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Monseigneur Perraudin: Conclusions(II).

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Cher Netters,

Comme promis, je suis heureux de vous transmettre la suite des conclusions, toujours dans le cadre de lever le voile d’incompréhension qui couvre depuis longtemps l’oeuvre de l’ancien archevêque de Kabgayi au Rwanda. Comme déjà démontré dans la réflexion précédente, une campagne d’intoxication savamment orchestrée par des forces obscures, a voulu  présenter une image tronquée du courageux archevêque, et en visant lui à proprement parler l’Église du Rwanda. Après plusieurs drames sciemment provoqués par les mécréants, il était prévu que le tout devait être endossé à l’Église du Rwanda, qui devait en assumer toute la responsabilité .

C’est dans ce sens que le mensonge et la manipulation furent instaurés comme une option des geostratèges occidentaux en  s’appuyant sur des doctrines de domination dans le but de se tailler un espace d’intérêts dans la région des grands lacs. Dans cette conquête des intérêt menée au mépris du menu peuple, les exploiteurs trouvent déjà l’appui sur leur sbires autochtones, et ces derniers ne dédaignèrent pas de trahir leurs compatriotes, afin d’assouvir des intérêts égoïstes.

L’Église du Rwanda, sous le leadership de Mgr Perraudin dans son temps, n’a pas croisé les bras devant des situations similaires, mais elle a mis en branle la lutte contre les forces du mal, à l’aide surtout des écrits consistants et beaucoup d’exhortations pastorales. Les évêques, surtout Perraudin et Bigirumwami, ainsi que les missionnaires et d’autres serviteurs de l’Église ont appris aux chrétiens de tenir ferme dans la foi et de ne pas céder à la manipulation et la haine.- Ce fut un travail de longue haleine,  puisque des fois des troubles éclatèrent ici et là, mais à chaque fois les situations pouvaient être finalement maîtrisées.

En 1990 quand la guerre éclata au Rwanda, Monseigneur Perraudin venait de prendre une retraite méritée. Monseigneur Bigirumwami lui était déjà mort en 1986. En effet, au seuil de 1990, rien ne présageait des troubles, étant donné que la paix plus ou mois totale régnait pratiquement depuis déjà plus d’une quinzaine d’années. Cependant l’éclatement de la guerre fut l’occasion de réveiller des vieux démons. Depuis 1990,  le Rwanda reprit contact avec le règne du mensonge, de la manipulation et de la haine!

Pouvons-nous dire que le nouveau leadership de l’Église ne sut pas ramener les chrétiens à l’ordre comme surent le faire Bigirumwami et Perraudin de leur temps? Pouvons nous supposer que le nouveau leadership de l’Église catholique dormit sur ses lauriers et oublia de prévenir le mal qui rodait? De fait, en 1990 les missionnaires d’Afrique venaient de laisser toute les responsabilité s de l’Église dans les mains des autochtones. Pouvons nous supposer que les nouveau troubles profitèrent des la brèche provoquée par l’inexpérience des autochtones de se prendre en charge?

C’est ce qui pourrait peut être servir de sujet d’autocritique. Le fait est que Messeigneurs Perraudin et Bigirumwami surent toujours faire preuve de fermeté dans tous les moments de dérives, de telle manière que l’ampleur des dégâts pouvaient avoir toujours des limites aux temps des troubles.

L’on pourrait affirmer qu’en 1990, la manipulation devint si forte et les politiciens si divisés, que les évêques rwandais ne surent pas pratiquement où donner la tête. Il y eut des essais de concilier les parties en conflits par un comité de contact qui ne fit pas preuve de beaucoup d’efficacité. D’ailleurs, trois évêques devaient dans la suite être assassinés par une partie des belligérants, comme pour signifier que l’Église ne comptait plus pour certains protagonistes du conflit.

Pourtant, au début des années 60, l’Église ne pouvait pas céder à la manipulation, et son autorité incarnée par Bigirumwami et Perraudin était indiscutable. Les missionnaires d’Afrique également ont accompli une travail de titan, afin d’assurer la consistance d’autorité morale à l’Église du Rwanda. Bigirumwami et Perraudin eurent-ils encore occupé leurs sièges épiscopaux, les choses en seraient-elles arrivées jusqu’au génocide? C’est la question que l’on peut se poser. Mais de leur temps, le mensonge et la manipulation pouvaient être reconnues et toutes les calomnies des forces obscures démenties efficacement, ce que l’Église de  Rwanda n’est pas en tout cas capable de faire aujourd’hui. Et pourtant les calomnies perdurent et le peuple en souffre,  beaucoup de chrétiens étant frappés d’injustice en raison de ces calomnies!

L’Église saurait-elle encore relever la tête, puis faire face librement aux calomnies lui infligées par les forces du mal et qui pèsent toujours sur elle? Il n’est pas certain que la situation puisse changer rapidement, d’autant plus que l’Église est attaquée même a partir de son intérieur. En tout cas le démenti unanime comme pouvait le faire l’Église de Monseigneur Perraudin, à l’exemple du temps des machinations orchestrées par Michel Kayihura et Jean Bosco Kayonga, cela ne se conçoit plus aux temps d’aujourd’hui.

Néanmoins, il est essentiel de faire appel à l’histoire afin d’ y puiser les exemples qui ont marqué une Église pouvant encore affirmer son autorité et ainsi répondre savamment aux calomnies proférées contre elle. Dans ce sens, j’aimerais encore revenir au cours des réflexions qui vont suivre au document évoqué dans le posting précèdent. Il a été rédigé par les missionnaires, qui défendait efficacement l’Église contre les forces destructives. Comme déjà mentionné, le document est publiée en 1963 pour répondre aux griefs de Michel Kayihura et ses compagnons. Il est intitulé: « BRÈVE RÉPONSE A QUELQUES GROSSIÈRES CALOMNIES QUE L’ON A LANCÉES CONTRE L’ÉGLISE DU RWANDA »:

« (…)

LES ACCUSATEURS

« L’oeuvre missionnaire au Rwanda est riche en réalisations effectives et d’une utilité indéniable, aussi bien du point de vue spirituel qu’au point de vue matériel. Les conversions sont opérées à un rythme inégal, c’est ce qui faisait dire du temps de Monseigneur Classe, père de l’Église du Rwanda, que le « Saint Esprit souffrait en tornade ». Dans le domaine de l’enseignement et de l’éducation, l’oeuvre missionnaire suppléa, par ses réalisations grandioses, à la carence de l’administration belge: cette dernière se contentant d’accorder des subsides aux écoles des missions. L’administration belge favorisa les missionnaires sur tous les plans, leur assurant le monopole dans les écoles, appuyant leur autorité spirituelle par des moyens matériels à la faveur de (illisible), cette autorité dépassait ses limites pour se muer parfois en autorité temporelle. On a vu des Pères blancs faisant démettre des chefs ou intervenir dans les tribunaux pour influencer le cours des jugements, voire les casser.

Le succès de l’oeuvre missionnaire au Rwanda est dû certes à une bénédiction divine d’abord, au travail inlassable et au dévouement sublime des premiers missionnaires, ainsi qu’à l’impulsion donnée par la classe dirigeante du Rwanda d’alors. Le Roi Mutara III, fils spirituel de Monseigneur Classe, se convertit quelques années avant de monter sur le trône du Rwanda, succèdent à son père que le gouvernement belge venait d’exiler(1931) ,toujours dans le but bien connu de détruire les solides institutions existantes.

Le mouvement des conversions de masse ne s’arrêtera pas à ce seul geste d’exemple: il contribua activement à édifier l’Église du Rwanda par l’aide financière, son intervention pour corriger les dirigeants défaillants dans leur devoir de chefs catholiques, expansion de l’enseignement catholique, etc. »

REPONSE

Les premiers difficultés sont venus du Mwami lui même qui, conseillé par certains Européens de la Tutelle, appuyé d’une grande partie de son conseil, réclamait l’école laïque. D’où les difficultés avec le P. DEJEMEPPE, Vicaire Général d’alors, cité après. celui-ci s’efforçait de conseiller certains chefs tutsi chrétiens suivant la doctrine de l’Eglise sur l’enseignement. On a voulu voir chez ce Père et chez ces chefs une opposition aux activités coutumières.

LES ACCUSATEURS

Il devait couronner ce travail méritoire, par la consécration du Rwanda au Christ-Roi en 1947. Il recevait l’année suivante une distinction honorifique du Saint Père, L’Ordre de Saint Grégoire le Grand.

Mais déjà des nuages s’amoncelaient à l’horizon et certains Pères blanc le disaient tout haut, ceux qui hier étaient des chrétiens exemplaires n’étaient que des païens déguisés. Il n’agissaient en l’occurrence du Roi Mutara et des dirigeants « batutsi » du pays. Deux Pères Blancs, les Pères Endriatis et Dejemeppe, jouèrent un rôle néfaste au Rwanda, car il commencèrent le travail de sape de l’autorité autochtone et jetèrent la semence de discorde entre Rwandais. »

RÉPONSE

Le P. Endriatis, Vicaire général de Deprimoz, a eu un rôle assez effacé,sauf durant le séjour en Europe de Monseigneur. Une campagne de calomnie fut lancée contre lui surtout à l’instigation de l’Abbé Thaddée Ngirumpatse, alors déclarée suspens par Mgr Deprimoz, et depuis réduit à l’état laïc. Pour des motifs peu avouables cet abbé de race hutu avait beaucoup de contacts avec la cour du Rwanda.

LES ACCUSATEURS.

« La nomination du premier Évêque rwandais Mgr Bigirumwami eut un effet inattendu. Au lieu de se réjouir de leur oeuvre missionnaire, les Pères blanc boudèrent cette nomination. »

RÉPONSE

Cette affirmation est purement gratuite.

LES ACCUSATEURS.

« Une collecte avait été organisée par le dirigeants indigènes pour aider le nouvel Évêque, les Pères blancs y trouvèrent matière à critiquer et manifestèrent un mécontentement non justifié. Il n’ y a pas jusqu’aux festivités organisées au sacre de Mgr Bigirumwami et aux cadeaux de circonstances offerts par le pays et ses dirigeants qui ne suscitèrent des commentaires désobligeants.

RÉPONSE

Seul le procédé employé par les autorités locales tutsi pour récolter les fonds(entre autre pour offrir une voiture à Mgr Bigirumwami) fut critiqué par les missionnaires parce qu’il revêtait à l’évidence un caractère de contrainte et provoquait des mouvements d’humeur dans la population tant païenne que chrétienne. Il est évident que la personnalité de Mgr Bigirumwami est hors de cause, n’ayant jamais sollicité des cadeaux de ce genre.

LES ACCUSATEURS

« Pendant ce temps, les périodiques missionnaires: « Kinyamateka » et « temps nouveaux d’Afrique » lançaient des attaques contre les autorités indigènes et des Pères blancs les discréditèrent auprès de leurs administrés. »

RÉPONSE

C’est un fait que de nombreuses questions étaient posées par les lecteurs aux périodiques au sujet de certaines attitudes antisociales des autorités et d’abus de toute sorte, ceci à partir de 1954. Il est à remarquer que dès ce moment l’élite des Hutus instruits a pris conscience des problèmes sociaux et des injustices politiques dont ils étaient victimes. Les journaux se sont bornés à donner la doctrine sociale de l’Église dans tous le pays.

reprenons à ce propos la déclaration faite par S.Ex. Mgr Perraudin à la commission d’enquête du Conseil de tutelle de l’O.N.U. lors de son passage au Rwanda en mars 1960.

« Il est exact que la presse missionnaire s’est élevée à différentes reprises contre les injustices. Mais n’est-ce pas le rôle de la presse d’alerter l’opinion à ce sujet? Autre chose est diviser un pays, autre chose attirer l’attention des responsables de ce pays sur les exigences de la justice.

Si on veut dire que la presse missionnaire a contribué à dénoncer une unité basée sur de multiples injustices, en ordre principal sur un système réservant à quelques privilégiés l’accession aux responsabilité s, alors on raison. Mais cette unité factice ne devait-elle pas être dénoncée parce qu’elle lésait la justice? »(.. .)(v. Mgr André Parraudin, un EVEQUE au Rwanda ( p.359-362)

…à suivre.

Théophile.

Theo

Est-ce que le MDPR ( parti dissout en l'an 2013), aura joue un role, si minime qu'il soit, dans la comprehension du probleme rwandais et dans l'avancement pour la recherche des solutions? C'est a chacun de juger. De toutes facons, notre action n'aura pas tout a fait passe inapercu! Sans politique ou en politique, nous continuerons a lutter pour la liberte, la verite et la reconciliation, ainsi que pour l'instauration d'un etat de droit au Rwanda. Selon Sylmpedia: "Mouvement Démocratique du Peuple pour la Réconciliation (MDPR- INTIGANDA) Drapeau du MDPR Fondé le 13 Décembre 2009 par l’Abbé Théophile Murengerantwari. Ancien "titulaire" de l’Evêché de Cyangugu, exilé en Allemagne ou il a basé son mouvement issu d’une scission avec le RMC. Il soutient le retour du Roi Kigeri V et un nouveau référendum sur la question de la restauration de la monarchie. Il s’est prononcé en faveur la candidate Victoire Ingabire Umuhoza, leader du Front Démocratique Unifié (actuellement mise en résidence surveillée pour tentative de déstabilisation du pays et négation du génocide depuis Avril 2010) qui n’a pu participer à l’élection pluraliste du 9 Août 2010. Très actif, le MDPR émet régulièrement des communiqués sur son site et participe à des manifestations contre le gouvernement rwandais du Président Kagamé." http://www.sylmpedia.fr/index.php/Parti_royaliste_Rwandais

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