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Monseigneur Perraudin: Conclusions(Fin).

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Chers Netters,

Je pense que le moment est venu de mener à terme cette réflexion engagée depuis le début du carême et qui avait pour objet de susciter des échanges, en vue de prouver l’innocence d’un évêque calomnié à outrance par des politiciens sans scrupules. Le but étant que tous les rwandais de bonne volonté et soucieux de l’avenir de leurs pays, puissent se rendre compte de l’injustice infligée par d’autres rwandais à un homme qui fut plutôt leur bienfaiteur, à savoir Monseigneur Perraudin.

La calomnie, le mensonge et la manipulation sont devenus des instruments de choix  pour certains rwandais, qui les utilisent depuis longtemps comme des armes servant à exprimer leur haine et à exploiter les autres pour assouvir des intérêts égoïstes. Cette mentalité barbare, dans un pays se disant chrétien, est à bannir à jamais, si réellement les rwandais rêvent d’une société ou chacun puisse vivre en paix avec les autres.

L’esprit d’ingratitude envers les bienfaiteurs de notre peuple devrait être considéré comme une honte pour notre pays. Et puis quand ce manque de reconnaissance se manifeste envers les hommes et les femmes qui ont offert leur vie en sacrifice pour que nos peuples puissent bénéficier de l’ouverture à la civilisation universelle, il y a de quoi décourager les esprits bienveillants, qui pourraient se poser avec raison des questions sur les capacités des africains à évoluer dans le sens de la connaissance et de l’humanité!

Le rwandais d’aujourd’hui, toujours disposé à condamner son histoire, pourra-t-il un jour croire en sa propre contribution pour l’évolution de cette histoire? Comme nous avons eu le temps de le méditer au cours de ce carême, le Rwanda, en reniant beaucoup de ses fondements historiques, pourrait être condamné à ne jamais connaître des institutions solides assurant la justice pour tous, encore moins une culture digne de ce nom! A  poursuivre l’évolution des calomnies proférées contre Monseigneur Perraudin et les missionnaires d’Afrique, l’on peut se demander si finalement ce pays comprend le sens des valeurs et de la culture. De barbarie en barbarie, ou les uns s’éternisent à déterrer de l’histoire tous les éléments abominables permettant à certains d’exercer la domination sur les autres, c’est signe que le Rwanda, en tant que nation est loin de connaître ce que peut signifier une vraie civilisation.

Pour ne pas nous attarder à relever les éléments qui démontrent notre avancée effrénée vers plus de barbarie, j’aimerais nous inviter malgré tout à faire une rétrospection et essayer de relever les vraies valeurs de notre histoire. C’est ainsi que je me suis penché davantage ces derniers jours sur la personne de Monseigneur Perraudin, l’une des grandes figures qui mine de rien auront marqué l’histoire nationale. J’avais commencé dans mon intervention d’hier de relever les arguments importants formulés par des têtes pensantes et qui livrent des réponses pertinentes face aux accusations nos fondées lancées contre l’ancien archevêque. Toutefois, c’est à chacun d’ y mettre du sien pour accéder à des informations qui démontrent clairement l’innocence de l’homme de Dieu.

Par ailleurs, il est aussi très étonnant que beaucoup suivent naïvement la voie du mensonge et de la calomnie, sans réellement connaître celui qui est victime de leur campagne nauséabonde. Le rwandais seraient-ils ce peuple sadique qui crie « crucifie-le » , ne sachant même pas de qui il s’agit?  J’aimerais nous inviter dans cette dernière intervention sur ce thème, de chercher à connaître plutôt davantage, celui qui est Monseigneur Perraudin, d’après la propre présentation qu’il fait de lui-même. Qui était donc l’ancien archevêque de Kabgayi?

« (…)

D’innombrables écrits, livres, articles de journaux et de revues ont paru sur le Rwanda à partir du mois d’avril 1994. Il a fallu des événements atroces pour que ce minuscule pays du coeur de l’Afrique émerge de l’histoire. Pourquoi à mon tour, publier (le) livre que j’intitule Un Évêque au Rwanda?

Tout d’abord il m’a paru nécessaire d’évoquer les premiers temps de l’évangélisation avec ses pionniers et comment je me suis inséré avec enthousiasme dans la continuité de ce mouvement assez extraordinaire: n’avait-on pas écrit jadis que « l’esprit saint y soufflait en tornade »?

Ensuite mon action, qui se voulait exclusivement pastorale, fut hélas! politisé à outrance, suite surtout à ma lettre pastorale sur la charité du 11 février 1959; on m’a accusé de tous les maux possibles et imaginables jusqu’à celui d’avoir causé la mort du Mwami; une légende s’est créée et propagée jusqu’à nos jours. Face à ces mensonges, à ces odieuses calomnies, j’ai dû me défendre jusqu’à l’ONU, mais ma voix a été étouffée par des médias bien orchestrés(.. .)

J’ai estimé que je devais cette contribution à l’histoire à un moment où beaucoup l’oublient délibérément, ou certains la déforment ou même l’ignorent tout simplement. Or, dit un adage latin, « contra facta nequidem Deus »,ce qui se traduit: « Contre les faits, Dieu lui-même ne peut rien ». J’ai trop d’amour et d’estime envers le Rwanda profond pour laisser le champ libre à ceux qui veulent travestir son histoire de son évangélisation. ( Mgr André Perraudin, Un Evêque au Rwanda, p.7-8)(…)

Je suis né le octobre 1914, dans une famille nombreuse habitant un petit village- le Cotterg_ de la grande Valléede Bagnes « Balnearum Vallis ». Monpère était instituteur, il eut toute sa vie la passion de l’enseignement; ma mère n’avait que la formation élémentaire de toutes les filles à cette époque dans la vallée à ce moment là;elle vivait principalement des produits de la terre: nous avions quelques champs et des prés, trois ou quatre têtes de bétail qui nous fournissaient le lait et le fromage; on cultivait du blé, des pommes de terre et des légumes; on faisait de la boucherie, comme on disait, en automne, ce qui constituait notre réserve de viande pour toute l’année: on n’en mangeait d’ailleurs qu’une fois par semaine, le dimanche; durant tout le carême c’était l’abstinence absolue.

Nous étions sept garçons et deux filles. Nous avons tous fréquenté l’école primaire: elle était d’ailleurs obligatoire: Chaque village ou à peu près, avait son école et son instituteur, le « régent » comme on l’appelait alors, devait assurer tous les six degrés de l’enseignement primaire- on n’appelait cela des « divisions »: on était en 1re, en 2e ou 3e division, etc. Les classe ne duraient que 6 mois de l’année, du 1e novembre au premier mai. C’est que les enfants étaient mobilisés pour « garder » le bétail au printemps et en automne; en été, ils participaient aux travaux agricoles, au village d’abord puis dans les mayens:(…)

A L’âge de dix ans, mes parents trouvèrent bon de m’engager dans l’équipe des bergers d’alpage – j’étais le « chaportieu » , le dernier d’entre eux. Vraiment je peux dire, comme le petit David, que Dieu est venu me prendre de derrière les troupeaux. De ce séjour pourtant je conserve un souvenir très mitigé: le milieu des bergers et des autres employés de l’alpage n’était pas très relevé. Heureusement  que mon frère aîné avait lui aussi été engagé comme maître berger des génisses. Il me protégeait.

Je ne puis dire à quel moment naquit ma vocation. Aussi loin que je remonte dans les souvenirs, il me semble que j’ai toujours eu l’idée de me faire prêtre. En famille, on priait régulièrement matin et soir, avant et après les repas; il n’était pas question de manquer à la messe du dimanche; comme servant de messe, j’allais même souvent à la messe durant la semaine. Nous avions à ce moment un Vicaire, le Chanoine Gay-Crosier de l’Abbaye de Saint-Maurice, qui nous a beaucoup aidés à cultiver notre vocation. Nous étions en effet une dizaine de jeunes à songer à la prêtrise.(… )

C’est durant cette période de ma prime jeunesse que j’ai eu lagrace , alors que j’allais comme on dit »ramasser du bois », de sentir pour ainsi dire la présence de Dieu au plus profond de moi même; je vois encore l’endroit où j’ai eu ce sentiment très vif et très doux. Avec l’exemple de mes bons parents, avec le secours spirituel du Vicaire, avec aussi les encouragements de certaines personnes, en particulier de la maman d’un missionnaire, Michellod, maman du Père Hermann Michellod, Père Blanc. Je pense que cette grâce sensible m’a beaucoup aidé à m’acheminer vers la prêtrise.

Comment ai-je été orienté vers les Pères Blancs? Au moment où j’arrivais à l’âge des études secondaires, il y avait déjà dans notre paroisse deux aspirants Pères Blancs, ceux qui devinrent en 1930 et 1931 les Pères Hermann Michellod et Maurice Fellay; la maman du Père Michellod, amie de la famille, me disait chaque fois que je la rencontrais:  « André, prie pour ta vocation »; sûrement qu’elle me portait aussi dans sa prière à elle.

En tout cas, lorsque le Père François Müller, qui était attaché à l’institut Lavigerie de Saint Maurice, vint faire la propagande missionnaire dans notre paroisse, le curé Camille Carron l’envoya dans notre famille où, disait -il, il y avait deux garçons qui voulaient se faire prêtres. Avec mes parents, il fut dès lors décidé que j’entrais, ensemble avec mon frère Jean, à l’École Apostolique de l’institut Lavigerie à Saint Maurice. A cette école nous résidions, mais nous suivions les cours au célèbre collège de l’Abbaye de Saint Maurice. Les Pères Capucins, nos voisins,avaient adopté le même système. Je ne sais trop pour quelle raison, mais nous nous sentions un peu en marge de ce collège et c’est sans doute ce qui fit qu’on nous envoya, mon frère et moi, continuer nos études dans les maisons des Pères Blancs, mon frère à Tournus en Saone-et-Lore et moi même à Altkirch, en Alsace.(…)

A partir d’Altkirch ce fut la filière traditionnelle: les deux dernières années du secondaire à Tournus, la philophie à Kerlois-Hennebont dans le Morbihan, le noviciat à Maison-Carrée en Algérie, le scolasticat à Thobar puis Carthage en Tunisie où je fut ordonné prêtre, avec 41 prêtre, avec 41 autres confrères, par monseigneur Gounot, un Lazariste, le 25 mars 1939.(…)

En Afrique du Nord, à Maison-Carrée déjà, mais surtout à Thibar et Cartage, je fus très attiré vers la mission en pays musulman. Faisant partie et durant un certain temps responsable des équipes de « toubibs » qui allaient régulièrement dans les « douars » soigner les malades, j’avais appris l’arabe et l’écrivais et le parlais assez couramment, du moins l’arabe vulgaire. Et vraiment j’étais orienté personnellement vers la mission en pays musulman.

Mails les voies du Seigneur ne sont pas les notres. Après mon ordination sacerdotale le 25 mars 1939 et ma première messe à Bagnes le 2 juillet, le seconde Guerre mondiale allait éclater.

Le personnel des maisons des pères Blancs en Suisse, à ce moment-là, était composé des pères étrangers, français et allemands. Plusieurs Pères, dont le Père Haar, provincial, furent même mobilisés et durent quitter la Suisse.

C’est en prévision de tout cela que ma première nomination fut pour l’Institut Lavigerie à Saint Maurice; au départ du Père Haar, je fus même chargéde faire l’interim du provincialat: « Quand il n’y a plus de généraux, me dit Monseigneur Birraux, notre Supérieur Général, on donne le commandement aux caporaux ». Au retour du Père Haar en 1941, je fus désigné, avec les frères Leon Seuret et Notker, pour la fondation de la maison des Pères blanc à Fribourg et pour la direction de cette maison destinée à accueillir durant une année les étudiants ayant terminé les humanités(… ).Je demeurai Fribourg jusqu’en décembre 1947; outre la direction de la Maison et quelques cours que je donnais à nos philosophes, je partais tous les week-end dans les paroisses du canton de Fribourg et du Jura donner ce qu’on appelait alors des journées missionnaires: conférence aux jeunes le samedi après midi,confessions dans la soirée, confessions la matin très tôt, célébration d’une des messe dominicales et sermon missionnaire aux deux messes, avec quête pour les missions.(.. .)

Mais le temps passait et je rappelai à mes supérieurs mon désir de partir « en mission ». Finalement mon voeu fut exaucé et je fus nommé au Burundi(…) Au bout de six mois je fus nommé à la mission de Kubumbu où je restais deux ans durant. J’y fus très heureux, réalisant pleinement mon idéal missionnaire dans une communauté vraiment fraternelle. Outre le travail pastoral on m’avait confié l’économat de la mission: on devait vivre avec peu, mais on vivait dans la joie.(…)

Je commençais à bien posséder le kirundi, quand un soir de juin ou juillet 1950, Monseigneur Graauls, Vicaire Apostolique de Gitega, vint m’apprendre que j’étais nommé professeur au grand séminaire de Nyakibanda au Rwanda(…). Presque aussitôt à mon arrivée, en septembre 1950, j’ai été frappé, étonné par le renvoi d’un certain nombre de séminaristes de valeur: Nziyimana Isidore, Makuza Anastase, Rwabusisi Isidore, Cyimana Gaspard… Je n’ai jamais connu les motifs de ces renvois.

Durant le trimestre de fin d’année civile (…), on me demanda d’enseigner le traité de justice, aux diacres, futurs prêtres.(..) D’avoir été amené à enseigner le traité de justice a été très important pour moi: beaucoup de notions s’étaient éclaircies et j’ai pu avoir une vue d’ensemble de tous les aspects de cette grande vertu qui devrait régir les relations humaines dans la société.

On m’a demandé de donner aussi les cours de sociologie, d’économie sociale, de pédagogie et même de missiologie. Tous ces cours m’ont amené à me poser des questions importantes sur la situation sociale et politique dans le pays. Je les ai posées d’ailleurs aux séminaristes, leur donnant des devoirs écrits très concrets, très actuels sur l’ethnisme, sur la société rwandaise en général, sur la famille, etc. Au séminaire, lorsque je devins recteur, j’ai été très impressionné par les cours et les travaux du Père Andriaenssens sur le problème hutu-tutsi au Rwanda. Ses constatations d’inégalités sociales érigées en système que j’ai ensuite méditées moi-même personnellement, ont contribué beaucoup à mes prises de position telles qu’elles sont apparues dans ma lettre pastorale du 11 février 1959 sur la charité.

Je constatais qu’il y avait une nette prédominance de séminaristes tutsi. A ce moment-là, je ne me suis pas posé beaucoup de questions relatives à ce phénomène: J’ai seulement géré la situation dont j’héritais, sans même me demander de quelle ethnie était tel ou tel séminariste.

Après coup, c’est-à-dire au moment d’écrire ces lignes, j’ai voulu vérifier les chiffres et j’ai du constater que sur les 59 Rwandais devenus prêtres, qui avaeint vécu au grand séminaire sous ma juridiction, de 1951 à 1956, 45 étaient Tutsi et 14 seulement Hutu. Je ne possède pas les chiffres des séminaristes d’alors qui n’ont pas persévéré, et j’ignore par conséquent leurs proportions ethiniques.

Pour autant que je me souvienne, il n’y eut pas de problème ethniques visibles durant mon séjour au grand séminaire de Nyakibanda.( …)(comme) Vicaire Apostolique de Kabgayi(…) j’ai été nommé le 19 décembrre 1955.(…)( Mgr André Perraudin, op.cit. p. 9-23)

*        *
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« (…)

Pris de derrière les troupeaux de nos alpages valaisans, recruté tout jeune, comme par hasard, pourrait-on dire, par un missionnaire Père Blanc, le seigneur m’a conduit au Burundi puis au Rwanda, alors que j’avais d’abord opté pour la mission en terre d’islam dont j’avais appris la langue arabe durant mes études en Afrique du Nord.

J’étais recteur du grand séminaire intervicarial de Nyakibanda au Rwanda, lorsque j’appris, par la radio, ma nomination à la tête du Vicariat apostolique de Kabgayi qui couvrait à ce moment-là les quatre cinquièmes du Territoire rwandais.

Kabgayi était à mi-chemin entre la capitale traditionnelle, Nyanza, et la capitale administrative, on pourrait dire aussi « coloniale » du pays, Kigali; les deux localités se trouvaient sous ma juridiction ecclésiastique.

Malgré moi, j’ai été témoin d’un grand tournant dans l’histoire du Rwanda. Politiquement, le pays bouillonnait; ce fut un moment de crise profonde, un moment charnière où la nation se défaisait de ses anciennes structures féodo-monrchiques, pour devenir une république démocratique.

Au milieu de ces bouleversements et de la situation d’infériorité institutionnelle de la masse de la population, il m’a paru indispensable, en âme et conscience, d’affirmer la doctrine sociale de l’Église.

Je n’ai pas été compris par les hauts responsables rwandais de l’époque; j’en ai souffert. Mais je ne puis regretter d’avoir parlé. (Mgr André Perraudin, op.cit. p. 327)

Est-ce que le MDPR ( parti dissout en l'an 2013), aura joue un role, si minime qu'il soit, dans la comprehension du probleme rwandais et dans l'avancement pour la recherche des solutions? C'est a chacun de juger. De toutes facons, notre action n'aura pas tout a fait passe inapercu! Sans politique ou en politique, nous continuerons a lutter pour la liberte, la verite et la reconciliation, ainsi que pour l'instauration d'un etat de droit au Rwanda. Selon Sylmpedia: "Mouvement Démocratique du Peuple pour la Réconciliation (MDPR- INTIGANDA) Drapeau du MDPR Fondé le 13 Décembre 2009 par l’Abbé Théophile Murengerantwari. Ancien "titulaire" de l’Evêché de Cyangugu, exilé en Allemagne ou il a basé son mouvement issu d’une scission avec le RMC. Il soutient le retour du Roi Kigeri V et un nouveau référendum sur la question de la restauration de la monarchie. Il s’est prononcé en faveur la candidate Victoire Ingabire Umuhoza, leader du Front Démocratique Unifié (actuellement mise en résidence surveillée pour tentative de déstabilisation du pays et négation du génocide depuis Avril 2010) qui n’a pu participer à l’élection pluraliste du 9 Août 2010. Très actif, le MDPR émet régulièrement des communiqués sur son site et participe à des manifestations contre le gouvernement rwandais du Président Kagamé." http://www.sylmpedia.fr/index.php/Parti_royaliste_Rwandais

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