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La phrase raciste du weekend :« LE MENSONGE ENVISAGE COMME UN DES BEAUX-ARTS ».

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De: munyakazi leopold
Objet: Re : La phrase raciste du weekend :« LE MENSONGE ENVISAGE COMME UN DES BEAUX-ARTS ».
À: « Janvier Habyarimana » , « Agaculama mu Ikibunda » , « Donat Muneza » , « Théophile Murengerantwali » , « Michel Niyibizi » , « rwanda-l » , « rwandanet » , « Maurice Shankuru » , « Helmut Strizek » , « Théophile Umujyambere » , « Claudine Vidal » , « Théoneste Rwemalika »
Date: Dimanche 8 Mars 2009, 23h49

Lu pour vous.

« LE MENSONGE ENVISAGE COMME UN DES BEAUX-ARTS ».

In F. M. Rodegem, Anthologie rundi, 1973

« A proprement parler, les mots servent à charmer, ils participent aux charmes magiques. La poésie en général a une portée incantatoire. Tout l’art consiste à user des formules à bon escient. En cette matière, les Tutsi sont passés maîtres.

« Pour réussir, le Tutsi se sert de son ubwênge, « terme que l’on traduit souvent par intelligence. Il s’agit d’une forme particulière d’intelligence qui vise à l’acquisition d’avantages matériels et sociaux par quelques moyens que ce soit. L’ équivalent français le plus acceptable serait fourberie si ce terme n’avait pas une connotation péjorative alors que celle d’ubwênge est admirative » (Coupez 1970). […]

« Appartiennent, entre autres, à l’ubwênge le style oblique, la réserve prudente et le mensonge (Ruytinx 1960).Le style oblique découle du principe d’ubiquité qui est une conception particulière des relations caractérisé par le doigté, la prudence, l’entregent, la circonspection dans l’action, les démarches, les conversations. […]Cet usage oblique de la parole sert aussi bien dans la conversation courante que lorsqu’on défend une cause en justice ou qu’on use de flatteries envers un supérieur. Il est le fait d’un esprit tortueux pour qui la parole n’est pas un message direct mais le résultat d’arabesques mentales emberlificotées à plaisir pour ne pas donner prise à l’interlocuteur. Les intrigues, les cabales favorisent cette habitude de parler de biais. Se faire comprendre par des périphrases, des métaphores en laissant deviner sa pensée plutôt que de l’exprimer clairement est considéré comme une preuve d’ubwênge, d’astuce remarquable.

[…] On cache son opinion, on n’exprime ni approbation ni désapprobation. La dissimulation est une vertu qu’on inculque tôt aux enfants. L’art de déguiser astucieusement sa pensée, feindre, avec une rouerie consommée, de ne pas voir, de ne pas comprendre, de ne pas ressentir, sont des signes de distinction.

[…] Outre l’art de dissimuler, on inculque aux enfants l’art de simuler, de dire le contraire de ce qu’on pense. Se montrer habilement d’accord avec son interlocuteur est une preuve de politesse.Un refus direct, une réponse négative seraient injurieux : on ne contredit pas son supérieur. Pour échapper à un ordre reçu, celui qui a de l’ubwênge commence par lanterner, puis cherche des excuses, use de faux-fuyants, promet de s’acquitter  et remet toujours à plus tard. […]Refuser ouvertement serait malséant, mais grâce au style oblique, on use de réponses dilatoires, on promet sans s’engager,on se défile sous divers prétextes, on s’arrange pour être absent jusqu’à ce que l’interlocuteur ait compris la vanité de ses efforts et se lasse. En transposant les paroles d’un humoriste au sujet des diplomates on aurait : « quand un grand Tutsi vous dit oui, cela veut dire peut-être, quand il vous dit peut-être, cela veut dire non et s’il dit non ce n’est pas un grand Tutsi ».

La vérité n’est pas un élément dominant dans l’’echelle des valeurs de la société. […]Pour l’astucieux, pour celui qui a de l’ubwênge, le langage est un moyen employé non pour dire ce que l’on pense être vrai, mais selon le cas, soit pour exprimer ce que l’on estime être conforme à l’opinion du supérieur(forme de politesse), soit pour obtenir gain de cause, promouvoir ses intérêts propres, sauver la face, se protéger. On trouve donc logique de se tirer d’affaire par un mensonge utilitaire. Par contre, pour certains, le mensonge est un jeu, une joute, un sport passionnant- et ceci vaut principalement pour les grands Tutsi- un mensonge fignolé vaut tout un long poème. Le mensonge envisagé comme un des beaux-arts. Et fignolé à tel point qu’on ne peut même pas croire le contraire de ce qu’ils pensent. A celui qui leur fait remarquer la chose, ces Machiavel répondent : si mon interlocuteur est intelligent c’est à lui de voir à travers ; dans le cas contraire tant pis pour lui ».

 On ne peut pas douter que le sieur Rwemarika va accuser l’auteur de ces lignes d’être raciste, comme il l’a fait pour Antony Kaizer et d’autres pour Pierre Péan.

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