qui n’étaient ni massacrés ni exilés. Au contraire, à ceux qui ont eu le courage de parler de génocide des tutsi, même aux témoins oculaires, Perraudin à rétorqué que c’était une distorsion de la vérité! Il ne fustige les tueries que lorsqu’il se cache derrière la conférence épiscopale et il ne le fait que de façon trop générale.(…) « 

Source: Jean Ndorimana, De la région des grand lacs au Vatican(op.cit. ) pp33-38.

Mon commentaire: Comme mentionné au départ, les détracteurs de Monseigneur ne manquent pas d’arguments pertinents, comme on peut le constater déjà chez Jean Ndorimana. Bien que la plupart de ce qui est rapporté sur l’ancien archevêque soit basé principalement sur des préjugés, il ne serait pas moins utile de tenir compte des ces arguments, afin de constituer une défense efficace en vue de confirmer l’innocence déjà prouvée de l’évêque, à partir des raisonnemts échangés ces derniers jours à propos de tout ce qui s’est passé au Rwanda en rapport avec l’oeuvre de Perraudin. Déjà on peut bien remarquer les divergences de vision en ce qui concerne le Rwanda comme nation et c’est ces divergences qui créent toujours la tendance à catégoriser les gens. Ceux à la vision defférente sont catégorisés dans le camp des ennemis, et il devient très facile de leur coller dessus les responsabilité s qui ne sont pas les leurs, surtout quand un malheur advient. En laissant à chacun le temps de réfléchir  sur l’argumentation de Jean Ndorimana pour s’y faire une idée, je vaudrais quand même relever quelques points pouvant servir d’argumentation pour les discussions à venir:

- Jean Ndorimana ne fait aucune mention touchant les abus de l’ancien régime, donc de la monarchie. Donc pour lui, la « sacro-sainte » institution de la monarchie était le système convenable pour tout les rwandais, qu’il soient hutu ou tutsi. Les injustices commises à l’encontre des hutu paraissent justifiées, en ce temps là comme aujourd’hui. Elles sont tellement insignifiantes que les revendications de tout genre n’auraient pas de fondements!

- Pour lui,  il y a eu tort de sensibiliser les masses populaires pour les faire prendre conscience de leurs droits bafoués. Les abus de l’ancien système tutsi et le Karinga ne constituaient apparemment aucun problème notoire et qui mériterait qu’un évêque se permette d’y écrire une lettre pastorale. La lettre de Perraudin aurait été donc un coup fatal pour la monarchie, ce qui signifie le déclenchement de génocide des tutsi!

- La presse libre ou la liberté de conscience ne devrait pas être reconnue, selon Ndorimana, surtout quand il s’agit d’éveiller les masses pour lutter pour leurs droits inaliénables. En tout cas nul part n’est démontré qu’il fut question d’appel aux massacres dans la presse. Pour lui, Perraudin a eu tort tout court de laisser faire, quand la presse catholique participait à cette sensibilisation de masse, en vue du recouvrement des droits bafoués. Donc il aurait fallu arrêter tout journal qui osait critiquer le pouvoir monarchique, celui ci étant comme il nous le décrit, comme le seul garant de la sécurité du tutsi. La liberté de la presse fut donc un crime qui n’aurait pas du être toléré pour le bien de la royauté.

- Ndorimana présente bien sûr, comme il fallait s’y attendre, la partie hutu, comme la seule responsable des différentes périodes marquées par des massacres, et il en endosse la responsabilité à Perraudin, aussi longtemps qu’il n’a pas su fustiger cette injustice avec la même fougue que lorsqu’il s’attaquait contre l’injustice soit disant infligée au hutu. Point n’est mention cher lui des différentes provocations du parti UNAR, de l’organisation de la manipulation et des raids terroristes contre les populations et qui se soldaient souvent par des ripostes et des égarements des populations civiles. A  suivre sa ligne de raisonnement, on dirait que des massacres qui ont entretenu le génocide ont été toujours des actes de haine spontanés sans qu’il y ait une certaine réaction à une réalité plus ou moins complexe. D’ailleurs il lui est incapable de justifier l’arrêt de ce génocide pendant toute la période de la 2e république, jusqu’à l’attaque du premier octobre.

Pour ne pas nous éterniser dans le contre argumentation, nous pouvons déjà nous arrêter par ici pour faire place d’avantage à la réflexion, tout en préparant des points de défense pour lever les calomnies infligées injustement, comme nous le savons, contre le regretté Monseigneur Perraudin.

Théophile.

Theo

Est-ce que le MDPR ( parti dissout en l'an 2013), aura joue un role, si minime qu'il soit, dans la comprehension du probleme rwandais et dans l'avancement pour la recherche des solutions? C'est a chacun de juger. De toutes facons, notre action n'aura pas tout a fait passe inapercu! Sans politique ou en politique, nous continuerons a lutter pour la liberte, la verite et la reconciliation, ainsi que pour l'instauration d'un etat de droit au Rwanda. Selon Sylmpedia: "Mouvement Démocratique du Peuple pour la Réconciliation (MDPR- INTIGANDA) Drapeau du MDPR Fondé le 13 Décembre 2009 par l’Abbé Théophile Murengerantwari. Ancien "titulaire" de l’Evêché de Cyangugu, exilé en Allemagne ou il a basé son mouvement issu d’une scission avec le RMC. Il soutient le retour du Roi Kigeri V et un nouveau référendum sur la question de la restauration de la monarchie. Il s’est prononcé en faveur la candidate Victoire Ingabire Umuhoza, leader du Front Démocratique Unifié (actuellement mise en résidence surveillée pour tentative de déstabilisation du pays et négation du génocide depuis Avril 2010) qui n’a pu participer à l’élection pluraliste du 9 Août 2010. Très actif, le MDPR émet régulièrement des communiqués sur son site et participe à des manifestations contre le gouvernement rwandais du Président Kagamé." http://www.sylmpedia.fr/index.php/Parti_royaliste_Rwandais

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